CovidSafe, Coronalert… Votre smartphone sera l’outil anti-Covid des vacances

Avec l’allègement des mesures sanitaires et les départs en vacances, les initiatives pour contrer la propagation du coronavirus se multiplient et votre smartphone pourrait bien devenir l’outil idéal pour voyager en toute sécurité.

Au niveau européen tout d’abord, l’Europe s’est accordée sur la mise en place d’un passeport sanitaire permettant la libre circulation au sein de ses États membres. Pour ce faire, il vous faudra prouver que vous êtes vacciné, que vous avez réalisé un test négatif ou que vous possédez une immunité naturelle contre la Covid-19.

Ce passeport sanitaire sera disponible pour les Belges en version papier mais aussi au format numérique via l’application CovidSafe.be. Cette application, qui devrait être disponible ce mercredi 16 juin, permettra de prouver que vous êtes en possession de votre pass sanitaire. Les données de vaccination seront directement reprises de la base de données Vaccinet et les résultats des tests proviendront de la base de données de Sciensano.


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Et qu’en est-il de Coronalert ?

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Plus de 830.000 tests ont été encodés dans Coronalert. © Anthony Roberfroid

Jusqu’ici, seule l’application de tracing Coronalert était disponible. Avec CovidSafe.be, les Belges auront une seconde arme numérique pour combattre la pandémie.

Avec la réouverture de l’HoReCa, l’Euro de football et les vacances, Coronalert pourrait reprendre de l’intérêt et se révéler particulièrement utile pour empêcher une hausse des contaminations. Mais encore faut-il que l’application soit largement utilisée.

Depuis son lancement le 30 septembre, Coronalert a été téléchargée plus de 2.800.000 fois. Mais aujourd’hui, il est impossible de quantifier exactement le nombre de personnes qui ont toujours l’application sur leur smartphone et qui l’utilisent. "Nous avons fait des statistiques il y a quelques mois. Un peu plus de 50% des personnes l’utilisaient encore mais ce chiffre n’a probablement pas augmenté", explique Axel Legay, professeur en cybersécurité à l’UCLouvain et chargé de la mise au point de l’application. Malgré ce constat, le pourcentage d’utilisation est semblable à celui des applications proposées dans d’autres pays européens.

Même si son utilisation reste en deçà de ce que certains auraient pu espérer, l’application a tout de même prouvé son utilité. 830.000 tests ont été encodés dans l’application, ce qui représente 7,36% des tests réalisés en Belgique depuis son lancement (11.283.571). Sur ces 830.000 tests, 78.000 se sont révélés positifs, soit 9,4%.

Positif ? La déclaration n’est pas automatique

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Il est maintenant possible d’encoder son test positif à postériori. © Anthony Roberfroid

"L’application fonctionne comme prévu mais la faille vient des utilisateurs", ajoute Axel Legay. "Lorsqu’ils sont positifs, ils reçoivent les résultats et beaucoup pensent que la déclaration est automatique. Pourtant, ce n’est pas le cas. Ils doivent autoriser l’application à prévenir les contacts à risques. Nous avons très peu de personnes qui reçoivent un résultat positif et qui ne veulent pas le déclarer aux personnes qu’ils ont côtoyées. C’est donc une erreur de manipulation plus qu’autre chose".

Un problème qui, pour le professeur en cybersécurité, est dû à un manque de communication au niveau fédéral. "Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke n’a jamais fait la publicité de l’application malgré de nombreuses promesses. Elle n’a jamais été mentionnée lors des comités de concertation et il n’y a eu aucune explication sur son utilisation".

L’application s’est pourtant étoffée au fil du temps. Elle est aujourd’hui interopérable avec les applications de 11 pays européens (mais pas la France, qui a développé son propre système outrepassant les outils proposés par Apple et Google) ce qui permet de détecter un contact à risque à l’étranger. Depuis le début du mois de juin, il est aussi possible pour les citoyens de déclarer leur test positif, même s’ils ne l’avaient pas lié à l’application auparavant. Coronalert redirigera également ses utilisateurs vers l’application CovidSafe.be. Les deux applications ne seront pas réunies en une seule mais formeront un ensemble capable de réduire les risques d’une nouvelle vague.

Relancer l’intérêt du tracing

Pour Axel Legay, la période de déconfinement est idéale pour remettre en avant le tracing numérique. "C’est le moment opportun pour réutiliser l’application. Nos contacts sociaux sont élargis et certaines personnes, dont de nombreux jeunes, ne sont toujours pas vaccinés". Un avis partagé par les Régions qui lanceront une campagne de communication interfédérale à la fin du mois de juin pour renouveler l’intérêt envers cette application qui garde encore son utilité comme le précise le professeur de l’UCLouvain : "Même si la vaccination a beaucoup aidé, l’application est encore essentielle. Coronalert n’aura plus lieu d’être lorsque nous ne devrons plus tester massivement. On estime qu’elle devrait être utile jusqu’en octobre si la situation se stabilise".

Certificat Covid: JT 10/06/2021

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