Coronavirus en Belgique ce 4 novembre : le conseil santé d’Yves Van Laethem quand vous vous rendez aux toilettes

Sciensano et le centre interfédéral de crise ont tenu une conférence de presse ce mercredi afin de faire le point sur la propagation du coronavirus en Belgique.

Les toilettes, un lieu parfait pour le virus

Au cours de ce point presse, Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral pour la lutte contre le Covid-19, a insisté sur l’hygiène dans les toilettes. Un point certes "trivial", reconnait le spécialiste, mais qui a son importance surtout dans les toilettes publiques ou dans les entreprises.

"On sait que le virus passe par notre tube digestif et peut même y proliférer. Il se retrouve donc dans les selles, mais pas dans les urines" ajoute le porte-parole interfédéral.

Il est donc primordial de fermer la planche de vos toilettes avant de tirer la chasse. "En tirant la chasse, vous allez produire ces micro-gouttelettes, et vous risquez de mettre en suspension dans la toilette du virus. La personne qui vous suivra pourrait ainsi attraper la maladie."

Gare aux micros gouttelettes

Yves Van Laethem s’est par ailleurs attardé sur la transmission du virus via des micro-gouttelettes. Comme expliqué depuis le début de l’épidémie, nous produisons tous des gouttelettes d’eau qui sont projetées lorsque l’on parle. Elles viennent ensuite se déposer sur les surfaces en face de nous.

Mais, depuis peu, les experts ont découvert que gouttelettes bien plus petites que nous produisons également et qui restent en suspension dans l’air transmettent également le virus. "Elles peuvent rester dans l’air pendant plusieurs heures, principalement dans les locaux fermés ou dans ceux où beaucoup de personnes sont présentes. Le fait de rester longtemps dans un espace fermé avec beaucoup de personnes qui parlent fait que l’on peut inhaler ces micros gouttelettes, possiblement chargées de virus."

Pour éviter cette voie de contamination plusieurs précautions sont à prendre :

  1. "Réduire le nombre de personnes présentes dans une pièce. C’est tout l’intérêt du télétravail;
  2. Porter un masque le plus fréquemment possible. Il empêchera la propagation de ces gouttelettes. C’est une des raisons pour lesquelles les enfants, dès qu’ils en sont capables, sont invités à porter le masque en classe;
  3. La ventilation est un point important, mais il est clair que dans la saison actuelle, c’est plus compliqué. Il y aura un prix à payer en combustible ou en pulls pour se tenir au chaud, mais cette année il faut ventiler les locaux de manière continue et vers l’extérieur."

Tous ces systèmes, quand ils sont bien employés, réduiraient la quantité de microbes dans l’air jusqu’à 90% en une quarantaine de minutes.

Un point sur les chiffres

Ce 4 novembre, avec 5186 nouveaux cas détectés, ce chiffre est pour la première fois depuis longtemps à la baisse. Pas question toutefois de se contenter de cette légère stabilisation pour Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral. "Ce ralentissement de l’augmentation ne suffira pas. C’est un peu comme un moteur de voiture, s’il peut tourner jusqu’à 6000 tours minute, il n’est pas bon de le faire tourner longtemps à cette allure. On ne peut donc pas se contenter de ce que nous avons pour obtenir une diminution drastique du nombre de cas. Mais ça prouve que les mesures mises en place il y a quelques semaines fonctionnent."

Mais si cette diminution est réelle chez les moins de 50 ans, ce n’est pas le cas de la catégorie d’âge supérieure. "Nous serions plus heureux qu’elle se passe chez les personnes les plus âgées qui sont plus à risques. Malheureusement nous avons toujours une augmentation dans ce groupe. Au cours de la dernière semaine, on a eu un diagnostic de COVID positif chez environ 2% des personnes de plus de 90 ans. Ceci reflète en partie le fait que plus de cas sont diagnostiqués dans les maisons de repos."

D’un autre côté, les admissions dans les hôpitaux ont atteint un nouveau record. Hier, on a recensé 877 nouveaux patients, soit un pic supérieur de 39% à celui connu lors de la première vague. On compte désormais 7485 patients hospitalisés en Belgique pour cause de coronavirus dont 1351 en soins intensifs. "C’est nettement plus élevé que ce qu’on avait lors de la première vague" ajoute Yves Van Laethem. "Et cela va encore augmenter. Le taux d’occupation des lits en soins intensifs augmente de 48% sur base hebdomadaire. Nous espérons pouvoir rester en dessous de la capacité maximale des 2000 lits si nous poursuivons nos efforts. Nous prévoyons d’atteindre 1800 lits occupés en soins intensifs dans les deux semaines qui arrivent". Au niveau des hôpitaux les situations les plus problématiques se situent en province de Liège et de Hainaut.

Les décès augmentent quant à eux toujours, mais moins rapidement. "On a actuellement 136 décès en moyenne par jour avec un pic de 178 décès, le vendredi 30 octobre." La semaine dernière, la moyenne était de 61 décès journaliers, soit une hausse de 122%.

A la suite de ces explications, différentes questions sont venues s’ajouter en fin de conférence. L’une d’entre elles portait sur la diminution du nombre de tests effectués.

Chose à laquelle Yves Van Laethem a expliqué que "c’était la volonté face à l’embouteillage du système. On ne teste plus que les personnes qui ont des symptômes. Il y a donc forcément moins de tests."

"Peut-on attribuer la surmortalité actuelle au coronavirus ?" Une seconde question posée lors de cette conférence.

Actuellement de 26,8%, cette surmortalité conduit à 544 décès par semaine. "Nous savons qu’il y a plus de 300 décès par semaine qui sont liés au covid. Il est donc toujours très difficile d’interpréter ce genre de chiffres, mais on peut certainement considérer que la majeure partie de la surmortalité est liée actuellement au coronavirus".

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