Coronavirus: pourquoi les crèches restent ouvertes alors que les cours sont suspendus?

En ce lendemain de l’annonce de mesures inédites afin de limiter la propagation du virus du Covid-19 en Belgique, Sophie Wilmès a répondu aux questions de Thomas Gadisseux et François Heureux sur La Première. Avec une question qui brûlait les lèvres de tout le monde : pourquoi les crèches restent ouvertes alors que les cours sont suspendus dans les écoles ?

"Derrière toute décision qui est prise, ce sont d’abord des scientifiques qui nous font des propositions. Ces propositions se basent sur des études de terrain, l’évolution de la propagation du virus, mais aussi la meilleure manière de limiter la propagation du virus. Et à ce moment-là ils prennent en compte différents facteurs, par exemple le nombre de personnes qui se réunissent au même endroit, la fréquence des réunions, le mix d’âge, si l’endroit est isolé ou pas. C’est toute une série d’éléments qui prévalent à la décision."

"Et donc, cette différence entre crèche et école, c’est parce qu’il ne s’agit pas du même public. Les crèches sont des endroits plus petits, avec des enfants en bas âges qui sont extrêmement contagieux mais ne développent pas de complications à la maladie. Comme ce sont des silos assez restreints, eh bien on peut les garder ouverts. Une autre raison est que l’école est obligatoire, donc si vous ne voulez pas mettre votre enfant à l’école alors qu'il n'est pas malade, vous n’en avez pas le droit. Mais ça reste possible dans une crèche."

Cours suspendus mais écoles toujours ouvertes

Une autre précision importante à pointer dans la série de mesures de limitation de propagation du virus : les cours sont suspendus mais les écoles ne sont pas fermées : c'est-à-dire que les établissements restent ouverts pour la possibilité de proposer des services d'accueil pour les enfants de parents qui ne trouvent aucune solution de garde. Les professeurs ne sont donc pas en congé, ils seront payés et pourront assurer ces garderies.

"Les écoles ne sont pas fermées, insiste la Première ministre, elles sont ouvertes pour les parents qui sont vraiment dans l’impossibilité de garder leurs enfants, avec une priorité pour les parents qui travaillent dans les soins de santé. On ne parle pas techniquement de fermeture d’école, mais de suspension de cours."

Et de rajouter, alors que la mesure de fermeture d'école a créé quelques tensions entre Flamands et Francophones ce jeudi soir, en Conseil national de Sécurité : "Et la Flandre, ainsi que la FWB, appliqueront cette mesure."

Y aura-t-il une liste des professions concernées par cette garderie ?

Un soutien financier pour les parents qui restent à la maison ?

Un peu plus tôt dans la matinale de La Première, le directeur de la Ligue des Familles, Christophe Cocu a interpellé le Fédéral : "Qu'il puisse prendre la décision de soutenir financièrement les familles qui restent à la maison, comme ils le font en France ou en Espagne, c'est évidemment un système qui n'existe pas et qui est à mettre en place."

La Première ministre ne parle pas d'une mesure concrète par rapport à cette situation spéciale, mais n'exclut pas sa création dans le futur, si besoin. "A l'instar de toute autre mesure qui sera prise, tout est à l'étude. Je rappelle la priorité de notre action : veiller au maintien et à la santé de notre population, donc aussi des travailleurs et indépendants. Derrière ça, on sait qu'il y a une difficulté objective de faire garder des enfants de moins de 14 ans quand ils ne sont pas à l'école. Il y a déjà une série de mesures socio-économiques qui sont déjà prises, et elles vont pouvoir être adaptées, il n'est pas exclu que l'on puisse rajouter une série de mesures en fonction de la réalité de terrain."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK