Crise en Catalogne: les trois ex-ministres catalans en Belgique laissés en liberté

L’ancien ministre de la Santé du gouvernement catalan Antoni Comin, lors d’une conférence de presse à Bruxelles ce jeudi 5 avril.
L’ancien ministre de la Santé du gouvernement catalan Antoni Comin, lors d’une conférence de presse à Bruxelles ce jeudi 5 avril. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Les ex-ministres catalans Meritxell Serret, Antoni Comin et Lluis Puig, qui avaient fui en Belgique dans la foulée de la déclaration d'indépendance avortée de la région le 27 octobre, ont été laissés jeudi soir en liberté sous conditions à l'issue de leur audition par le juge d'instruction.

Dans un communiqué, le parquet du procureur du roi de Bruxelles explique que ce jeudi, les trois politiciens catalans (Comin, Serret et Puig) se sont rendus à la police fédérale à Bruxelles où ils ont été informés de la délivrance des mandats d’arrêt européens à leur encontre. Sur cette base, ils ont été privés de leur liberté.

Le juge d’instruction a procédé aux auditions jeudi après-midi et a ensuite libéré les trois intéressés sous conditions. Le Parquet précise qu’il n’y a pas d’appel possible à l’encontre de cette décision et que le dossier sera renvoyé à la Chambre du conseil de Bruxelles qui devra se prononcer sur l’exécution des mandats d’arrêts européens.

La date de l’audience n’est pas encore fixée, mais les trois anciens ministres de Carles Puigdemont devraient comparaître devant la chambre du conseil d'ici une quinzaine de jours.

Sans violence, pas de rébellion

Les trois anciens ministres sont sortis du parquet de Bruxelles sous les acclamations de quelques partisans munis de
drapeaux catalans. "Comme les juges allemand et écossais (où sont respectivement réfugiés
les ex-membres du gouvernement catalan Carles Puigdemont et Clara Ponsati), le
juge belge a décidé de nous laisser libres"
, s'est réjoui Antoni Comin. "Notre
satisfaction est immense car il s'agit d'une première victoire de notre
défense, qui soutient que le délit de rébellion n'existe pas puisqu'il n'y a
pas eu de violence.

Il s'agit d'un signal européen fort adressé à l'Espagne

Les trois ministres ont en outre souligné qu'il s'agissait de la deuxième décision de la justice belge allant dans ce sens malgré que la justice espagnole ait changé ses arguments par rapport au premier mandat d'arrêt européen émis en novembre 2017.
"Il s'agit d'un signal européen fort adressé à l'Espagne", a pour sa part estimé l'avocat de Carles Puigdemont Me Bekaert, qui s'est également félicité de la décision de la justice allemande de ne pas donner suite au mandat d'arrêt
à l'encontre de son client. "L'émission d'un mandat d'arrêt européen entraîne normalement le placement en détention du suspect et sa remise à l'État-membre", explique Me Marchand, qui représente également les ex-ministres en Belgique. "Dans ce cas-ci, le juge n'a pas suivi cette règle et a décidé de laisser nos clients en liberté.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK