Covid : le vrai du faux sur le vaccin

Une "marche collective nationale citoyenne" a eu lieu ce samedi dans les rues de Namur. Quelque 5000 manifestants souhaitaient se faire entendre contre les mesures prises pour lutter contre le coronavirus. Pour répondre aux craintes sur la vaccination, QR l’actu invitait Pedro Facon, Commissaire fédéral Corona et Jean-Michel Dogné, Directeur de l’unité de pharmacie de l’UNamur.

Un système de propagande et de contrôle ?

Le commissaire fédéral corona comprend que la population se pose des questions et remette en cause certaines décisions. Il estime cependant que les décisions prises par les responsables politiques élus font l’objet de débats contradictoires, notamment dans les parlements. Il ajoute que les responsables politiques sont présents dans les médias pour exprimer les avantages et désavantages des choix qui sont posés. Quant au Covid safe ticket et le sentiment de contrôle que ressent une frange de la population, Pedro Facon reconnaît qu’il y a bien un débat politique et idéologique derrière une telle mesure : "Ce qui compte pour moi, c’est que le CST fonctionne correctement. Ce n’est évidemment pas une solution miracle mais cela nous permet d’évaluer la circulation du virus et d’en assurer la diminution, comme on le voit à l’étranger. C’est aussi un moyen de convaincre certains réticents de se faire vacciner. On l’a vu en France et c’est aussi le cas chez nous, où l’on a multiplié par 5 le nombre d’inscriptions pour la vaccination du côté wallon. Le but derrière tout cela est de convaincre un maximum de gens, parce que le vaccin, cela fonctionne".

Effets secondaires à long terme ?

Le vaccin est toujours en phase 3 confirme Jean-Michel Dogné. Par contre, selon le directeur de l’unité de pharmacie de l’UNamur, il serait faux de prétendre que nous n’avons aucune connaissance sur ses effets à moyen et à long terme. "Ces vaccins ont été développés il y a plus d’un an et demi, et ont fait l’objet d’études cliniques depuis le mois de juillet 2020. Il y a peu de vaccins qui ont été étudiés sur autant de personnes pendant un an avant une utilisation massive. Par ailleurs, plus de 6 milliards de doses ont à présent été administrées. Jamais dans l’histoire de la vaccination nous n’avons eu autant d’information sur un vaccin, tant au niveau des données d’efficacité que de sécurité. C’est une bonne chose qu’ils soient encore étudiés en phase 3, mais cela ne signifie absolument pas qu’il s’agisse d’un vaccin expérimental".

Perte d’efficacité des vaccins ?

Il y a bien une certaine perte d’efficacité du vaccin au fil du temps, explique Jean-Michel Dogné, notamment sur les premières personnes qui ont été vaccinées. A ces personnes, âgées et/ou plus fragiles, il est utile d’administrer une 3e dose de vaccin. "Avec le variant Delta qui représente actuellement l’ensemble des contaminations chez nous, le vaccin a un effet majeur pour éviter les hospitalisations. Par contre, il est vrai que sur les formes moins sévères, nous avons perdu de l’efficacité avec le variant delta. On est au-delà de 60-65% d'efficacité suivant le vaccin".

Contre-indication médicale ?

A côté des personnes qui refusent le vaccin, il y a celles qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas se faire vacciner. Ces personnes, reconnaît Pedro, sont injustement pénalisées. "Nous en avons discuté avec les experts, et il nous revient que ces cas existent mais qu’ils sont rares. Il n’empêche que, pour ces personnes, nous devons trouver des solutions. Les discussions sont en cours avec l’Inami, mais l’idée est de leur permettre de se faire tester gratuitement".

Statistiques faussées ?

Les autorités cachent-elles des chiffres, ou est-ce que les données sont manipulées en faveur de la vaccination ? Pour Pedro Facon, c’est totalement faux. "Il y a une surveillance accrue des effets ou d’éventuels décès liés à la vaccination. Actuellement, il y a 4 cas rapportés sur près de 8 millions de personnes vaccinées. Par ailleurs, il faut savoir que les personnes hospitalisées en ce moment sont en grande majorité des personnes non-vaccinées, hormis quelques personnes âgées ou des patients qui souffrent de comorbidité. Ces chiffres sont publics et démontrent clairement l’efficacité du vaccin".

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