CQFD: En finir avec l'obligation de vote?

CQFD: En finir avec l'obligation de vote?
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La fin de l'obligation de vote pour les élections communales et les provinciales en Flandre fait partie des mesures phares de l'accord de gouvernement flamand annoncé ce lundi matin. Faut-il se réjouir de la fin d'une obligation jugée infantilisante ou s'inquiéter du détricotage d'un devoir citoyen essentiel? C'est la question qui fait débat dans Soir Première. Pour y répondre autour d'Arnaud Ruyssen: Clémentine Barzin, députée bruxelloise MR et Marc Uyttendaele, avocat et professeur de droit constitutionnel à l’ULB.

Une mesure de dynamisation de la démocratie

Clémentine Barzin qui s'exprime a titre personnel voit dans la mesure décidée par le nouveau gouvernement flamand une "mesure très intéressante, dit-elle, parce que je la sens comme une mesure de dynamisation de la démocratie". "Dans ce cadre, explique la députée libérale, on peut davantage responsabiliser l'électeur mais aussi et surtout les candidats et pouvoirs publics qui doivent davantage informer et convaincre (...) Sur le principe, quelqu'un qui va dans l'isoloir avec la contrainte de devoir voter, le fait avec un libre choix amoindri. Renforcer la liberté de vote, c'est renforcer la pleine conscience d'aller voter en fonction de son libre choix. Le droit de vote est un droit civique au même titre que le droit de se marier, le droit d'association, un droit qui s'exerce de façon facultative..."

Comment combler le fossé entre politique et citoyen

"Le droit de vote n'est pas une liberté publique parmi d'autres", rétorque Marc Uyttendaele. Pour l'avocat constitutionnaliste, "ce sont des droits qui sont aussi des devoirs pour les citoyens, et qui affirment fondamentalement leur qualité de citoyen dans la société". Et de prévoir, déjà, des recours à la Cour constitutionnelle, "fondés à la fois sur le principe d'égalité et sur le principe constitutionnel impliquant le caractère obligatoire du vote". Pour lui, cette mesure ne dynamise pas la démocratie, au contraire: "dès le moment où on admet que des citoyens ne soient plus des acteurs obligés de leur propre devenir, on admet qu'ils s'auto-excluent. Le vote obligatoire est un des seuls ponts qui existent encore entre le peuple et le monde politique, et on brise ce pont".

Pour Clémentine Barzin, rendre le vote non obligatoire permettrait de réduire la proportion d'électeurs qui ne s'engagent pas, ceux qui disent aller voter "par habitude, parce qu'ils en ont parlé un ami, ou pire au vogelpik", explique la député bruxelloise. "En responsabilisant davantage les candidats et les pouvoirs publics, poursuit-elle, on peut essayer de combler ce fossé avec les citoyens". 

Le vote, un cadeau démocratique

Peu importe la manière dont ils le font, les citoyens prennent leur responsabilité en allant voter, estime de son côté Marc Uyttendaele: "c'est un cadeau le vote, un cadeau démocratique, en contraignant chacun à aller voter, on l'amène à se poser la question de son choix et de la conception de la société qu'il préconise".

CQFD, Ce Qui Fait Débat, un face à face sur une question d'actualité chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h en télé sur La Trois.

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