Covid-19 : A l’instar du ministre Vandenbroucke, les Wallons plaident aussi pour un "reset" de la campagne de vaccination

Alors que la semaine dernière a été émaillée de couacs dans la campagne de vaccination : convocations envoyées aux personnes à vacciner, trop peu de vaccins pour les centres de vaccination et que le week-end a été l’occasion pour le ministre de la Santé de plaider pour un "reset" de la campagne de vaccination afin de résoudre les problèmes rencontrés et d’accélérer le processus, le Ministre-président Wallon, Elio Di Rupo, et la ministre de la Santé, Christie Morreale, la ministre wallonne de la Santé, se sont rendus sur le terrain dans un hôpital, à Soignies et dans un centre de vaccination, à La Louvière.

A Soignies, l’hôpital vaccine le personnel d’aide et de soins avant d’accueillir le public

Ce lundi matin, au moment où les ministres wallons sont arrivés, une vingtaine de personnes faisaient la file pour être vaccinée au CHR Haute Senne de Soignies. Toutes faisaient partie du personnel d’aide et de soins de première ligne, des psychologues, des médecins, des pharmaciens ou encore des infirmièr(e) s indépendant(e) s. Au total, dans ce centre de vaccination, ce sont 1400 personnes qui doivent venir se faire vacciner. Après, une fois ce personnel d’aide et de soins de première ligne, ce sera au tour du grand public. "Ce centre a été reconnu comme centre itinérant, c’est-à-dire un centre intermittent pour l’ensemble du grand public. Cela veut dire qu’à partir de la mi-mars, le 15 mars, nous aurons aussi pour mission la vaccination de l’ensemble de la population", explique Thérèse Trotti, directrice du CHR Haute Senne, à Soignies.

Les personnes venues se faire vacciner aujourd’hui à Soignies que nos équipes ont rencontrées avaient été convoquées de deux manières, par e-mail et par courrier.

A 20 kilomètres de là, dans un autre centre de vaccination, à La Louvière, 250 personnes étaient aujourd’hui conviées à se faire vacciner. Cependant ici, parmi les personnes interrogées par nos équipes, toutes n’avaient pas été convoquées de la même manière. Certaines l’avaient été par mail, d’autre part courrier ou alors, par SMS. On peut y voir l’illustration de la façon chaotique dont cette campagne de vaccination a débuté.

La Région wallonne a dû rectifier le tir pour s’assurer que les personnes vaccinables soient prévenues

Car les convocations, c’est l’un des problèmes de cette campagne, même si aujourd’hui, la ministre wallonne de la Santé estimait que tout rentrait dans l’ordre. "On a adapté la situation. On a envoyé des courriers papier pour permettre aux 71.000 personnes qui ont été invitées à prendre rendez-vous. Un tiers d’entre elles ont pris rendez-vous. Cette semaine partent encore 51.000 envois pour les professionnels de première ligne", explique Christie Morreale (PS), ministre wallonne de la Santé. Ce sont autant de courriers "papier" qui seront envoyés en parallèle aux e-mails.

L’envoi de convocations par courrier postal a en effet été le dispositif de secours qu’il a fallu mettre en place pour prévenir tous ceux qui devaient être vaccinés, car on l’a vu la semaine dernière, entre convocations par SMS ou par e-mail, tout n’avait pas fonctionné comme prévu. Le logiciel mis au point au niveau fédéral a fait défaut.

Cette phase de vaccination du personnel d’aide et de soins de première ligne devrait concerner 120.000 personnes en Wallonie.

Encore faudra-t-il que les vaccins soient disponibles : une nouvelle stratégie pourrait changer la donne ?

Jusqu’à présent, c’est le vaccin Pfizer qui est administré ainsi que le vaccin d’AstraZeneca, mais ce dernier ne l’est qu’aux moins de 55 ans, conformément aux recommandations du Conseil Supérieur de la Santé. "Par exemple Pfizer ne donne des vaccins que chaque semaine et en quantités limitées. Moderna (le troisième fabricant), une autre grande société pharmaceutique ne donne rien pour le moment. Et donc, nous sommes tenus par la disponibilité des vaccins", explique Elio Di Rupo, le Ministre-président wallon.

Actuellement, à peine 4% de la population belge a reçu une dose de vaccin et seulement 2% ont été entièrement vaccinés.

Ce dispositif pourrait cependant changer. Mercredi, les ministres de la Santé des entités fédérées et le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke se retrouveront pour une réunion que l’on annonce stratégique. Le ministre de la Santé a, en effet, déclaré ce week-end que mercredi, les couacs devront être résolus, qu’il s’agirait de remettre la campagne de vaccination à plat, d’effectuer, un "reset".

Dans l’attente de nouvelles recommandations du Conseil Supérieur de la Santé

Pour y parvenir, il espère avoir de bonnes nouvelles du Conseil Supérieur de la Santé auquel il a posé trois questions. Peut-on espacer les doses de vaccin Pfizer de 21 à 42 jours ? Peut-on administrer le vaccin d’AstraZeneca aux plus de 55 ans, comme des études menées sur une large population en Ecosse tendent à le montrer ? Enfin, une dose serait-elle suffisante ? Autant de questions qui, en cas de réponse positive, permettraient à la Belgique de disposer de plus de doses de vaccin immédiatement disponibles et de simplifier l’organisation de la campagne de vaccination. Parlant de la possibilité d’injecter le vaccin d’AstraZeneca aux plus de 55 ans, "cette donnée va permettre de rendre plus souple la campagne de vaccination", a estimé Christie Morreale, la ministre wallonne de la Santé.

Si mercredi, ce "reset" de la campagne était possible, si l’accélération de la campagne devait se concrétiser, "la logistique est prête", assure Elio Di Rupo. "Il y a eu quelques ratés au démarrage, mais il faut accepter ces petites difficultés. Dans une organisation aussi gigantesque, tout ne peut pas être parfait du premier coup", déclare-t-il.

Pour le Ministre-président wallon, la campagne de vaccination devrait avancer plus vite en avril, avec des vaccins AstraZeneca et de Johnson & Johnson, qui devrait être approuvé par l’agence européenne du médicament à la mi-mars. "Notre marge de manœuvre sera alors plus grande pour déconfiner", estime Elio Di Rupo

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK