Coronavirus : la Wallonie lance trois nouveaux mécanismes de soutien aux indépendants et aux PME

Le gouvernement wallon a décidé, ce jeudi, de nouvelles mesures de solidarité vis-à-vis des entreprises encore impactées par les conséquences de la crise sanitaire. Un mécanisme de résilience, un mécanisme de sauvegarde et un mécanisme B2B pour les fournisseurs indirects des restaurants et des cafés seront mis en place, a annoncé le ministre wallon de l'Economie, Willy Borsus.

"Un pas dans la bonne direction" mais qui reste insuffisant, a réagi l'opposition PTB et cdH.

"Depuis le mois de mars 2020, nous avons mis en place 16 indemnités en faveur des indépendants, des entreprises et des ASBL qui subissent les conséquences de la crise. Cela représente plus de 245.000 dossiers introduits. Pour certains secteurs, la relance est en marche. Pour d'autres, les perspectives de reprise ne sont pas encore au rendez-vous. C'est pourquoi nous devons les soutenir dans cette dernière ligne droite", a de son côté souligné Willy Borsus dans un communiqué.

Concrètement,  trois nouveaux dispositifs de soutien vont voir le jour

Un mécanisme de résilience, tout d'abord. Il aura pour objectif de soutenir davantage les secteurs les plus sévèrement touchés depuis le début de la crise. Il s'adressera ainsi aux indépendants (à titre principal) et aux PME qui ont perdu globalement au minimum 60% de leur chiffre d'affaires sur la période s'étalant du 2e trimestre 2020 au 1er trimestre 2021 inclus et qui sont actifs dans les secteurs qui ont été fermés le plus longtemps depuis le mois de mars 2020 ou dont l'activité est liée à l'interdiction de voyage à l'étranger. 

Ils se verront octroyer une indemnité représentant 15% du chiffre d'affaires de la période s'étalant du 1er trimestre 2019 au 4e trimestre 2019, des plafonds - pouvant aller jusqu'à 300.000 euros - étant déterminés en fonction de l'importance de la perte de chiffre d'affaires et de la taille de l'entreprise calculée en équivalents temps plein. A noter que, du montant calculé pour ce mécanisme, sont déduites les primes wallonnes déjà perçues.

Parallèlement, un mécanisme de sauvegarde a également été décidé pour les indépendants (à titre principal) et les PME dans les secteurs B2C encore fermés au 1er mai 2021, et  qui déclarent avoir perdu au moins 50% de leur chiffre d'affaires sur le 2e trimestre 2021 par rapport au même trimestre de l'année 2019 en raison des mesures sanitaires. Une indemnité forfaitaire pouvant aller jusqu'à 24.000 euros pour les dancings est notamment annoncée.

Enfin, certains fournisseurs indirects actifs en B2B dans le secteur des restaurants et des cafés n'étaient pas éligibles à l'indemnité destinée au B2B annoncée en mars dernier. Pour eux, le gouvernement wallon a décidé d'étendre cette mesure aux Indépendants (à titre principal) et aux PME ayant perdu 50% de leur chiffre d'affaires sur le 2e, 3e ou 4e trimestre 2020 ou sur le 1er trimestre 2021 par rapport au trimestre correspondant de l'année 2019. Une indemnité représentant 15% du chiffre d'affaires 2019 pour chaque trimestre éligible leur sera accordée, les plafonds - pouvant atteindre 50.000 euros - étant là aussi déterminés en fonction de l'importance de la perte de chiffre d'affaires et de la taille de l'entreprise calculée en équivalents temps plein.

Réactions de l'opposition

Dans l'opposition, le PTB a réagi à ce nouveau train d'aides grâce auquel "on va en partie rattraper le niveau d'aide du nord du pays".

"Il y a quelques semaines, on avait déposé un décret pour demander une aide à hauteur de 15% du chiffre d'affaires de l'année 2019. L'idée, c'était de rattraper le niveau d'aide plus élevé de la Flandre. Aujourd'hui, le ministre Borsus annonce la même mesure. Pour nous, c'est une victoire pour les indépendants en Wallonie ou au moins un pas dans la bonne direction", a pointé le chef de groupe de l'extrême gauche au parlement wallon, Germain Mugemangango.

"Mais on a quand même des réserves parce que le dispositif ne prévoit d'aider que les entreprises qui ont subi une perte supérieure à 60% de leur chiffre d'affaires. Cette condition exclut un grand nombre d'entreprises qui n'ont pu profiter que des mois juillet/août quand l'activité a pu reprendre", a-t-il encore regretté.

"C'est un pas dans la bonne direction mais qui souffre toujours des mêmes travers que les autres aides accordées par la région", a pour sa part estimé François Desquesnes, le chef de groupe du cdH au parlement régional.

"Le gouvernement s'obstine à lier son soutien au lien avec des secteurs fermés. Or, il y a des impacts indirects. Un magasin situé dans une gare ou dans un hôpital, par exemple, subit une perte de chiffre d'affaires même s'il est ouvert. Ces entreprises-là ne sont pas aidées", a poursuivi le député humaniste en appelant ce que les aides soient octroyées automatiquement en cas de baisse du chiffre d'affaires, peu importe le secteur.

"Ce que nous voyons aussi, c'est que le montant des aides reste largement en dessous de ce qui est prévu au nord du pays", a-t-il enfin déploré.

Plan de relance en Wallonie: JT 26/05/2021

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