Coronavirus : tous les élèves de l'enseignement obligatoire à 100% en présentiel dès le 10 mai

Tous élèves de l’enseignement obligatoire reprendront leurs cours à 100% en présentiel à partir du lundi 10 mai, a annoncé mercredi la ministre de l’Education Caroline Désir (PS) à l’issue d’une réunion avec les acteurs de l’école francophone. Jusqu’à présent, à partir de la 3e secondaire, les élèves suivaient un enseignement "hybride", 50% en présentiel et 50% en distanciel.

"Il est absolument indispensable de faire revenir tous les élèves en présentiel pour des raisons à la fois pédagogiques et psychologiques, notamment pour les plus jeunes, les plus vulnérables, ceux qui ont décroché passivement ou activement, les élèves fréquentant l’enseignement qualifiant", a indiqué Caroline Désir.

Avancer au maximum dans la vaccination

La ministre francophone de l’Education, ainsi que ses collègues des autres Communautés, auraient souhaité en réalité que cette rentrée puisse se faire le 3 mai déjà. Mais sur base de l’avis des experts sanitaires, prudents face à la lente diminution des transmissions en Belgique, il a finalement été décidé de reporter ce retour à 100% en présentiel d’une semaine.


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"D’ici à la date du 10 mai, à cadence inchangée, nous aurons vacciné au moins 600.000 personnes supplémentaires, soit certainement une large majorité des plus de 55 ans et une partie des plus de 45 ans et nous aurons protégé les plus vulnérables. Par ailleurs, nous aurons à ce moment-là déployé des autotests pour prévenir mieux les clusters, en plus du testing PCR classique", selon Caroline Désir.

Ces éléments seront transmis mercredi aux membres du Comité de concertation (CodeCo) qui doivent avaliser la décision. Le CodeCo se réunit électroniquement à 16h00.

Les limites de l’enseignement "hybride"

Depuis fin octobre dernier déjà, lors de la seconde vague de la pandémie, tous les élèves à partir de la 3e secondaire sont soumis à un enseignement dit "hybride", fait d’une moitié de cours à distance et d’une autre moitié en classe.

Destiné à n’être que provisoire, cet enseignement hybride aura finalement été mené pendant plus de 18 semaines, accroissant la démotivation des élèves, minant leur moral tout en creusant davantage les inégalités sociales.


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Ce décalage d’une semaine d’un retour à 100% en présentiel permettra également aux écoles de n’avoir à organiser qu’une demi-semaine, puisqu’elle inclut deux jours de congés pour l’Ascension. Il n’y aura donc que deux jours et demi de cours.

La première semaine complète de cours à 100% en présentiel sera donc celle du 17 mai.

Ce retour à la normale était préconisé depuis des mois déjà par les pédiatres et pédopsychiatres, ainsi que diverses associations.

Pascal Hallemans, directeur de l’Athénée royal de Woluwé-Saint-Lambert se réjouit de ce retour à l’école : "C’est une bonne nouvelle, parce que le distanciel montre ses limites et parce que les élèves ont besoin d’une reprise émotionnellement et psychologiquement. Ils ont besoin de se retrouver à l’école et de libérer la parole. Les enseignants sont aussi demandeurs de retrouver leur métier de base, le contact avec les élèves. Le numérique est un super outil mais doit rester un outil.Il insiste par contre sur la nécessité des mesures sanitaires : "Nous restons en code rouge et les protocoles doivent être respectés au mieux, voire adaptés. C’est très important."

A l’Athénée de Mons, la préfète, Françoise Colinia, se félicite aussi de la reprise et estime que la prise en compte de l’état d’esprit des élèves est une urgence : "On est très inquiets pour les élèves, ils ont besoin de rependre les cours. J’ai des signaux d’alerte des parents. Certains parce qu’ils ont dû aller à l’hôpital psychiatrique avec leur enfant, d’autres parce leur enfant a perdu ou pris beaucoup de poids. Il faut restimuler les élèves. On doit ressusciter l’énergie, l’opiniâtreté, le goût d’apprendre."

Des syndicats, inquiets, regrettent cette décision

Les syndicats comprennent cette décision du point de vue des élèves mais s’inquiètent pour la santé des professeurs. Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement : "Nous sommes réticents, car on pense que le rapport bénéfices-risques n’est pas suffisamment intéressant. Les risques sont trop importants. Les élèves vont reprendre les cours pour 8 semaines hors session d’examens, cela représente 17 jours de cours en présentiel. On pense qu’on prend beaucoup de risques pour 17 jours de cours. C’est bien pour les élèves mais pour les professeurs, qui ne sont pas prioritaires dans la vaccination, nous estimons que c’est un peu de l’irresponsabilité du pouvoir politique." Pour la CGSP, il n’était pas indispensable d’organiser cette rentrée le 10 mai.

Quid des examens et épreuves certificatives ?

Les épreuves certificatives sont maintenues cette année. C’est une décision de la ministre de l’Education, Caroline Désir. Il s’agit du CEB pour la 6e primaire, du CE1D pour la 2e secondaire et du CESS pour la 6e secondaire. L’objectif est d’avoir une vision sur le niveau global des élèves mais les conseils de classe restent souverains pour délibérer.

Quant aux sessions d’examens, cela dépendra des pouvoirs organisateurs. Certains réseaux souhaitent alléger les sessions d’examens, d’autres les supprimer. Néanmoins, tous devraient tenir comptent de la situation particulière dans laquelle se trouvent les élèves suite à un enseignement perturbé à cause du coronavirus.

Beaucoup d’écoles attendent avec impatience les modalités pratiques des examens car il faut informer élèves et parents avant le 10 mai comme l’explique Pascal Hallemans, directeur de l’Athénée royal de Woluwé-Saint Lambert : "Nous attendons les modalités d’application pour l’organisation des examens de notre pouvoir organisateur. Nous espérons aussi avoir encore un grand espace de liberté au niveau organisationnel. Mais nous devons au plus vite communiquer aux élèves et aux parents. Nous avons déjà tenté de les rassurer sur la bienveillance dont nous ferons preuve mais nous avons besoin des informations au plus vite pour avancer."


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