Coronavirus : "Fermer les écoles, ce serait un échec sociétal", estime Niko Speybroeck, épidémiologiste à l’UCLouvain

Plusieurs écoles ont été fermées la semaine dernière en Flandre et en province de Liège. Et ce lundi, c’est la région bruxelloise qui est également touchée, avec la fermeture de la section secondaire du collège Saint-Michel à Etterbeek. Des cas de contaminations qui inquiètent et qui posent de nombreuses questions.

Une situation hors de contrôle dans les écoles ?

Selon Niko Speybroeck, épidémiologiste à l’UCLouvain, il n’y a aucune raison de penser que les écoles sont des moteurs de l’épidémie. D’ailleurs, les études en notre possession tendraient à démontrer que les contaminations se déroulent en dehors des écoles plutôt qu’au sein des établissements scolaires.

Pour Dimitri Van Der Linden, pédiatre, il est essentiel de garder la tête froide : "Quand on regarde les chiffres des deux premières semaines de janvier, fournis par l’ONE, on observe que l’incidence (c’est-à-dire le nombre de cas d’infection par 100.000) est de 49 par 100.000 dans l’enseignement primaire, 87 par 100.000 dans l’enseignement secondaire et 249 par 100.000 dans la population générale. Donc cela démontre bien que les chiffres de contamination dans les écoles sont en deçà de ce qui dans la communauté. Bien sûr, il faut rester vigilant mais pour l’instant, il n’y a pas de quoi s’alarmer".

Dimitri Van Der Linden souligne par ailleurs que le dispositif pour faire face aux éventuels clusters est bien plus efficace qu’auparavant, avec un testing massif et une équipe médicale volante qui peut intervenir directement dans les écoles.

Fermer les établissements scolaires ?

Certaines voix, en particulier au nord du pays, réclament pourtant la fermeture des écoles. Et d’un point de vue épidémiologique, la fermeture serait bien entendu bénéfique pour diminuer les contaminations, comme l’explique Niko Speybroeck : "Une étude internationale démontre que la fermeture des écoles diminue le taux de reproduction de 0,2, même s’il faut rester prudent avec ces chiffres. L’école n’est pas le moteur de l’épidémie, mais elle reflète les contaminations dans la société. La fermeture des écoles ne doit se faire qu’en dernier recours et si on s’y résout, c’est un échec sociétal."

Dimitri Van Der Linden ajoute qu’il est vital de bien mesurer l’impact d’une telle décision. "Fermer les écoles est loin d’être anodin. On l’a vu lors du premier confinement, la fermeture a eu un impact très néfaste sur notre jeunesse. L’école doit donc être la dernière chose à laquelle on touche. Il y a d’ailleurs un consensus politique sur cette question."

Repenser les activités extrascolaires ?

Avec le groupe d’experts, Dimitri Van der Linden préconise de revoir les activités scolaires pour les enfants de moins de 12 ans : "Compte tenu de la situation épidémiologique qui reste critique, nous pensons qu’il faut favoriser au maximum les activités en extérieur, à l’exception des garderies avant et après l’école qui doivent être maintenues. En ce qui concerne les adolescents, nous insistons pour qu’ils puissent reprendre des activités en extérieur, en petits groupes. C’est une réelle urgence, car nous constatons en consultation les dégâts dus à l’interdiction de leurs activités."

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