Coronavirus : le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, n'a pas encore digéré la levée de l'interdiction de la prostitution par le Conseil d'Etat

Coronavirus : le bourgmestre Philippe Close n’a pas encore digéré la levée de l’interdiction de la prostitution par le Conseil d’Etat
Coronavirus : le bourgmestre Philippe Close n’a pas encore digéré la levée de l’interdiction de la prostitution par le Conseil d’Etat - © THIERRY ROGE - BELGA

Si l’on en croit ses propos, lundi soir lors du conseil communal de la Ville de Bruxelles, le bourgmestre Philippe Close n’a pas encore digéré la levée par le Conseil d’Etat de l’ordonnance interdisant la prostitution de rue en raison de la pandémie de Covid-19.

Le Conseil d’Etat a suspendu, il y a une dizaine de jours l’ordonnance du bourgmestre de la Ville de Bruxelles du 28 septembre dernier interdisant, pour une durée indéterminée, la prostitution sur le territoire de la Ville de Bruxelles en raison de l’épidémie de Covid-19.

La Haute instance juge qu’une telle mesure est contraire à l’article 121 de la Nouvelle loi communale et qu’elle ne relève pas de la compétence des autorités locales.

"Je croyais qu’il était question de salubrité. J’avoue ne pas comprendre qu’il est interdit de boire un verre à une terrasse, mais que la prostitution n’est pas un problème", a-t-il dit, répondant à une question de Céline Vivier (MR).

Le bourgmestre a concédé qu’il s’agissait d’une "problématique très complexe dont je n’ai jamais caché qu’elle posait un problème". Teintée de misère, de traite des êtres humains, elle est alimentée par des propriétaires qui font tout pour en vivre "et qui nous mentent lorsque nous allons à leur rencontre", a-t-il ajouté.

Dans l’opposition, Céline Vivier a estimé qu’interdire la prostitution ne résoudrait pas le problème, encore moins en agissant en cavalier seul. L’élue MR a demandé un meilleur encadrement du phénomène.

De son côté, une fois n’est pas coutume, Mathias Vanden Borre (N-VA) a dit se retrouver dans l’incompréhension du bourgmestre. Il lui a demandé d’intercéder auprès du ministre-président Rudi Vervoort (PS) pour que celui-ci active une prise en charge de la problématique à l’échelon régional.

La réaction d'UTSOPI

Ce lundi, le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, a déclaré " ne pas comprendre qu'il est interdit de boire un verre à une terrasse, mais que la prostitution n'est pas un problème ". Il y a quelques semaines, Philippe Close avait pris une ordonnance – suspendue par le Conseil d'Etat -  interdisant la prostitution sur le territoire de la Ville de Bruxelles.

A UTSOPI, nous ne sommes pas des irresponsables. La priorité, c'est évidemment la situation sanitaire. Mais interdire la prostitution pour lutter contre le coronavirus, sans se préoccuper du sort des TDS qui seront privé.e.s de leur gagne-pain - comme le fait Philippe Close -  ce n'est pas la solution. C'est même contre-productif car pour survivre, beaucoup de travailleu-r-ses (TDS) n'auront d'autre choix que de travailler dans la clandestinité, ce qui va aggraver la situation sanitaire, à la fois pour les TDS et pour leurs clients.

L'urgence sanitaire est telle qu’UTSOPI ne souhaite pas polémiquer avec le bourgmestre Close. Nous lui tendons la main avec un message clair : dialoguons de façon constructive et sans tabou, afin d'empêcher des drames humains, sanitaires et sociaux encore plus graves que lors de la première vague du coronavirus.

Nous lançons un appel à Philippe Close : Monsieur le bourgmestre, il est de votre devoir de trouver des solutions pour aider ces TDS qui font de la corde raide. Prenez vos responsabilités. UTSOPI est demandeur d'une vraie concertation avec les décideurs qui ne peuvent abandonner personne au bord de la route.

 

Bruxelles, interdiction de la prostitution de rue: sujet JT du 29/09/2020

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