Coronavirus : le gouvernement impose le télétravail partout où c'est possible

Coronavirus : le gouvernement impose le télétravail partout où c'est possible
Coronavirus : le gouvernement impose le télétravail partout où c'est possible - © Tous droits réservés

Parmi les mesures prises à l’issue du comité de concertation qui s’est réuni ce vendredi, l’obligation de recourir au au télétravail figure en bonne place.  C’est l’une des solutions mises en avant par les autorités pour tenter d’enrayer la progression du Coronavirus.  Désormais, les entreprises sont obligées de généraliser le télétravail partout où c’est envisageable.  Cette mesure, comme toutes celles prises aujourd'hui en comité de concertation poursuit, entre autres, un objectif : "que les entreprises continuent à tourner", comme l'a expliqué le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (SP-A). 

Jusqu’ici fortement préconisé, il devient obligatoire

La semaine dernière, à l’issue du comité de concertation, le ministre de la Santé , Frank Vandenbroucke avait déjà fortement préconisé le télétravail.  Ce jour-là, le ministre avait expliqué que ce n’était pas parce que les entreprises n’étaient pas des lieux sûrs que le travail à domicile était recommandé. C’était surtout pour limiter le nombre de gens présents sur les routes, et surtout dans les transports en commun aux heures de pointe. 

Aujourd’hui, rien n’indique que les entreprises soient des lieux où les foyers infectieux se développent.  Lorsqu’il y en a, ce sont souvent des cas particuliers, comme ce fut le cas lors du développement d’un foyer de contamination dans un abattoir de Flandre occidentale en août dernier.   Aujourd’hui, ce que veut le Comité de concertation, c’est limiter les fortes concentrations de personnes en certains endroits, comme les transports en commun.

Ce qui est prévu par le comité de concertation

Parce que la situation est "grave", selon les critères du baromètre adopté en Comité de concertation, toute une série de mesures s'imposent. C'est le cas du télétravail qui devient obligatoire pour les fonctions qui le permettent et dans le respect de la continuité de la gestion des entreprises et organisations, services et activités. "Le télétravail sera la règle. Cela veut dire aussi que des gens devront aller régulièrement au bureau", a jouté le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Pour les fonctions où le télétravail est impossible à mettre en oeuvre, il faudra que les entreprises fassent le nécessaire pour que les personnes travaillent en sécurité, a expliqué le Premier ministre, Alexander De Croo.   

Le ministre de la  Santé a aussi confirmé cette obligation de recourir au télétravail là où c'est possible "ce n'est pas parce qu'il y a un manque de sécurité au travail", mais bien "parce qu'on veut avoir moins de trafic", moins de navetteurs, et donc moins de contacts entre personnes et moins d'opportunités pour le virus de se propager. 

La nouvelle réjouira modérément les entreprises.  Au mois de mars, lors du confinement, le télétravail avait été rendu obligatoire dans tous les secteurs sauf lorsque la présence des travailleurs sur le site était absolument nécessaire. Seuls les secteurs considérés comme "essentiels" avaient pu déroger à la règle du télétravail obligatoire. 

Après le confinement, les entreprises avaient progressivement rappelé les travailleurs à revenir prester leurs heures dans les murs de l’entreprise. Souvent, un nombre minimum de jours à prester au sein de l’entreprise a été prévu, par exemple deux jours par semaine.  Dans ces cas-là, on met en avant la nécessité pour l’entreprise d’avoir des travailleurs "en présentiel", pour la bonne organisation de la société et pour la cohésion au sein des équipes, par exemple.  Le retour à la généralisation du télétravail n’était donc pas forcément le scénario idéal pour le patronat qui devra donc revenir en arrière sur les évolutions des derniers mois et recommencer à fonctionner avec, dans certains secteurs et certains services, une part importante du personnel en télétravail. 

Déjà, ces derniers jours, les entreprises ont commencé à sentir le vent tourner. Plusieurs d’entre-elles, dont de très grandes entreprises ayant une forte proportion d’employés effectuant des tâches de bureau se sont préparées à ce retour en force du télétravail, tel que demandé aujourd’hui suite au Comité de concertation.  Des grandes administrations publiques, comme le SPF Finances, le secteur bancaire, les assurances, et bien d’autres ont déjà laissé une grande partie de leur personnel travailler beaucoup plus à la maison.  Les bureaux et open-spaces sont déjà clairsemés. Parfois, moins d’un tiers ou moins d’un quart des effectifs sont présents dans les murs de l’entreprise.  Ces bureaux seront donc encore un peu plus vides, dès lundi.

Le télétravail populaire au sein des travailleurs

Une récente enquête de la KUL, HR Acerta et HR Square a confirmé un certain succès du télétravail auprès des travailleurs.   Le travail à domicile serait aujourd’hui 50% plus populaire qu’avant l’épidémie de Coronavirus. Et actuellement, plus de 40% des travailleurs qui ont expérimenté le télétravail lors du confinement continuent à travailler une partie de leur temps de chez eux.

L’une des difficultés du recours massif au télétravail tel qu’il se présente actuellement est liée à l’encadrement.  Pour certains travailleurs qui avaient déjà recours au télétravail avant la crise du Coronavirus, il y avait déjà un cadre régissant le télétravail, un accord fixant les limites, l’intervention de l’employeur dans les frais, etc.  Pour ceux qui ont découvert le télétravail par la force des choses, tout est plus flou.  Les partenaires sociaux sont d’ailleurs occupés à se pencher sur la question. 

Une autre difficulté, est le risque d’isolement du travailleur.  A la longue, les travailleurs pourraient être moins impliqués dans le fonctionnement de l’entreprise.  Moins visibles, car à distance, ils pourraient aussi avoir moins de valeur pour leur employeur.  

Aujourd'hui, quelles que soient les considérations sur l'intérêt ou les risques du télétravail, celui-ci est une obligation pour tous ceux qui en ont la possibilité.  

 

 

 

 

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