Covid-19 : "Avant de renforcer les mesures, il faut prendre en compte les autres souffrances" estime Christian Léonard, directeur de Sciensano

Les infections de coronavirus sont en hausse pour la quatrième journée consécutive. Pour Catherine Linard, géographe de la santé à l’UNamur, il faut être attentif et surveiller de près la situation mais sans nécessairement aller plus loin pour l’instant. "Si l’on considère que cette augmentation de cas positifs s’explique par l’augmentation du nombre de tests, nous pourrions très bien connaître une stabilisation".

Pas de confinement plus dur

Bénédicte Delaere, infectiologue au CHU UCL ne plaide pas pour pas des mesures de confinement strict : "Le confinement, c’est une fermeture de tout et l’objectif est de préserver l’enseignement. On peut explorer d’autres mesures ou améliorer les mesures existantes pour limiter la circulation du virus. On a un problème avec le testing, on a un problème avec la quarantaine. Et on a besoin que les gens comprennent l’importance de tout cela".

Même son de cloche du côté du directeur de Sciensano, Christian Léonard. "Il faut d’abord bien appliquer les mesures. Et ne pas s’emballer avec l’augmentation des contaminations. Ces deux dernières semaines, il y a effectivement eu une augmentation de 30% des contaminations mais dans le même temps, 70% de test supplémentaires ont été réalisés. Par ailleurs, on entend des cris de détresse des jeunes, on voit aussi dans nos enquêtes que la santé mentale est un vrai souci. Il faut maintenir un équilibre pour éviter cette troisième vague mais aussi pour préserver la santé mentale et physique. Il faut de la bienveillance et donner de l’espoir. Il faut que chacun se dise qu’en respectant les mesures, je fais déjà suffisamment et que bientôt nous serons vaccinés en grande majorité. Une arme qui nous permettra alors d’envisager le déconfinement".

Fermeture des frontières

Face au variant anglais qui se révèle plus contagieux, ne serait-il pas judicieux de fermer nos frontières ? Nos autorités ont d’ailleurs pris cette mesure radicale pendant 24 heures fin de l’année dernière. Pour Catherine Linard, cette option peut évidemment se défendre d’un point de vue épidémiologique vu la spécificité du variant et vu le contexte belge qui est un peu plus favorable. Par contre, il n’y a aucune urgence selon elle à prendre une telle mesure d’autant que cette fermeture aurait aussi des impacts négatifs non négligeables.

3e vague ?

Pour Bénédicte Delaere, il ne fait aucun doute que nous sommes à un moment charnière. On teste plus et nous avons plus de cas de contamination. Il y a eu les vacances, la reprise des contacts, et tout cela joue et inquiète le monde médical. Nous avons les indicateurs qui nous permettent tout de même de surveiller la situation et de prendre des mesures supplémentaires si nécessaire. Mais bien entendu, les soignants et le monde médical redoutent de se retrouver devant une troisième vague.

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