Coronavirus : le PS présente 125 mesures pour sortir de la crise

Paul Magnette
Paul Magnette - © THIERRY ROGE - BELGA

Le président du PS Paul Magnette a présenté ce mardi un plan de sortie de crise en quatre phases "jusqu'à l'après corona", y compris dans le long terme. Le Parti socialiste y a travaillé activement depuis plusieurs semaines en interne, mais aussi en consultant des services et experts extérieurs.

Au gré des phases de l'urgence et des "trois R" (Reprise, Relance, et Redéploiement), le plan repose sur 125 mesures qui définissent principalement les responsabilités des niveaux de pouvoir européen, fédéral et des entités fédérées autour d'une priorité absolue: l'urgence sanitaire.

"L'urgence est et doit rester sanitaire à travers le strict respect des règles de confinement qui permettent de contenir l'épidémie et le soutien au personnel soignant qui fait un travail surhumain à l'égard des malades. Elle doit aussi être celle de demain et d'après-demain", a dit d'emblée le président du PS à l'occasion d'une conférence de presse organisée en vidéoconférence.

En faisant connaître le fruit de son travail évolutif, le PS entend fournir, sans vouloir de précipitation, sa contribution à un vaste débat démocratique dans le contexte de son appui extérieur au gouvernement fédéral minoritaire.

"Nous croyons qu'après la crise que nous connaissons, ce serait une faute politique d'en revenir à un business as usual", juge Paul Magnette.

De son propre aveu, de nombreuses mesures proposées ne sont pas neuves dans le chef des socialistes. Mais elles reposent sur plusieurs constats tirés de la crise: le rôle fondamental de la solidarité, traduit par l'action de la sécurité sociale dans les soins de santé et le sauvetage d'emplois; l'utilité sociale d'une série de fonctions dans les soins de santé, l'entretien et la logistique; le caractère inadéquat des règles budgétaires européennes, les fragilités dans le système socio-économique actuel; ou encore le rôle de la puissance publique sans parler de la révélation de la grande vulnérabilité de certains publics.

D'après le président du PS, la crise a également mis en lumière l'existence d'un "capital social et moral extraordinaire". En atteste la mobilisation tous azimuts pour fabriquer des masques et combler le manque de matériel médical.


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Au-delà de la phase d'urgence faudra viser "un retour progressif à la normale avec la plus grande prudence", a dit Paul Magnette. Durant la reprise, les mesures sanitaires continuent d'occuper la plus grande place, à côté de celles destinées à soutenir le pouvoir d'achat et plusieurs secteurs de l'économie.

A l'en croire, c'est en phase trois - la Relance -, qu'il importera d'amorcer une transition vers un autre modèle économique et de vie société. Pour cela, l'Europe devra revoir toutes ses règles budgétaires et élargir ses ressources propres notamment via la lutte contre la fraude fiscale et l'évasion, ainsi que via la taxation des GAFA. Elle devra amplifier le Green deal.

Le fédéral devra quant à lui garantir le financement pérenne des soins de santé, de l'ensemble de la sécurité sociale et des services publics et exécuter un plan de relance avec des investissements massifs visant la transition.

Les entités fédérées devront accompagner les entreprises vers la transition et la relocalisation de certaines activités en Belgique et en Europe dans le médical et l'agro-alimentaire, sans oublier de soutenir les services publics et le non-marchand pour rendre la société plus résiliente.

Durant la phase de redéploiement, le PS estime que l'Europe devra mettre en place une véritable union fiscale et sociale et se doter d'un Trésor pour réagir aux crises et renforcer la cohésion territoriale. Elle devra mettre en oeuvre une politique industrielle de relocalisation de la production.

L'État fédéral devra revaloriser les secteurs à haute utilité sociale, réviser le modèle socio- économique pour atteindre les objectifs climatiques de l'UE et renforcer la cohésion sociale. Il devra s'atteler à définir un cadre budgétaire à l'horizon 2030.