Coronavirus : seuls le Maroc et le Burundi ont refusé le rapatriement de binationaux, selon le ministre Goffin

Seuls deux pays, le Maroc et le Burundi, ont refusé le rapatriement de personnes disposant d'une double nationalité qui souhaitaient rentrer en Belgique à la suite de la pandémie de Covid-19, a déploré mardi le ministre des Affaires étrangères, Philippe Goffin, tout en assurant que les efforts se poursuivaient afin d'obtenir leur retour au pays.

Plus de 5.000 ressortissants belges ont été ainsi rapatriés depuis le 18 mars, date du début des vols organisés par le gouvernement fédéral - "la plus grande opération de rapatriement" jamais organisée par les Affaires étrangères et touchant tous les continents -, a-t-il souligné lors d'une réunion virtuelle de la commission des relations extérieures de la Chambre exclusivement consacrée aux effets de la crise sanitaire du Covid-19.

Une trentaine de vols ont été affrétés par les Affaires étrangères, alors que des Belges ont embarqué à bord de vols affrétés dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'Union européenne.

M. Goffin (MR) a toutefois admis que de "nombreux" Belges étaient toujours "coincés" à l'étranger.


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Le chef de la diplomatie belge a été notamment interrogé par plusieurs députés sur la situation de Belgo-Marocains retenus dans leur pays d'origine auxquels le gouvernement de Rabat interdit de revenir en Belgique après avoir fermé son espace aérien.

"Malgré cela, sept vols ont été organisés par (la compagnie aérienne) Brussels Airlines entre autres, au départ de Marrakech et d'Agadir (...). Dix-neuf 19 autres vols ont été organisés par le biais de Ryanair depuis Tanger dans le nord du Maroc", a-t-il ajouté.

"On a envie que nos binationaux puissent revenir au pays. On fait tout pour que cela fonctionne de la sorte. Sauf que pour le moment on se heurte clairement un refus de l'Etat marocain. C'est aussi clair que cela", a affirmé M. Goffin.

Il a récusé tout procès d'intention qui ferait de ces personnes des citoyens de seconde zone, des "sous-nationaux".

Il a ajouté qu'il maintenait un contact "permanent" avec les autorités marocaines, tant avec son homologue, Nasser Bourita, qu'avec l'ambassadeur du Maroc en Belgique, Mohammed Ameur.

"Belges de soi-disant seconde catégorie"

Le ministre des Affaires étrangères et de la Défense a réfuté "catégoriquement" les accusations de double standard visant "des Belges de soi-disant seconde catégorie". "Ces accusations, je le dis clairement, sont indignes et sont le fruit au mieux d'un manque d'informations, au pire d'une mauvaise foi et d'un esprit de récupération politicienne communautariste peut-être, en tout cas de bien mauvais aloi en général et ici tout particulièrement", a-t-il dit.

"En aucun cas, nous ne faisons de discrimination vis-à-vis de ces personnes. En aucun cas! Pas de discrimination, pas de favoritisme, pas de tri, pas de choix dans les listes de rapatriement et jamais, mes services ni moi-même n'avons abandonné les particuliers binationaux dans tel ou tel pays", a assuré le chef de la diplomatie.

Au Burundi, une trentaine de passagers en instance de rapatriement par un Airbus A330 opéré par la Défense, principalement des Belgo-Burundais, ont été empêchés samedi d'embarquer au dernier moment par les autorités locales.

M. Goffin a indiqué avoir encore abordé la question lundi avec l'ambassadeur du Burundi à Bruxelles, Therence Ntahiraja.

Le député Samuel Cogolati (Ecolo) a pour sa part préconisé une révision de l'article 79 du code consulaire, qui selon lui discrimine les binationaux en retirant toute assistance consulaire à un Belge, dès lors que cette personne possède aussi la nationalité de l'État où il se trouve.

Sujet du 05/04/2020 - Burundi : pas de rapatriement pour les binationaux

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