Coronavirus: la polémique monte en Flandre autour des garderies dans les écoles

Coronavirus: la polémique monte en Flandre autour des garderies dans les écoles
Coronavirus: la polémique monte en Flandre autour des garderies dans les écoles - © HATIM KAGHAT - BELGA

A dix jours de la reprise progressive des classes, la question de l'organisation des garderies donnait lieu mardi à une certaine polémique en Flandre. Le coup d'envoi de cette agitation trouve son origine dans une déclaration du patron de l'enseignement catholique en Flandre mardi matin.

Dans les journaux du groupe Mediahuis, Lieven Boeven affirmait en effet que les écoles flamandes seront dans l'incapacité d'à nouveau organiser des cours, de faire appliquer les normes sanitaires et de distanciation, et d'en même temps assurer l'accueil en garderies d'un nombre toujours plus important d'enfants, leurs parents étant appelés à retrouver le chemin de leur entreprise dans le cadre de la stratégie de déconfinement.

"Il faudra trouver d'autres solutions. Il va falloir regarder vers tous les acteurs de la société, et également vers les entreprises", plaidait M. Boeven. Un constat vite partagé par Raymonda Verdyck, l'administratrice générale de l'enseignement officiel flamand (GO! ), estimant elle aussi qu'on en demandait trop aux écoles, chargées au surplus d'organiser le travail à distance des milliers d'autres élèves encore confinés.

Et les communes ?

Montré du doigt, le monde entrepreneurial, par la voix de Pieter Timmermans (FEB), s'est dit ouvert à la discussion d'une implication plus grande des entreprises, tout en soulignant que toutes ne disposaient pas des infrastructures nécessaires à pareil accueil.

Mais, regroupés au sein du VOKA, les patrons flamands sont rapidement apparus beaucoup moins enthousiastes à cette perspective, renvoyant plutôt la patate chaude vers les communes.

Selon le VOKA, celles-ci disposent en effet d'une expérience en matière d'accueil extra-scolaire (par leurs activités durant les vacances notamment) ainsi que des infrastructures nécessaires (salles de fête, infrastructures sportives, centres culturels, ...).

Tout en reconnaissant la charge organisationnelle imposée aux écoles, les patrons flamands estiment toutefois que le secteur de l'enseignement pourrait néanmoins en faire davantage pour l'organisation de ces garderies, notamment en mobilisant le personnel à l'oeuvre dans les fédérations de pouvoirs organisateurs, dans les secrétariats d'écoles, ainsi que les accompagnateurs de bus, ou encore le personnel des centres psycho-médicaux-sociaux (PMS).


►►► Retrouvez tout notre dossier sur le coronavirus


Sans surprise, cet émoi autour des garderies n'a pas tardé à gagner le monde politique, le CD&V estimant mardi après-midi qu'il serait bon que le Conseil national de sécurité (CNS) permette à l'avenir à deux familles de garder réciproquement leurs enfants en alternance. Pendant qu'un des deux couples s'occuperait de tous les enfants un jour, l'autre couple irait travailler. Avant d'inverser les rôles le jour suivant.

Vu du sud du pays, la polémique flamande sur un rôle accru des entreprises dans la garde des enfants semblait en tout cas fort éloignée.

Pas le même avis côté francophone

Contacté mardi, la fédération de l'enseignement catholique francophone (SeGEC) disait ne pas partager l'avis de son homologue flamand.

"L'organisation de garderie n'est pas quelque chose de simple au regard des contraintes sanitaires", faisait valoir son porte-parole.

"De plus, en assouplissant l'organisation du travail et en permettant le télétravail, il y a déjà une souplesse qui est offerte par les entreprises", selon le SeGEC.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK