Coronavirus en Belgique: l'effort budgétaire fédéral pourrait passer la barre des 10 milliards d'euros

La première ministre Sophie Wilmès ce 19 mars 2020
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La première ministre Sophie Wilmès ce 19 mars 2020 - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

C’est ce vendredi vers midi que le plan fédéral mis en place afin de contrer les effets de la pandémie de coronavirus a été dévoilé par le gouvernement.

Sophie Wilmès, la Première ministre, salue tout d’abord la chaleur dégagée par l’initiative des applaudissements aux équipes médicales, chaque jour à 20h. Sophie Wilmès confirme le fait que 5 millions de masques sont arrivés à l’aéroport de Bierset ce matin. Une task force de dispatching va être mise en place.

Une réunion s’est tenue avec les partenaires sociaux (le G10), hier. Les participants se sont accordés sur le deuxième volet du plan fédéral de protection sociale et économique.

Tout d’abord un petit rappel général :

Les autorités amènent la population à travailler. Par télétravail dès que possible. Si ce n’est pas possible, il faut respecter les règles de distance sanitaire sur le lieu de travail mais aussi sur le trajet du travail. Pour le personnel médical, ce n’est pas obligatoire.

Sophie Wilmès insiste : "il faut rester à la maison. Evidemment, on peut prendre l’air ou rouler à vélo avec les membres de la famille qui vivent sous le même toit ou un ami. Mais simplement le temps de l’activité physique. "Il ne s’agit pas de flâner dans les parcs, même s’il fait beau temps. C’est difficile mais il faut s’y tenir" explique Sophie Wilmès, précisant que les rassemblements sont interdits.

Ce jeudi, le "risk group" s'est réuni pour parler économie (reportage du 19h30):

Le deuxième volet vise à garantir le revenu des personnes en Belgique et de soutenir l’économie du pays. Trois axes sont prévus. A savoir le pouvoir d’achat des travailleurs, la situation des indépendants et celle des entreprises.

Le gouvernement va notamment assouplir considérablement les possibilités d’entrer dans le système du chômage temporaire, qui pourrait accueillir de 800.000 à un million de travailleurs, selon la ministre de l’Emploi Nathalie Muylle (CD & V).

Pour les indépendants, le ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME Denis Ducarme (MR), précise qu’ont été votés à la Chambre hier des "droits passerelle", qui permettent de donner aux indépendants un revenu de remplacement. Il s’agit d’un revenu pour les mois de mars et avril. Les indépendants devront prendre contact avec leurs caisses d’assurance sociale, afin de se voir verser le plus rapidement possible le revenu de remplacement. Il y aura aussi une dispense de cotisations sociales pour les deux premiers trimestres pour celui ou celle qui le souhaite.

Le travail saisonnier 

Une pénurie de travailleurs saisonniers menace le secteur de l'agriculture et de l'horticulture en raison du coronavirus et des restrictions de circulation en Europe. Pour tenter d'y remédier, le gouvernement va doubler de 65 à 130 jours la période de travail autorisée. L'idée est de garder plus longtemps en Belgique les ouvriers agricoles étrangers qui y sont déjà et auraient dû partir sans cela, selon Mme Muylle. Près de 9 saisonniers sur 10 viennent de l'étranger, bon nombre travaillant en Flandre. Le gouvernement flamand, lui, a demandé au VDAB, le service public de la formation et de l'emploi au nord du pays, de diriger les demandeurs d'emploi en priorité vers les secteurs agricole et horticole.

Le travail saisonnier 

Une pénurie de travailleurs saisonniers menace le secteur de l'agriculture et de l'horticulture en raison du coronavirus et des restrictions de circulation en Europe. Pour tenter d'y remédier, le gouvernement va doubler de 65 à 130 jours la période de travail autorisée. L'idée est de garder plus longtemps en Belgique les ouvriers agricoles étrangers qui y sont déjà et auraient dû partir sans cela, selon Mme Muylle. Près de 9 saisonniers sur 10 viennent de l'étranger, bon nombre travaillant en Flandre. Le gouvernement flamand, lui, a demandé au VDAB, le service public de la formation et de l'emploi au nord du pays, de diriger les demandeurs d'emploi en priorité vers les secteurs agricole et horticole.

Horeca et grandes surfaces

Febelfin a bien assuré que le secteur économique doit être soutenu par le financier dans ces moments difficiles.

Dans l’Horeca, les "contrats de brasserie" qui lient les cafetiers et les brasseurs devraient "tomber" pendant la crise, assure Denis Ducarme. Ceci afin que les établissements ne doivent pas payer d’astreintes. Toujours dans l'Horeca également, la concertation est en cours pour assouplir les règles sur le "take-away" ou les services traiteur, avec le concours de l'Afsca. Les contrats de brasserie aussi sont examinés: "on est en contact avec les sociétés de brasserie pour qu'elles abandonnent les pénalités imposées contractuellement si le chiffre de vente n'est pas assez élevé".

Les discussions sont en cours aussi dans le secteur de la distribution pour élargir les heures d'ouverture des grandes surfaces et des magasins d'alimentation afin de répondre aux besoins de la population, selon la ministre Muylle. Certains rayons vides suscitent de la frustration chez les clients: même si les stocks sont suffisants, le remplissage des rayons ne suit parfois pas. C'est la raison pour laquelle cette concertation porte aussi sur les flexijobs ou le recours à des personnes bloquées chez elles.

 

Un budget bien impacté

Sur le plan budgétaire, il est annoncé qu’un monitoring va être mis en place en lien avec parlement. Mais David Clarinval, le ministre du Budget (MR) essaie de prévoir déjà l’impact économique de la crise du nouveau coronavirus. Pour les dépenses immédiates déjà engagées par le gouvernement, elles s’estiment à un milliard d’euros. Les mesures fiscales devraient coûter 4,5 milliards. Les allocations-chômage à payer : entre un et un milliard et demi. Les mesures pour les indépendants se chiffreront à environ entre un et un milliard et demi par mois. Pour budget 2020, les mesures de la phase 2 devraient donc faire porter l’effort du fédéral à un montant situé dans une fourchette entre 8 et 10 milliards d’euros (minimum). Et David Clarinval de préciser que ce chiffre augmentera aussi via les garanties mises dans les banques et selon la durée de la crise.

Sophie Wilmès rappelle à la fin de la conférence de presse que la priorité du gouvernement est aux mesures sanitaires et à la santé. Mais la première ministre de préciser que nous passerons aussi par une crise économique… Peut-être plus dure encore que celle de 2008. Et la première ministre d’assurer que la volonté du gouvernement sera donc dans le futur aussi de sauver l’emploi dans le pays.

Cinq millions de masques sont eux, arrivés ce matin sur le tarmac de Bierset:

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