CREG: facturer l'électricité sur base de l'électricité, pas du pétrole

Faut-il s’attendre à une grosse augmentation des prix de l’électricité en janvier, avec le dégel des prix ? Non, pour Laurent Jacquet, qui explique que si le gouvernement a gelé les prix pour les particuliers c’est parce qu’"on a remarqué que depuis plusieurs années des fournisseurs facturaient sur base de prix de combustibles qui n’ont rien à voir avec l’électricité. Comme le pétrole. Nous on propose un système dans lequel la meilleure référence de prix c’est l’électricité elle-même. Comme c’est le cas pour les industriels depuis cinq ans". Il précise que le gouvernement s’est engagé à prendre des mesures avant janvier.

Quant aux problèmes posés par l’arrêt de Doel 3 et Tihange 2, Laurent Jacquet répète, comme il l’avait fait lors d’un chat de la rédaction, que si ces réacteurs "devaient rester à l’arrêt pendant cet hiver, et que cet hiver est rigoureux, l’approvisionnement en électricité serait plus tendu". Il y aurait alors un risque de blackout.

"Ces réacteurs représentent de l’ordre de 20% de l’électricité produite en Belgique. Mais on a encore un peu le temps de se retourner. Par exemple, en obligeant des centrales thermiques qui devaient fermer à rester ouvertes. C’est ce que le gouvernement a prévu", rassure Laurent Jacquet.  

En outre, le marché n’est pas isolé. La Belgique peut donc raisonnablement compter sur l’importation.

Nouvelles centrales

Mais pour lui, le véritable problème en Belgique, et ailleurs en Europe, c’est qu’il n’y a pas assez d'investissements pour de nouvelles centrales. "Pour construire une centrale, il faut plusieurs centaines de millions d’euros. Et ça doit s’envisager sur une période d’environ 40 ans. Ce sont des investissements très lourds. C’est quelque chose de structurel en Europe. Il y a donc des pays qui mettent en place des incitants".

Et le renouvelable n’est pas la seule solution. "Le gros morceau de la production électrique, c’est le nucléaire à plus de 55%, le gaz représente 30%, le charbon 5% et le renouvelable, moins de 10%. Dans le renouvelable, la grosse part vient de la biomasse, puis viennent l’éolien et le photovoltaïque. Le renouvelable présente de grands avantages et il faut le développer. Mais son problème c’est qu’il doit être compensé par des centrales au gaz, quand il n’y a pas assez de vent, de soleil... Et des centrales d’appoint de ce style, qui ne fonctionnent pas toute l’année, ce n’est pas bon pour les producteurs".

D’où la nécessité de pousser les investissements. Le gouvernement y réflechit car, comme le précise Laurent Jacquet, "il faut être subtil" pour éviter, par exemple, que l'Europe considère les mesures prises comme des aides d'Etat.

J.C.

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