Coronavirus en Belgique : terrasses, voyages, couvre-feu… Voici les assouplissements des mesures annoncés par le Comité de concertation

Un comité de concertation très attendu s’est tenu ce mercredi matin. Comité porteur d’espoir, mais aussi annonciateur de déceptions, comme souvent. Et comme chaque fois, les réunions se sont multipliées, dès la semaine dernière déjà, et jusqu’à la dernière minute. Après 7 heures de négociations, la conférence de presse a débuté peu après 17 heures.

Avec une montée de pression palpable dans la population, dans les différents secteurs d’activité ainsi que du côté des politiques. Un point de cristallisation en particulier : l’Horeca, qui a suscité beaucoup de discussions.

De précédentes mesures qui "nous ont aidés"

"Nous avons opté pour une approche prudente et réaliste. Les hôpitaux sont toujours sous pression", a d’emblée prévenu le Premier ministre, Alexander de Croo. Il a aussi indiqué sa crainte de voir "de plus en plus de jeunes" être admis dans les hôpitaux belges. "Un tiers des personnes passe en soins intensifs, ce qui est plus qu’auparavant. Des opérations doivent être reportées. C’est la réalité dans les hôpitaux à l’heure actuelle", a ajouté le chef du gouvernement fédéral comme un ultime avertissement avant des mesures d’assouplissement décisives.

Comme il l’avait déjà indiqué au micro de la RTBF le 28 mars lorsqu’il évoquait une "nouvelle pandémie", le libéral a souligné la virulence et l’agressivité des nouveaux variants du coronavirus. Il a toutefois réaffirmé que les mesures échafaudées à la veille du congé de Pâques étaient nécessaires. "La bonne nouvelle, c’est que ces mesures nous ont aidés. Le nombre de contaminations a baissé […] nous ne sommes pas dans une augmentation exponentielle." Le Premier a même évoqué un potentiel dépassement du "pic" de la troisième vague.

Tous ces éléments ont permis aux autorités d’établir un agenda de reprise partielle des activités mises sur pause ces derniers mois. Alexander De Croo a toutefois précisé que la fin de la crise sanitaire que nous vivons n’est pas pour tout de suite. "Quand il y a eu 25.000 personnes la semaine passée qui ont fait un test positif, cela veut dire que le virus est très très présent et circule", a-t-il averti.

Les écoles

Le 19 avril sera marqué par le retour des enfants à l’école. Les maternelles, les primaires et les secondaires du premier degré, c’est-à-dire les élèves de 1ère et 2ème secondaires seront de retour physiquement derrière les bancs de l’école, en présentiel à 100%. Dès la 3ème secondaire, c’est un schéma hybride qui deviendra la norme avec un système mi-présentiel, mi-distanciel, comme cela a déjà été le cas par le passé.


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De plus, le port du masque en 5ème et 6ème primaire ne sera plus imposé côté francophone. Il restera toutefois de mise pour les élèves de ces classes en Flandre.

Concernant les étudiants de l’enseignement supérieur et des universités, un quota a été établi afin de garantir un retour dans les salles de classe et auditoires. Les établissements supérieurs devront respecter 20% de cours en présentiel maximum.

Une évaluation de la situation sera à l’ordre du jour du 3 mai afin d’estimer si un retour possible en présentiel, de la 3ème à la 6ème secondaire est envisageable.

Les voyages

Attendue par de nombreux Belges qui se lassent de leurs séjours à la côte belge ou dans les fagnes, le 19 avril sera la date de la levée de l’interdiction des voyages non essentiels. "Il y aura un suivi très strict du testing et de la quarantaine sur la base d’un nouvel accord de coopération. Si vous revenez de zone rouge, vous devez suivre une période de quarantaine de sept jours", a toutefois insisté Alexander De Croo.


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Ce sera donc le retour de la carte européenne des voyages et de ses zones "en code rouge". Le Passenger Locator Form reste donc obligatoire au retour de l’étranger. "Mais l’avis de voyage reste négatif, a averti le Premier ministre. Nous estimons que ce n’est pas le moment de se mettre soi-même ou de mettre d’autres personnes en danger en voyageant."

Métiers de contact et commerces

Concernant les commerces dits "non-essentiels", ils seront autorisés à rouvrir leurs portes librement, sans nécessité de prendre rendez-vous et ce, dès le 26 avril. Concernant cette modification de la règle qui était en vigueur pour la "pause" de Pâques, le gouvernement renvoie la balle aux autorités locales. . "Il y a une grande responsabilité chez nos autorités locales, villes et communes pour éviter qu’il y ait trop de rassemblements, qu’il y ait de la foule dans les espaces commerciaux", a indiqué Alexander De Croo.


