Coronavirus : David Clarinval favorable à la fermeture partielle des frontières

Une fermeture stricte des frontières ne serait en revanche pas réalisable.
Une fermeture stricte des frontières ne serait en revanche pas réalisable. - © RTBF

La courbe des contaminations au coronavirus n’explose pas mais repart malgré tout à la hausse, en particulier dans la capitale. Toutefois, selon ce que déclarait l’épidémiologiste Marius Gilbert le 9 janvier dernier, la situation que connaît le pays actuellement ne mènerait pas indéniablement à une troisième vague. Un avis que ne partage pas Charlotte Martin, infectiologue au CHU Saint-Pierre : "Le chiffre des contaminations raugmente dans la population. Et je pense que c’est assez clair dans la tête de tout le monde que les admissions dans les hôpitaux n’augmentent que deux à trois semaines après. De notre côté, il n’a pas fallu très longtemps après la remontée des cas pour que nous ayons de nouvelles admissions quotidiennement alors que nous n’en avions quasiment plus. On reconnaît les signes et ça nous fait vraiment peur pour un début de troisième vague."

Plutôt que de déconseiller les voyages à l’étranger, ne faudrait-il pas alors fermer les frontières pour tenter de contenir la propagation du virus ? Sur cette question, les justifications diffèrent mais convergent toutes vers un même point : la fermeture pure et dure des frontières serait difficilement réalisable. "Les voyages ont toujours été un problème", assure Emmanuel André, microbiologiste de la KU Leuven. "Et on sait que cette volonté légitime d’aller s’échapper sera toujours présente pendant les vacances de Carnaval. Mais diminuer au strict minimum tout ce qui est mouvement est nécessaire. On n’a pas le choix et il faudrait déjà agir maintenant puisque l’on sait que des mesures comme celles-là mettent du temps à s’implémenter." Selon lui, les décisions trop laxistes du gouvernement n’ont fait que relancer systématiquement le phénomène épidémiologique.

David Clarinval, ministre fédéral des Indépendants et des PME, et Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et président du cdH ne croient pas non plus en une fermeture totale des frontières. "Se comporter de manière très égoïste (en voyageant, ndlr) alors que des commerçants sont fermés et que des infirmiers travaillent jour et nuit pose question", réagit le ministre fédéral. "Mais nous avons fermé les frontières lors du premier confinement, ce qui a engendré une série de problématiques, pour les zones frontalières par exemple. Il est clair que si nous fermons les frontières, il faut quand même permettre aux personnes qui travaillent de l’autre côté de la frontière, aux personnes qui ont de la famille ou des gardes partagées d’enfants de voyager. Il faut être prudent."

"Ne perdons pas de vue que si nous voulons permettre l’adhésion de la population aux mesures, il faut de la clarté dans les communications mais aussi que les mesures ne soient pas excessives", indique pour sa part Maxime Prévot. "Je n’ai pas la conviction que décréter une fermeture stricte des frontières soit réaliste, nonobstant toutes les exceptions qui existent. Premièrement, ne perdons pas de vue que pour les étrangers, c’est la Belgique qui est problématique. Deuxièmement, le fait d’être contraints de rester entre nos murs ne sera pas compatible avec le fait de ne pouvoir côtoyer qu’une personne. Cela donnera naissance à une explosion de prétextes pour ne pas respecter la règle et cela ne rendra pas service à la cause sanitaire."

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