Brussels Airlines : un conseil d'entreprise extraordinaire mardi prochain pour y voir plus clair ?

Ce mardi, suite à la crise du coronavirus n'épargnant pas le secteur de l'aéronautique, nous apprenions que le conseil d’administration de Lufthansa avait décidé de réduire sa flotte et d’intensifier la restructuration chez Brussels Airlines, l'une des filiales du groupe. Lufthansa a dès lors indiqué mardi que les discussions allaient débuter avec les syndicats. Ce mercredi, les trois syndicats (chrétien, socialiste et la libéral), espèrent un conseil d’entreprise extraordinaire mardi prochain pour avoir davantage de clarifications. 

La porte-parole de Brussels Airlines n’ayant pas encore pu donner de détails notamment sur la réduction de la flotte, les syndicats ne cachent pas leur inquiétude. 

"Ils vont accélérer un plan social déguisé"

En février dernier, la direction de Brussels Airlines et deux des trois syndicats ont signé un pré-accord sur les départs volontaires pour le personnel au sol de la compagnie aérienne. Connu sous le nom de "plan Reboot", il prévoit d’atteindre 8 % de marge bénéficiaire d’ici 2022, entre autres par le biais d’une économie des coûts annuelle de plus de 160 millions d’euros.

Selon l’accord, les personnes s’en allant sur base volontaire pourraient recevoir entre 40 à 50 % de plus que le seuil légal. Ce personnel serait en outre accompagné dans la recherche d’un nouvel emploi. Une compensation est prévue pendant une certaine période si le salaire de l'employé vient à diminuer avec cette nouvelle fonction. Pour les personnes âgées de 58 ans au moins (quelques-unes dès 57 ans), le régime de prépension s’appliquerait.

Ce plan doit concerner quelque 800 membres du personnel au sol.

Seul à ne pas avoir signé ce pré-accord en février dernier, le syndicat chrétien (CNE - CSC) s’est opposé à ce règlement sur les départs volontaires qu’il a qualifié de "plan de licenciements collectifs déguisé" .

Après cette nouvelle annonce du conseil d'administration ce mardi, Didier Lebbe, permanent CSC, craint que la crise du coronavirus ne permette à la direction de Brussels Airlines de "rhabiller ce plan social" à sa guise. "Ils vont accélérer la restructuration qu’ils avaient prévu de faire en deux ans", explique-t-il. "On verra bien ce qu’ils vont annoncer mais ça ne sent pas très bon. Ça sent les licenciements de toute façon". Didier Lebbe souligne également la position difficile dans laquelle se trouve actuellement le personnel. Il est en effet, dans sa quasi-totalité, en chômage temporaire. Ce qui signifie également que l’annonce d’une grève n’aurait pour l’instant que peu d’effet de pression possible. "Les gens sont déjà au chômage économique pour l’instant. C’est déjà une situation assez pénible. Et en entendant toutes ces rumeurs et ces communiqués qui viennent d’Allemagne, le personnel se demande ce qui va se passer. Il faut qu’on ait de la clarté le plus vite possible sur l’avenir de cette entreprise à court, moyen et long terme". 

La direction n'a pas encore confirmé la tenue de ce possible conseil d'entreprise extraordinaire mardi prochain. 

Sujet du JT du 17/03/2020 - Suspension des vols Brussels Airlines jusqu'au 19 avril

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