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Les métiers de contacts tels que les salons de tatouage, de coiffure ou encore d’esthétique pourront eux aussi à nouveau accueillir les clients à partir du 26 avril.

 

Horeca

Les terrasses des bars et restaurants pourront rouvrir le 8 mai, et non le 1er mai comme cela avait été annoncé dans le "calendrier indicatif" des mesures établi par les autorités début mars.


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Une décision qui a douché les espoirs de ce secteur qui pensait pouvoir rouvrir pleinement ses établissements une semaine plus tôt. Pour davantage d’assouplissements, il faudra encore attendre. Les autorités estiment qu’il est nécessaire que le nombre de personnes en soins intensifs descende durablement sous la barre des 500 unités pour que l’Horeca puisse reprendre en intérieur.

Rassemblements et couvre-feu

Le 26 avril sera aussi le top départ pour l’extension du nombre de personnes autorisées lors des rassemblements extérieurs. Le nombre maximal de Belges réunis passera de 4 à 10 personnes.


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En intérieur, la "bulle" limitée à un seul contact rapproché passe à deux contacts par foyer.

Le couvre-feu sera quant à lui supprimé dès le 8 mai. Toutefois, les rassemblements nocturnes de plus de trois personnes seront proscrits. "Nous avons confiance dans la population et en indiquant que nous allons supprimer le couvre-feu, nous donnons un signe de confiance", a précisé le chef du gouvernement fédéral.

Concernant la culture et le sport, pas de perspective précise mais Alexander De Croo a toutefois adressé une partie de son discours à ces secteurs très impactés par la crise. "Dans le secteur culturel, événementiel et sportif, les ministres de la santé lanceront prochainement ensemble la possibilité d’une série de projets pilotes qui sont clairement dans une assise scientifique pour mieux comprendre quelle est la manière sûre de pouvoir organiser des événements. Mais aussi pour pouvoir organiser et savoir quelle est la meilleure manière d’organiser cela."

Toutefois, les représentations culturelles, en extérieur, pourront rassembler jusqu’à 50 personnes à partir du 8 mai.


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Responsabilité et confiance

Un appel est fait à la responsabilité individuelle, à la confiance mais aussi à l’unité. "Nous sommes plus forts si nous nous serrons les coudes. N’opposons pas un groupe à l’autre", a martelé Alexander De Croo. Il a ensuite été rejoint par Elio Di Rupo, ministre-président wallon, qui a indiqué l’importance de "rallier aux nouvelles mesures les 50% de la population qui n’y adhèrent pas".

Au-delà des clivages politiques, a plaidé Pierre-Yves Jeholet, ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, "on tente réellement de réaliser un équilibre entre les différents secteurs. On n’oublie personne, mais ce n’est pas simple. Et nous savons que la privation de liberté est importante, que les gens en ont ras le bol".

Rudi Vervoort a pour sa part souligné qu’en Région bruxelloise, on adaptera une série de mesures dans les prochains jours.

N’oublier personne

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a renchéri : "Nous tentons de n’oublier personne !" Un exercice de solidarité, pas facile, selon lui. "Nous ne pouvons pas prendre de mesures, sans respecter des conditions. Il faut que la population se fasse vacciner ! Et c’est compliqué, quand, par exemple, on apprend que Johnson & Johnson fait une pause. Nous allons faire pareil, en attendant l’avis de l’Agence Européenne du Médicament. Celle-ci nous a promis de nous fournir assez rapidement un aperçu des avantages et risques des différents vaccins", a-t-il expliqué.

Car la vaccination est la porte de sortie indiquée par les autorités belges depuis plusieurs semaines. "Ce seront sans doute les dernières semaines mais ces dernières semaines seront sans doute lourdes à porter. Mais à toutes ces questions nous ne pouvons que répondre : 'Vacciner, vacciner et encore vacciner’", a tenté de rassurer à son tour le Premier ministre.

Et la suite ?

Concernant l’agenda de la suite des événements, rien ne change, les choses seront réévaluées semaine après semaine par les autorités politiques et sanitaires de notre pays. Un nouveau comité de concertation, extraordinaire, est déjà à l’agenda des autorités le vendredi 23 avril. Cette réunion traitera lui de l’été, et tout particulièrement des événements culturels et ceux qui concernent la jeunesse.

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