Coronavirus en Belgique : Paul Magnette préconise dès à présent une stratégie de relance à hauteur de 10% du PIB

Le président du Parti socialiste Paul Magnette a plaidé samedi matin devant le kern élargi pour l'adoption rapide d'une stratégie fédérale de relance à hauteur de 10% du PIB pour sortir le pays de l'ornière économique creusée par la crise sanitaire.

Citant en exemple les mesures énergiques que l'Allemagne, la France, les Pays-Bas ou encore les pays scandinaves viennent d'adopter pour rebooster leur économie, Paul Magnette estime que la Belgique ne peut rester à la traîne.

Si le pays a adopté depuis la mi-mars une série de mesures d'urgence (chômage économique, droit passerelle...), cela ne pourra suffire face à la crise qui se profile, selon lui.


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"Il faut passer à la vitesse supérieure. On ne peut pas attendre qu'un nouveau gouvernement (fédéral) soit formé. Sinon, on risque de connaître une récession plus forte que les pays voisins. Et l'impact risque d'être encore plus grand quand on sait que nos entreprises nationales sont souvent en concurrence directe avec des entreprises de ces pays voisins."

"Paquet global" qui pourrait représenter 10% du PIB

Pour le président du PS, ce "paquet global", qui pourrait représenter 10% du PIB, devrait être composé de mesures ciblées pour soutenir l'horeca, le tourisme, la culture et l'événementiel, autant de secteurs lourdement touchés par les mesures de confinement.

En plus de cela, M. Magnette revient avec sa proposition de la semaine dernière d'un soutien au pouvoir d'achat des particuliers pour relancer l'économie nationale, et défend dans la foulée un vaste plan d'investissements publics dans la mobilité, les infrastructures, les économies d'énergie.

"Je vois que chaque parti politique élabore aujourd'hui son propre plan (de relance). Moi, je dis : 'mettons-nous à table et discutons-en!'".

La situation (économique) ne nous permet pas d'attendre

Le président du PS balaie d'emblée l'argument selon lequel un plan de cette ampleur ne pourrait être mis en œuvre que par un gouvernement fédéral de plein exercice.

"Bien sûr, il faut travailler à la formation d'un nouveau gouvernement. Mais la situation (économique) ne nous permet pas d'attendre. Si on attend fin septembre, ce sera trop tard...", juge Paul Magnette qui redoute des faillites en cascade en cas d'inaction politique.

Sur Twitter, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a toutefois rapidement repoussé l'idée.

"Un plan de relance ne peut être mis en oeuvre que par un (gouvernement fédéral) qui a une large majorité en son sein. La négociation du plan de relance sera le coeur de l'accord du gouvernement à venir. L'un ne peut aller sans l'autre. La responsabilité des parties est immense en la matière", a-t-il commenté.

La Belgique à la traîne ?

Son homologue du CD&V Joachim Coens renvoie aussi ce débat à la formation d'un nouveau gouvernement de plein exercice. M. Coens conteste par ailleurs que la Belgique soit à la traîne en matière de relance. "Chaque jour on découvre de nouvelles choses, de nouvelles entreprises et de nouveaux secteurs qui méritent une attention particulière", défend-il.

Pour lui, la discussion sur une politique de relance doit être la base pour la formation d'un nouveau gouvernement. "Un nombre de mesures de relance nécessite des moyens (financiers). Nous avons donc besoin d'un cadre général", objecte le chrétien-démocrate flamand.

Du côté écologiste, le son de cloche est toutefois tout autre. "Il est évident que notre pays a besoin d'investissement à court et moyen terme", réagit Georges Gilkinet, chef de groupe Ecolo à la Chambre.

"A très court terme, des réponses doivent être données aux oubliés de la crise : les secteurs de l'événement, de la culture et de l'Horeca attendent un signal clair du gouvernement fédéral et auront besoin d'une aide publique massive pour réagir. Nous avons mis sur la table, ces dernières semaines, des propositions en ce sens, dont le parlement et le gouvernement doivent se saisir le plus rapidement possible. Ce sont des dizaines de milliers d'emplois et tout un patrimoine qui sont en jeu", rappelle l'élu vert.