Coronavirus : les syndicats dénoncent les abus de certains patrons

Coronavirus : les syndicats dénoncent les abus de certains patrons
Coronavirus : les syndicats dénoncent les abus de certains patrons - © JAN NAGELS - BELGA

Les mesures de restrictions touchent tous les Belges. Tous ou presque. Aujourd’hui, les syndicats dénoncent des dérives de la part de certaines entreprises et la situation de travailleurs qui chaque jour prennent des risques bien malgré eux.

Certains patrons sont irresponsables

Le président de la FGTB, Robert Vertenueil ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque les problèmes rencontrés dans les secteurs dits "cruciaux". Le gouvernement a en effet établi une liste de secteurs cruciaux et services essentiels, les entreprises relevant de ces catégories ont droit à une certaine souplesse, notamment vis-à-vis de l’obligation de recourir au télétravail ou pour les mesures de distanciation sociale.


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Mais voilà, pour la FGTB, certains abusent : "Dans la chimie par exemple, on a décrété que tout le secteur était essentiel. Mais est-ce que cela veut dire qu’on doit faire travailler des gens qui font des parfums, de la peinture, du plastique pour fabriquer des jouets […] Dans ces entreprises qui font partie du secteur de la chimie, les gens continuent de travailler sans être soumis aux mêmes règles restrictives qu’ailleurs et alors que ce n’est pas essentiel. Certains patrons sont irresponsables. On se fout de la santé des travailleurs et on joue avec le feu. C’est vraiment 'business is business'." 

Robert Vertenueil précise tout de même : "Certaines entreprises ont directement joué le jeu et mis leur personnel à l’abri, parfois en les payant à 100%, mais ce n’est pas le cas de toutes. On nous signale des problèmes dans le secteur de la chimie, la sidérurgie, la construction ou encore l’agroalimentaire."

Les syndicats ont tenté des négociations sur la question en commission paritaire, sans grand succès.

La santé des travailleurs passe avant la santé économique

A la CSC aussi on s’inquiète de ces abus, dans les entreprises qui relèvent des secteurs cruciaux, mais aussi dans des entreprises qui ne sont pas reprises dans la liste du gouvernement. A

urore Joly est permanente CSC à la centrale Batiments et Industrie, son téléphone n’arrête pas de sonner, avec au bout du fil des travailleurs inquiets : "Aujourd’hui, les intérêts économiques passent avant la santé des travailleurs. Beaucoup de travailleurs voient qu’on pointe du doigt les gens qui sont trop nombreux dans les parcs et eux doivent aller travailler alors qu’ils ne sont pas dans un secteur essentiel. Ces travailleurs sont inquiets et ils sont en colère. Ils veulent respecter les mesures mais ne peuvent pas parce que certaines entreprises non essentielles continuent de fonctionner normalement. Ils n’ont pas non plus les moyens de protection qu’ont d’autres entreprises jugées essentielles. Du coup, cela les met en danger et cela fait d’eux des vecteurs de la maladie."

La déléguée syndicale relate par exemple les témoignages de travailleurs auxquels on demande de se tenir à distance dans l’entreprise, mais qui doivent ensuite s’entasser dans le même véhicule pour aller sur chantier et conclu : "On vit des situations de panique pour les travailleurs. Or la santé des travailleurs doit passer avant la santé économique des entreprises !"

Face à ces situations, les syndicats le répètent, ils sont là pour faire remonter les problèmes aux employeurs et tenter de trouver les solutions. S’il le faut, ils rappellent aussi, un travailleur ne doit pas hésiter à dénoncer une situation dangereuse à la police qui peut alors intervenir et si besoin même faire fermer entreprise.

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