Covid-19 : tout savoir sur la campagne de vaccination en Belgique

La Conférence Interministérielle Santé Publique a fait le point sur la stratégie de vaccination belge contre le Covid-19. Le Premier ministre Alexander De Croo avait déjà annoncé que la vaccination contre le nouveau coronavirus devrait débuter en Belgique le 5 janvier prochain. Les derniers détails de la stratégie de vaccination sont connus.

La conférence interministérielle Santé publique n’était pas parvenue à un accord mercredi sur les modalités de la vaccination contre le Coronavirus. Elle s’est une nouvelle fois réunie ce jeudi 3 décembre pour poursuivre les travaux et aboutir à un accord. Les différents ministres de la Santé du fédéral et des entités fédérées ont finalisé la stratégie de vaccination, afin d’être prêt lorsque les vaccins seront disponibles.

300.000 personnes vaccinées à partir de janvier

C’est l’Union européenne qui centralise les commandes de vaccins auprès des fabricants. C’est elle aussi, via l’Agence européenne des médicaments qui validera les vaccins disponibles et autorisera leur commercialisation. Chaque État membre de l’Union européenne s’est engagé à acheter un certain nombre de doses de tel ou tel fabricant. La Belgique s’est ainsi engagée auprès de 5 fournisseurs, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Pfizer-BioNtech, Curevac et Moderna. Le premier vaccin qui sera disponible en Belgique sera celui de Pfizer-BioNtech qui devrait fournir 600.000 doses au début de l’année 2021.

Ces 600.000 doses permettront de vacciner 300.000 personnes, car il faudra administrer deux doses à trois semaines d’intervalle. La production des vaccins est déjà en cours dans les usines du fabricant, mais la commercialisation devra attendre le feu vert des autorités européennes qui évalueront la qualité, l’efficacité du vaccin et sa sécurité. La vaccination se fera, comme prévu, sur base volontaire. 

La vaccination se fera en phases

La conférence interministérielle Santé Publique a confirmé que la vaccination des différents publics se fera par phases.

Lors de la première phase, baptisée "Phase 1", qui devrait débuter en janvier, seulement un ou deux vaccins différents seront disponibles. Ces vaccins seront conditionnés en flacons contenant des doses destinées à plusieurs personnes et qui devront être conservés dans des frigos à -70 ou -75 degrés Celsius. Cette phase permettra de vacciner d’abord le personnel et les résidents des maisons de repos et des maisons de repos et de soins. On vaccinera aussi le personnel soignant de première ligne et le personnel soignant des hôpitaux. Cette vaccination se fera de manière centralisée, notamment en raison du conditionnement en flacons et en raison du dispositif logistique nécessaire à l’acheminement et au stockage des vaccins.

La deuxième phase, baptisée "phase 1b" devrait permettre de vacciner plus de personnes. On disposera alors d’une plus grande quantité de vaccins provenant de plus de fabricants. En principe, ces vaccins seront toujours commercialisés dans des flacons contenant des doses pour plusieurs personnes. Ils devront toujours être stockés à des températures très basses, de l’ordre de -70 à -75 degrés Celsius. Lors de cette deuxième phase, on vaccinera les personnes de plus de 65 ans, celles de 45 à 65 ans ayant des facteurs de risques comme le diabète, l’obésité, l’hypertension, des maladies cardiovasculaires ou pulmonaires. On vaccinera aussi ceux qui exercent des fonctions essentielles. La vaccination devra toujours se faire de manière centralisée.

Une troisième phase, la "phase 2" se déroulera lorsqu’on aura un large approvisionnement en vaccins et qu’ils proviendront de plusieurs fabricants différents. On vaccinera alors les autres patients à risque et le reste de la population adulte.

 

Timing incertain pour les phases 1b et 2

Le timing est relativement connu pour la phase 1 qui devrait commencer au début de l’année 2021, le Premier ministre, Alexander De Croo, ayant avancé la date du 5 janvier.

En revanche, pour les phases suivantes tout est encore incertain. Tout dépendra des résultats qui seront obtenus par les différents fabricants de vaccins et de l’accord que les autorités européennes donneront à la commercialisation de ces vaccins. Cela dépendra aussi de la capacité des fabricants à fournir les doses commandées. "On peut espérer qu’à partir de mi-mars, le rythme de production des vaccins s’accéléra", a déclaré Dirk Ramackers, le président de la Task Force opérationnelle pour la vaccination, l’organe créé par les autorités belges pour coordonner la campagne de vaccination contre le Coronavirus. Il a cependant expliqué que la majorité des citoyens ne seront pas vaccinés avant l’été. "Cela prendra toute l'année", a ajouté dans ce débat, Frank Vandenbroucke, le ministre de la Santé, invité du Journal Télévisé de 13h, sur la Une. Il espère aussi, si tout va bien, si les vaccins sont produits et obtiennent le feu vert de l'Europe que la phase 1b, soit la vaccination du deuxième groupe, incluant les personnes âgées de plus de 65 ans, commence "fin février-début mars", si tout va bien". Pour convaincre la population de se faire vacciner, le ministre de la Santé mise sur "le bon sens", soit "se protéger et mettre fin à cette vie terrible avec les mesures de confinement et les fermetures", a ajouté Frank Vandenbroucke. 

 

 

Campagne d'information

"L'aventure dans laquelle nous sommes implique de faire un effort de pédagogie, de dialogue et d'écoute du citoyen", c'est par ces mots qu'Yvon Englert, responsable de la Cellule "communication et débat sociétal" au sein de la taskforce opérationnelle pour la vaccination, a pris la parole.

Pour la taskforce, le vaccin est un "outil pour nous aider à surmonter les difficultés exceptionnelles".  La stratégie de lutte contre le virus implique de répondre aux questions des citoyens et demande d'être transparent dans la communication.  Dans ce but, d'ici mi-décembre, la Cellule "communication et débat sociétal" proposera les actions à envisager.  Il s'agira d'abord d'informer sur les enjeux du vaccin tous ceux qui peuvent conseiller au mieux les patients, tels que les médecins, les infirmier(e)s, les pharmacien(ne)s ou les mutualités.  

Si les autorités veulent atteindre une vaccination de 70% de la population, sur base volontaire, il faudra emporter l'adhésion des gens.  Un autre outil pour y parvenir sera le débat citoyen.  

Journal télévisé 13H

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