Grève à la stib : soutenus par leurs homologues français, les chauffeurs mécontents invitent la ministre de la Mobilité à agir

Coronavirus: le réseau des bus toujours perturbé à Bruxelles vendredi matin
Coronavirus: le réseau des bus toujours perturbé à Bruxelles vendredi matin - © Tous droits réservés

Le réseau bus de la Stib est encore perturbé ce vendredi par une action du personnel, en dépit d'un projet d'accord entre la direction et les syndicats de la société de transport public dégagé la veille. Comme les jours précédents, le métro circule normalement. La reprise s'affichait à un taux de 77% sur le réseau tram et de 35% sur le réseau bus.

La direction et les représentants syndicaux de la Stib se sont accordés, jeudi après-midi, sur des dispositions complémentaires dans le contexte de la gestion de l'impact de la pandémie de Covid-19 au quotidien sur le réseau de transport en commun de la capitale. Mais aucune des parties n'avait signé le texte, l'accord ne devait être concrétisé qu'en cas de reprise du travail, selon la direction.

Lettre ouverte aux ministres

Les chauffeurs de bus et de trams de la Stib qui mènent des actions depuis le début de la semaine interpellent vendredi la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) et son ministre-président Rudi Vervoort (PS) au sujet des mesures de prévention appliquées dans un contexte de pandémie au sein de leur entreprise. Dans une lettre ouverte qui revendique plus de 500 signataires, ils demandent à rencontrer les responsables politiques.

"Qu'attendez-vous pour exiger de la Stib qu'elle nous accorde enfin ces mesures de prévention pour préserver notre santé, celle de notre famille et celle des voyageurs?", interpellent les chauffeurs dans une lettre relayée par Oliver Rittweger de Moor, membre du conseil d'entreprise et du CPPT (comité pour la prévention et la protection au travail) de la Stib.

"Nous ne voulons pas conduire un bus ou un tram plein à craquer, sans la moindre distanciation sociale, ce qui pourrait nous contaminer ou contaminer les voyageurs", stipulent les signataires. Ils notent encore "trop de voyageurs sans masque, et pas assez de contrôles sur le réseau pour faire respecter cette obligation, ainsi que la distanciation sociale". Ils demandent en outre une "paroi hermétique en plexiglas dès que possible".

M. Rittweger de Moor indique en outre qu'une délégation des chauffeurs et conducteurs souhaite rencontrer la ministre et le ministre-président au plus vite.

Vendredi matin, le réseau de bus était à nouveau perturbé, en dépit d'un projet d'accord entre la direction et les syndicats de la société de transport public dégagé la veille. La direction et les représentants syndicaux s'étaient accordés, jeudi après-midi, sur des dispositions complémentaires dans le contexte de la gestion de l'impact de la pandémie de Covid-19 au quotidien sur le réseau de transport en commun de la capitale. Mais aucune des parties n'avait signé le texte. L'accord ne devait être concrétisé qu'en cas de reprise du travail, selon la direction.

Un soutien venu de France

C’est un soutien de poids que reçoivent les chauffeurs et conducteurs de la STIB en grève depuis lundi. Dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, des dizaines de travailleurs de différents services de transports en commun français (RATP et SNCF notamment) expriment leur solidarité au personnel gréviste de la STIB.

Originaires de Paris, Mulhouse, Nantes, Lyon ou encore Toulouse, les intervenants de la vidéo félicitent les chauffeurs bruxellois qui font "usage de leur droit de retrait".

"Abandonnés par leur direction syndicale, ils ont fait preuve d’une solidarité exceptionnelle", dit par exemple un travailleur de la SNCF. Un conducteur de la RATP les encourage à continuer - "ne lâchez rien" - tandis qu'un lyonnais ajoute : "on vous regarde, les camarades de Belgique".

La vidéo de soutien et de solidarité s’achève par un slogan : "Nos vies, pas leurs profits".

La distanciation sociale est-elle repectée à la STIB ? (JT du 13/05/2020)