Coût des certificats verts: Paul Furlan fera "tout pour que la facture ne soit pas impactée"

Coût des certificats verts: Paul Furlan fera "tout pour que la facture ne soit pas impactée"
Coût des certificats verts: Paul Furlan fera "tout pour que la facture ne soit pas impactée" - © Tous droits réservés

Crise des certificats verts, bis repetita? C'est en tout cas ce que conclu la CWaPE, l'organisme de régulation des marchés wallons d'électricité et de gaz dans un rapport publié hier. Le régulateur a calculé que cette année, la facture d'électricité pourrait augmenter en moyenne de 32€ à cause des fameux certificats verts et de l'énergie renouvelable.

Pour répondre aux conclusions de ce rapport, Paul Furlan, ministre socialiste des Pouvoirs locaux, de la Ville, du Logement et de l'Energie, était au micro de Bertrand Henne sur Matin Prem1ère.

Il y a de nouveau trop de certificats verts, Elia a l'obligation de les acheter à un prix fixe, la CWaPE avance donc que ça aura une répercussion sur la facture de tous les consommateurs. Paul Furlan ne partage pas cette analyse. "Je crois qu'il faudra évidemment supporter cette bulle, mais il y a d'autres solutions à mettre sur la table."

Une solution déjà obsolète

L'ancienne solution, c'était SolarChest, un société chargée de racheter les certificats verts. Le problème, c'est qu'elle a déjà écoulé tout le budget qui lui était alloué. Ce tampon a donc fonctionné pendant deux ans, mais maintenant, le problème recommence.

"Ce problème de gestion de la production d'énergie verte doit être replacée dans son contexte, recadre Paul Furlan. Cette production d'énergie est nécessaire pour l'environnement et peut être aussi à long terme un pari gagnant, notamment en termes d'emploi."

"Il faut accepter de faire du renouvelable. Et donc il faut bien regarder nos responsabilités à long terme. Je suis revenu à des décisions moins dogmatiques que celles d'Ecolo et de mes prédécesseurs, il faut trouver un équilibre entre ces objectifs long-termes et la facture du consommateur, court-terme."

Je dois trouver des solutions pour gérer ce lourd héritage

"Nous avions pris avec la Cwape des mesures pour qu'il n'y ait plus de bulle et que les systèmes soient maîtrisés. J'ai un héritage à gérer, et cet héritage on a du mal à calculer son poids réel dans le prix de la facture d'électricité."

Le ministre reconnaît donc le problème, mais assure qu'il mettre tout en oeuvre pour que le consommateur ne paie pas les pots cassés du passé.

"Pour 2014 et ce qui concerne ma partie, on a maîtrisé le système. Si, pour ne pas impacter la facture du consommateur, il faut mettre des éléments au frigo, je préfère le faire de cette manière. Je dois trouver des solutions pour gérer ce lourd héritage. On va prendre les mesures nécessaires pour ne pas impacter les factures, je vais tout faire pour."

Une réforme du logement public wallon

Peut-on dire que le moment est venu de se montrer plus coulant, après des années où le secteur a été très contrôlé, notamment suite à l'affaire de la Carolo?

"Avoir un toit est une nécessité pour tout le monde, c'est élémentaire dans la vie moderne. Nous avons entrepris une vaste réforme pour redynamiser le secteur du logement. Je parle des primes, l'accès à la propriété qui a été revu, la création d'un bail étudiant. Mon objectif est que l'on soit bien dans un logement public, et qu'il n'y ait plus tous ces vides locatifs. La réforme veut réintroduire de la simplicité, de la compréhension pour le citoyen."

"Donc, ce n'est pas qu'il faut moins le contrôler, mais mieux le contrôler. Les critères ne seront pas plus larges, mais plus précis, plus simples, et avec une certaine souplesse pour appréhender les situations d'urgence sociale."

S'il faut s'adapter aux situations humaines et pouvoir réagir, il y a parfois du clientélisme derrière… Non pour le ministre du Logement, "il n'y en aura pas, parce les sociétés et mes comités d'attribution sont tout à fait dépolitisés, et chaque comité est sous le contrôle d'un commissaire du gouvernement. On ne retourne pas aux pratiques de politisation, l'urgence sociale, ce sont des cas qui nous inquiètent."

Le Fédéral "trop méprisant"

Paul Furlan a évoqué une "régionalisation totale de l'énergie", regrettant que les budgets alloués aux Régions par le fédéral dans le cadre des accords conclus début décembre par les quatre ministres de l'Energie et de l'Environnement sur la répartition de l'effort climatique à produire d'ici 2020, ne suivaient pas.

"Ce qui créé des problèmes aujourd'hui, ce n'est pas la Flandre, ce n'est pas la Wallonie, ce n'est pas Bruxelles, c'est le fédéral! (...) Le fédéral dispose de sommes bloquées sur un compte (..) qui sont à destination des Régions (ayant trait aux quotas de CO2, ndlr). La Wallonie, dans cet accord, doit avoir 117 millions."

"Je pense que cette prise de position unilatérale du fédéral (de bloquer cette somme), ndlr) n'est pas correcte car elle ne respecte pas l'accord. Elle est irresponsable dans la mesure où ces moyens sont nécessaires pour mieux isoler, demain, nos bâtiments publics, nos hôpitaux, nos écoles... donc ça ralentit tous les dossiers. Et quelque part, le gouvernement fédéral est un peu méprisant envers les travailleurs, la fonction publique, les communes, avec le tax shift notamment, et tous les Wallons parce que cet argent est absolument nécessaire. Nous en avons besoin pour investir et rencontrer nos objectifs européens", avait souligné le ministre wallon.

Le ministre a par la suite relativisé ses propos, précisant dans un communiqué rectificatif qu'il n'était pas "favorable à une régionalisation accrue de la politique énergétique. Dans le cadre institutionnel existant, nous devons chacun œuvrer pour mettre en œuvre nos compétences le mieux possible. Je regrette que certains ministres fédéraux choisissent de relancer les discussions institutionnelles pour masquer leur inaction politique. La priorité, aujourd'hui, c'est d'agir au bénéfice des citoyens et en aucun cas de relancer des discussions communautaires. Nous ne sommes pas favorables à une 7ème réforme de l'Etat", a-t-il souligné dans un communiqué rectificatif.

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