Coronavirus en Belgique : quels sont les enjeux du comité de concertation ce vendredi  ?

Ce vendredi, un comité de concertation se tiendra à partir de 13 heures, au Palais d’Egmont. Les représentants du gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées feront le point sur l’état de l’épidémie de Covid-19 en Belgique et sur les mesures sanitaires prises pour le moment. Des adaptations de ces mesures seront-elles décidées ?

Ce comité de concertation risque d’être compliqué. L’un des dossiers sur la table devrait être celui qui concerne les commerces non essentiels. Ils sont fermés depuis le 2 novembre. Lorsque la décision de fermeture a été prise en comité de concertation, il a été prévu que ces commerces resteraient fermés jusqu’à 13 décembre, avec une possibilité de réexaminer la situation à la date du 1er décembre.

Une réouverture anticipée pour s’aligner sur les pays voisins ?

Alors que la France vient d’annoncer une réouverture de ses commerces, alors qu’ils sont ouverts aux Pays-Bas et au Luxembourg, la Belgique doit-elle rouvrir plus rapidement les magasins ?

Le gouvernement a toujours mis en avant l’évolution de l’épidémie et la situation dans les hôpitaux pour justifier les mesures sanitaires. Une fois encore, les chiffres de l’épidémie de Covid-19 en Belgique seront le point de départ de la discussion. Ces derniers jours, les chiffres ont continué à diminuer, mais ils restent élevés. Mercredi, selon Sciensano, on comptait moins de 5000 personnes encore hospitalisées pour le coronavirus en Belgique, dont 1106 patients traités aux soins intensifs. Les chiffres évoluent dans la bonne direction, le nombre d’admissions journalières à l’hôpital continue de diminuer. Mais ces statistiques restent moins bonnes que celles qu’on connaissait en Belgique au moment du premier déconfinement, au printemps dernier.

A la Chambre ce jeudi, le Premier ministre a annoncé la couleur : pas de déconfinement complet

Jeudi à la Chambre, le Premier ministre, Alexander De Croo, a d'ores et déjà prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à un déconfinement complet.   "Le nombre de contaminations diminue mais reste nettement au-delà d'un seuil qui nous permettrait de gérer la situation à moyen et long terme. Le taux de positivité (des tests) est à 14%. Tous les spécialistes disent qu'on devrait arriver à environ 3%", a indiqué M. De Croo.   "Soyons clairs, il y aura encore un long chemin à parcourir. Si demain, nous prenons des décisions erronées, nous en payerons les conséquences après-demain. Des personnes mourront alors qu'elles auraient pu rester en vie."    "Je parle consciemment des prochains mois, au pluriel", a-t-il poursuivi. "Je comprends que certains veulent parler de fêtes de fin d'année, mais la perspective à avoir, c'est la perspective des mois d'hiver. La majeure partie des Belges comprend que nous allons passer les fêtes de Noël d'une manière différente. Ce sera un Noël à petite échelle, ce sera un Noël prudent."  

"Nous procéderons à l'évaluation de la fermeture des magasins non-essentiels, comme nous l'avions convenu en octobre. Nous sommes déjà en contact étroit avec les gouverneurs pour voir comment procéder.", a ajouté le Premier ministre. Si les commerces non-essentiels rouvrent, cela se fera "de manière responsable et organisée", a-t-il précisé. 

 

Le ministre de la Santé a déjà plaidé pour la prudence

Dans ce contexte, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke se montrera probablement très prudent lors du comité de concertation, suivant la ligne qu’il a lui-même tracée jusqu’à présent. "Je ne veux pas devancer les décisions qui doivent être prises ce vendredi. Mais soyons quand même clairs. Il faut à tout prix éviter une troisième vague. Ça, c’est le grand défi. On a eu une première vague catastrophique. Une deuxième vague, pire encore. Aujourd’hui, nous comptons 15.000 Belges décédés du covid et donc de grâce, évitons à tout prix une troisième vague. Et c’est la raison pour laquelle on est prudent", déclarait Frank Vandenbroucke, le ministre de la Santé au micro de Matin Première, il y a quelques jours.


