CQFD: la N-VA veut-elle vraiment monter dans un gouvernement fédéral ?

CQFD: la NVA veut-elle vraiment monter dans un gouvernement fédéral?
CQFD: la NVA veut-elle vraiment monter dans un gouvernement fédéral? - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Que veut vraiment la N-VA ? Tantôt prête à prendre une initiative dans le cadre de la formation d’un gouvernement fédéral… tantôt utilisant des propos qui tiennent de l’insulte à l’égard du PS, et même de l’Open VLD. La N-VA veut-elle vraiment monter dans un gouvernement fédéral ? Pour tenter de répondre à la question, deux invités : Luc Barbé, analyste politique et auteur du livre "La N-VA expliquée aux francophones" et Marc Sirlereau, journaliste politique à la RTBF.

Des élections début 2020 ou l’opposition

Bart De Wever ne donne pas l’impression de vouloir faire des compromis et Luc Barbé l’explique : "je ne vois pas l’intérêt de la N-VA à entrer dans le gouvernement fédéral, d’une part parce que le Vlaams Belang est le grand gagnant des élections du 26 mai et que la concurrence entre les deux partis est très forte. Et puis, former un gouvernement avec le PS, alors que la N-VA l’a tant critiqué ces dix dernières années, quelle serait la plus-value ?", s’interroge l’analyste politique. "Pour l’instant, c’est beaucoup plus intéressant de se profiler comme parti responsable au niveau flamand", observe-t-il.

Pourquoi alors le président des nationalistes flamands se dit-il "disponible"? "Pour montrer qu’il est responsable et défend les intérêts des Flamands, il prépare les deux scénarios, explique Luc Barbé : des élections anticipées début 2020 ou l’opposition fédérale, stratégie électorale ou stratégie de positionnement pour préparer les quatre prochaines années".

La N-VA avait réussi à faire le vide à droite, mais le Vlaams Belang est passé par là

"Mais depuis les dernières élections, la donne a changé", observe Marc Sirlereau, "la N-VA avait réussi à faire le vide à droite, mais le Vlaams Belang est passé par là, de 3 à 18 sièges à la Chambre, alors que la N-VA y est passée de 33 à 25. Comment revenir au fédéral avec les socialistes dans ce contexte, en devant faire des concessions, sans grandes avancées institutionnelles, avec en plus le Vlaams Belang dans le dos ? Pour la N-VA, le choix le plus logique aujourd’hui est de diriger la Flandre avec Jan Jambon et ne pas monter au fédéral, pour ne pas laisser la seule opposition en Flandre au Vlaams Belang".

Pourquoi, dès lors, le CD & V insiste-t-il tant pour que la N-VA revienne dans le jeu ? Pour Luc Barbé, "le CD & V avance toujours le même argument : on ne peut pas avancer dans un arc-en-ciel en laissant la N-VA sur la touche. Le CD & V ne veut pas avoir de problème avec la N-VA. Si une mission royale est confiée à Bart De Wever et qu’il échoue, là le CD & V pourra se targuer d’avoir respecté sa vision démocratique de la Flandre, d’avoir donné un rôle à la N-VA, et il pourra passer à un gouvernement qui laisserait la N-VA de côté.

"Une partie des électeurs flamands serait indignée", concède-t-il, "mais l’opinion publique flamande veut un gouvernement aussi rapidement que possible". "Si le prochain gouvernement vient avec un projet mobilisateur, avec du culot pour présenter un grand projet en matière institutionnelle, en matière socio-économique, etc. Ça pourrait changer vite", avance Luc Barbé qui estime que "le CD & V en pleine crise existentielle pourrait alors cesser d’agir comme "le petit frère de la N-VA".

La N-VA a eu un excès de confiance

Pour Marc Sirlereau, la N-VA a eu un excès de confiance jusqu’aux dernières élections et est aujourd’hui marquée par des tensions internes qui rendent le contexte plus difficile. Pour Luc Barbé d’ailleurs, la grande question aujourd’hui est : "qui est le patron de la N-VA ?"

La N-VA a-t-elle intérêt à retourner voter ?

Avec un Vlaams Belang plus fort et une N-VA divisée en interne, le parti nationaliste flamand a-t-il vraiment intérêt à ce que l’on retourne aux urnes ? "Il y a clairement un risque de voir d’autres électeurs se tourner vers le Vlaams Belang", explique Luc Barbé qui insiste : "la situation la plus confortable pour la N-VA est de rester au pouvoir au gouvernement flamand et d’aller dans l’opposition au fédéral. Avec un Théo Francken qui fera de l’opposition dure", prédit l’analyste.

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face à face sur une question d’actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

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