Coronavirus: "la santé prime sur le dérapage budgétaire", estime David Clarinval (MR)

Le coronavirus s’inviterait-il à la table des négociations au fédéral ? L’épidémie pourrait en effet accélérer les discussions, puisque des mesures devront être prises. De quoi poser à nouveau la question du budget, qui est déjà en plein dérapage, avec 12 milliards d’euros à trouver. L’impact du coronavirus sera forcément important, notamment pour la croissance du pays. "L’OCDE vient de chiffrer la diminution potentielle de la croissance mondiale à 0,5%, à 0,3% pour l’Europe, précisait ce mardi matin le ministre fédéral du Budget David Clarinval au micro de la Première. Il est possible tout simplement que les recettes de l’Etat diminuent." Une diminution qui représenterait plusieurs centaines de millions d’euros.


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Idem pour les entreprises, qui ne peuvent plus importer de produits de Chine ou qui n’ont plus de clients : pour elles, le gouvernement devra prendre "des mesures de soutien", affirme David Clarinval. Il explique qu’un groupe de travail est mis en place avec Denis Ducarme (MR), le ministre des PME et des indépendants, et Nathalie Muylle (CD&V), la ministre de l’Emploi. "Plusieurs mesures sont possibles : des reports de crédit, de paiement de TVA au niveau fédéral, par exemple, propose David Clarinval. On peut aussi apporter de la trésorerie pour des entreprises qui auraient des difficultés temporaires." A l’inverse, le ministre rappelle qu’il faudra être prêt à "rebondir" lorsque la crise sera passée.

J’en appelle à la responsabilité des partis politiques

Mais au-delà de la santé financière du pays, c’est la santé de ses citoyens qui doit être assurée, selon le ministre. Quitte à creuser un peu plus le déficit ? "La santé prime sur le dérapage budgétaire et donc s’il faut acheter des masques en plus, s’il faut mettre des mesures pour protéger nos citoyens, nous le ferons", assure David Clarinval. La question est d’autant plus cruciale que l’on doit voter bientôt le prochain budget d’urgence, les fameux douzièmes provisoires qui sont renouvelés tous les trois mois. "J’en appelle à la responsabilité des partis politiques, affirme le ministre. La situation est difficile, ce n’est pas le moment de venir avec des initiatives qui pourraient alourdir les dépenses publiques."


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Est-ce à dire qu'il va y avoir du chantage sur la question du budget, concernant certaines mesures ? "L’expérience démontre que ces derniers mois, on peut voter, sous le coup de l’émotion ou sous la pression de partis extrémistes comme le Vlaams Belang ou le PTB, des textes qui ne sont pas bien réfléchis ou très coûteux pour l’Etat", pointe David Clarinval. Comme l’amendement "blouses blanches" du PTB, pour soutenir le personnel hospitalier, qui a débouché sur une proposition votée en novembre dernier ? "Aujourd’hui, les 400 millions sont toujours sur le compte de Maribel social, le gouvernement n’a pas trouvé les moyens de les débloquer, rétorque le ministre du Budget. Il faut distinguer l’émotion et la rationalité." Une décision qui paraît sage, à l’heure de l’anxiété autour du Covid-19.

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