Coronavirus : "Il y a urgence économique, mais il y a une priorité sanitaire", pour le ministre des Finances Alexander De Croo

Alexander De Croo, le 27 mars 2020 à Bruxelles
Alexander De Croo, le 27 mars 2020 à Bruxelles - © POOL OLIVIER HOSLET - BELGA

Le vice-Premier ministre et ministre fédéral des Finances Alexander De Croo (Open Vld) était l’invité de Matin Première. Est-ce que le gouvernement a les moyens d’éviter une épidémie de faillites ? Le libéral flamand a tenu à rassurer sur l’engagement de l’État fédéral.

Coups de pouce de l’Etat

Premièrement concernant les banques. S’engagent-elle à accompagner les PME dans ces moments difficiles ? Pour le ministre des Finances, un accord avec les banques concernant volets a été conclu la semaine dernière. Premier volet : mise en place d’un moratoire. Cela concerne les prêts actuels. "Les particuliers et les entreprises qui ont un prêt hypothécaire et qui sont impactés par la crise (par exemple mise en chômage technique, des indépendants qui ont dû fermer ou qui ont vu leur revenu baisser) peuvent demander à leurs banques un moratoire de six mois. Les paiements reprendront donc après 6 mois" explique Alexander De Croo. Le deuxième volet (dit "le bazooka", pour Alexander De Croo), est la garantie d’un prêt de l’Etat. 50 milliards de nouveaux prêts (prêts de liquidités sur 12 mois) sont garantis par l’Etat pour aider les entreprises à passer le cap. Pour le ministre, ce prêt est valable pour toutes les entreprises qui étaient en bonne santé avant la crise.


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Pour ce qui concerne les start-up, des mesures additionnelles sont en cours de réflexion (ça passe moins par les banques).

Pourra-t-on reporter ses emprunts hypothécaires ? En ce qui concerne ces reports, Alexander De Croo assure que le gouvernement veut aider les personnes dans une situation difficile. Cependant, il y a trois critères à prendre en compte. Premièrement, cela doit concerner le domicile principal. Deuxièmement, il faut que la crise du coronavirus ait eu un impact sur les finances du demandeur. Troisièmement, il ne peut y avoir que maximum que 25.000 euros sur le compte en banque du demandeur. Si ces critères sont respectés, il peut y avoir report des emprunts hypothécaires, sans coûts additionnels.

Pour ce qui est des crédits à la consommation, les réflexions et discussions sont en cours selon le ministre (avec Nathalie Muylle, la ministre de l’Economie, à la manœuvre).

 

Priorité : Santé

Le déficit budgétaire s’annonce énorme. Et la reprise économique pas encore pour toute suite. "La priorité ce sont les règles sanitaires, de confinement. Il y a une urgence économique, mais il y a une priorité sanitaire. Il faut tenir encore les mesures durant quelques semaines" explique le libéral originaire de Brakel. Avant d’assurer que quand il fera faire un pas en plus vers le déconfinement, le gouvernement le fera. Des groupes travaillent là-dessus, ajoute-t-il.

Bilan actuel, dans notre JT 19h30 de ce lundi :

Europe soudée

Une Réunion de l’Eurogroupe (ministres des Finances européens) doit se tenir aujourd’hui. Pour le ministre des finances, la question importante est la solidarité entre pays. "L’Europe doit être là à des moments où les choses vont mal. Il y a des tensions nord sud, mais ce dont on a besoin, c’est d’aider les pays qui vivent des situations difficiles. L’Espagne et l’Italie, notamment".


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Et le ministre de prôner un essai de stabilisation des économies de ces pays en difficulté. Il faut "avoir un système de solidarité européen, au moins à court terme", demande-t-il, avant d’ajouter "Il faut un plan de relance européen, style plan Marshall. Mais cette fois-ci ce ne sont pas les Etats-Unis qui doivent le faire, mais bien les Européens".