Coronavirus et plan de relance : les Conseils de l'Economie et du Développement durable l'approuvent "en général"

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Image d'illustration - © YORICK JANSENS - BELGA

Le Conseil central de l'Economie (CCE) et le Conseil fédéral du Développement durable (CFDD) ont exprimé vendredi leur approbation globale des cinq axes et de la direction proposée par le projet de plan de relance post-covid, avalisé fin janvier par le gouvernement fédéral après des négociations avec les entités fédérées, tout en lui recommandant d'éviter le "saupoudrage" des moyens financiers.


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Les deux conseils ont, dans un avis conjoint sur les orientations stratégiques du projet de plan pour la reprise et la résilience (PPR), indiqué approuver "de manière générale le choix des cinq axes et de la direction proposée par le projet de plan qui leur a été soumis pour avis".

Ils affirment toutefois regretter que peu de composantes des cinq axes améliorant la résilience de notre pays soient envisagées dans le projet de PRR.


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Ces cinq axes stratégiques qui structurent le plan belge de relance sont le climat, la durabilité et l'innovation, la transformation numérique, la mobilité et les travaux publics, le social et le vivre-ensemble et la productivité.

Cet été, les pays de l'Union européenne ont convenu de se répartir 337 milliards d'euros de subventions et 385 milliards d'euros de prêts pour favoriser la relance post-coronavirus des économies nationales. La Belgique bénéficiera de 5,95 milliards, mais avec des conditions strictes et une évaluation du PRR belge par la Commission européenne à répartir entre le fédéral et les entités fédérées.

Dans leur avis publié vendredi, le CCE et le CFDD "regrettent vivement que la concertation au sujet du projet de PRR ait été entamée extrêmement tard (par le gouvernement fédéral), ce qui a grandement entravé leur travail".

Ils déplorent aussi que très "peu d'informations" aient été communiquées sur les projets concrets qui ont été soumis par les différentes autorités ainsi que sur les critères de sélection (autres que ceux imposés par la Commission européenne) des projets pour le plan final.

Extrait de notre JT du 29 février :

Les deux Conseils estiment en outre que le projet de PRR en cours d'élaboration ne comble que partiellement un retard en matière d'investissement en Belgique et devra permettre en partie de réorienter l'économie belge et notre société vers une société prospère, inclusive et durable.

Toutefois, soulignent-ils, la politique de relance ne peut se limiter à ce plan et des efforts d'investissement supplémentaires sont nécessaires pour stimuler la reprise, d'une part, et pour éliminer les déficits d'investissement historiques, d'autre part.

Selon le CCE et le CFDD, l'ampleur du train de mesures d'investissement du PRR est importante, mais un montant équivalent en moyenne à 0,2% du PIB (Produit intérieur brut) par an en investissements supplémentaires entre 2021 et 2026 ne sera pas suffisant. Les Conseils appellent à une augmentation structurelle des investissements publics à 4 % du PIB par an d'ici 2030 afin de "favoriser une transformation économique à long terme, au profit d'un système plus soutenable, juste et résilient pour les générations futures".

Reportage dans notre JT du 7 février :

Pour les deux Conseils, les ressources limitées doivent, pour des raisons budgétaires et d'efficacité, être utilisées là où elles ont le plus grand impact économique, social et environnemental positif (le plus grand effet multiplicateur et de levier).


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Les Conseils insistent encore sur la nécessité d'éviter les effets d'aubaine et de rebond ainsi que le "saupoudrage" des moyens sur une multitude de projets disparates et sans cohésion les uns avec les autres.

Ils demandent qu'une attention particulière soit accordée aux PME dans les projets d'investissements.

Le CCE et le CFDD demandent enfin de tenir compte des jeunes qui ont été particulièrement touchés par la crise et qui peinent à entrer sur le marché du travail. Des mesures doivent aussi être prises à leur profit en matière de santé mentale.

Reportage sur la précarité des jeunes dans notre 19h30

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