Coronavirus : une résolution sur le tracking déposée à la Chambre

Sortir de la crise du coronavirus et revenir le plus rapidement à une situation normale, tout le monde l’espère. Pour y parvenir, certains proposent de recourir aux applications de tracking (traçage) sur smartphone. Un groupe de travail piloté par les ministres Philippe De Backer et Maggie De Block (Open Vld) étudie cette piste.

On peut imaginer qu’il est important de savoir si on a croisé le chemin d’un porteur du virus. Mais il faut que cela se fasse en respectant la vie privée, en évitant tout risque d’intrusion ou d’exploitation commerciale des données personnelles.


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C’est pour protéger la population contre tous ces risques qu’une résolution a été déposée à la Chambre, par le député Ecolo Gilles Vanden Burre. Il plaide pour que le citoyen, seul, puisse vérifier les informations recueillies, pour que l’application ne soit pas rendue obligatoire et pour, qu’en fin de pandémie, toutes les données soient détruites. "Des exemples provenant de l’étranger ont déjà montré que la frontière entre l’information et le contrôle est souvent très mince, et les médias rapportent presque tous les jours des abus et des excès", précise la proposition de résolution.

Le député plaide donc pour le principe du "privacy first", qui implique que l’utilisateur de l’application soit le seul à déterminer ce qui peut advenir de ses données. "Afin de garantir le respect des droits humains et d’éviter les excès identifiés à l’étranger, il est essentiel que le gouvernement, lors de l’étude et le développement de cette application, s’assure de toutes les garanties. Ce n’est qu’alors que sa mise en place sera acceptable", conclut le communiqué.


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Gilles Vanden Burre n’est pas seul : il a mobilisé ses collègues du PS, du sp.a, du CD&V et de l’Open Vld, qui le contresignent. Ça ne fait pas encore une majorité, mais le soutien des libéraux flamands, dont font partie les ministres De Backer et De Block, est prometteur.

Le député PS Khalil Aouasti y a même ajouté une condition supplémentaire : que le texte débouche sur une loi, encadrée par le Conseil d’Etat et l’Autorité de protection des données personnelles. Un simple arrêté pris en vertu des pouvoirs spéciaux ne serait pas admissible, dit-il. La proposition de résolution sera prise en considération lors de l’assemblée plénière de la Chambre, jeudi.

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