Coronavirus : "Les médecins généralistes sont trop sous pression et nous ne sommes que le 14 septembre"

La tendance de l’épidémie de coronavirus est clairement à la hausse. Une situation qui n’est pas jugée alarmante à ce stade par les acteurs de terrain. Toutefois, il faut rester vigilant estime Leïla Belkhir, infectiologue aux cliniques universitaires Saint-Luc : "Ce samedi matin, j’avais un seul patient dans mon unité covid et ce lundi j’en avais 8. Ce week-end, il y a donc eu 7 admissions. Il ne faut pas que nous ayons 7 admissions tous les jours. Il faut tout faire pour que la situation reste contrôlable."

Un sentiment partagé par Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB. "Pour l’instant, le taux de positivité (l’un indicateur qui permet de mesurer la fréquence de l’infection dans la population) est stable, autour des 3%. Il ne doit pas dépasser les 5%. Ce taux est aussi proportionnel au nombre de tests que nous effectuons, mais il risque d’augmenter à l’avenir, car le taux de reproduction qui est actuellement supérieur à 1. Cela signifie que l’épidémie reprend en dynamique, puisqu’une personne infectée transmet le virus à plus d’une personne en moyenne".

Si l’épidémie reprend de la vigueur, la prise en charge des patients s’est par contre améliorée, souligne Leïla Belkhir : "Les patients que l'on traite se portent plus vite mieux, et vont moins en soins intensifs".

Risque de reconfinement ?

Alors, ces chiffres à la hausse sont-ils le signe avant-coureur d’un reconfinement dans les prochaines semaines ? Yves Coppieters ne le pense pas. Si reconfinement il y a, il sera localisé. Par contre, il déplore un vrai problème avec le testing. "On constate un engorgement important dans ce testing. Il faut mettre en place un testing différencié, avec un accès direct pour les gens symptomatiques ou pour personnes qui ont eu un contact direct avec un malade, ainsi qu’un autre testing pour les personnes qui reviennent de zones rouges. Et pour tous ces tests, les délais de réponses doivent absolument être réduits".

Leîla Belkhir pointe également du doigt ce problème de testing.

"Les médecins généralistes sont trop sous pression, alors que nous ne sommes que le 14 septembre, et que tous les virus respiratoires ne se sont pas encore déclarés. Ils sont déjà noyés, et donc clairement, il faut faciliter l’accès au testing pour soulager ces acteurs de première ligne. Le vrai danger est que cette première ligne ne soit débordée, et il se trouve qu’elle l’est déjà dans certaines villes, dans certaines zones".

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