►►► Lire aussi : France et Allemagne rouvrent leurs commerces. Et en Belgique, est-ce que la situation sanitaire le permet ?


En face de Frank Vandenbroucke, d’autres ministres plaideront pour une réouverture des commerces non essentiels. Cette semaine, le ministre des Indépendants, David Clarinval, allait dans ce sens, arguant que la Belgique n’était " pas une île ". Il a déjà annoncé son intention de plaider pour une réouverture "le plus vite possible" des commerces non-essentiels. "On sait que les commerces ne sont pas les endroits où il y a une contamination très importante, la situation sanitaire s’est améliorée et il faut aussi que l’on puisse tenir compte de l’impact économique et de l’impact psychologique que cela a sur nos citoyens", a plaidé le ministre libéral Clarinval (MR) sur la RTBF. " Si on ne le fait pas, on va avoir des dégâts économiques et psychologiques tellement importants qu’on aura vraiment une situation de crise aussi grave que l’hôpital sur le plan sanitaire ", a-t-il poursuivi.

 

Le secteur du commerce plaide pour une réouverture anticipée

Ce point de vue rejoint celui de secteur du commerce. Plusieurs fédérations, dont Comeos, l’une des fédérations qui représente les acteurs du commerce, plaident pour une réouverture des commerces non-essentiels dès ce samedi 28 novembre. "La période de fin d’année est cruciale pour notre secteur", alertaient différents acteurs de la sphère immobilière et commerciale belge, appelant les autorités à agir "afin d’éviter des conséquences socio-économiques structurelles".

Le secteur du commerce plaide pour cette réouverture plus rapidement que prévu, moyennant le respect des règles strictes de santé et de sécurité. "Sachant qu’après le premier lockdown, une ouverture des magasins est allée de pair avec une continuation de la diminution du nombre des contaminations", plaident ces fédérations.

L’UCM, Union des Classes moyennes se déclarait, elle, il y a quelques jours, plutôt favorable à l’ouverture de tous les commerces mais sur rendez-vous. "Nous prônons la réouverture de tous les commerces, sans discrimination, le plus vite possible mais sur rendez-vous dans un premier temps", a expliqué le président de l’UCM Pierre-Frédéric Nyst sur le plateau du JT de 13 heures ce mardi. "Beaucoup de commerces ont expérimenté cette formule lors du premier confinement et sont donc prêts à réactiver la procédure. Cela permettra aux commerçants d’augmenter un peu leur chiffre d’affaires, et peut-être aussi d’éviter une ruée, une cohue dans les magasins si on décide de rouvrir complètement les commerces quelques jours avant Noël.", a expliqué le président de l’UCM.

Il est évident que pour ce secteur du commerce, où l’on réalise une partie importante du chiffre d’affaires dans les dernières semaines de l’année, à l’approche des fêtes, une réouverture des commerces non-essentiels, permettrait de sauver une partie de l’année ou d’apporter un peu d’oxygène. Reste à voir comment éviter le rush des clients, la foule dans les magasins et empêcher de nouvelles transmissions du virus.

Et les traditionnelles fêtes de famille de fin d’année ?

Rien ne dit, pour le moment, que le comité de concertation de ce vendredi sera celui où les représentants politiques se pencheront sur la tenue des fêtes et rassemblements traditionnels de fin d’année. La semaine dernière, le Premier ministre estimait encore qu’il faudrait continuer à limiter ses contacts à cette occasion. Lui-même se contenterait de fêter Noël avec les personnes vivant sous son toit. Les autorités françaises viennent d’annoncer des assouplissements dans leur politique par rapport à ce qui serait permis en période de fin d’année. A compter du 15 décembre, "les Français pourront donc à nouveau se déplacer sans autorisation, y compris entre régions, et passer Noël en famille", a indiqué le Président Emmanuel Macron, dans son allocution mardi, mais en limitant les "déplacements inutiles". Rien n’indique que les autorités belges avanceront dans cette direction cette semaine.

Journal télévisé 27/11/2020

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