Coronavirus en Belgique : la task force s’attend à vacciner 80% de la population d’ici fin juillet

Comme chaque semaine, la task force vaccination en Belgique a fait le point ce samedi sur la campagne actuelle et la situation d’approvisionnement des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson contre la pandémie de Covid-19. Au 12 juin, 8.703.000 doses avaient été délivrées et 8.367.000 avaient été administrées, ce qui fait que 60% de la population âgée de 18 ans et plus a reçu au moins une dose de vaccin. 32% de la population est totalement vaccinée, et a donc reçu deux doses (ou une seule dose, s’il s’agit du vaccin Johnson & Johnson).

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Par ailleurs, la task force s’est réjoui que les seringues utilisées aient un volume mort faible, voire inexistant, ce qui permet d’augmenter légèrement la quantité de doses par flacon que ce qui est prévu contractuellement, soit 6 doses par flacon Pfizer, 10 doses pour AstraZeneca ou Moderna et 5 doses pour le vaccin de Johnson & Johnson.


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"Nous avançons très bien dans la finalisation de la phase 1B", a affirmé Sabine Stordeur, porte-parole de la task force. Pour rappel, cette phase concerne les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi que celles qui ont des comorbidités. "1,3 million de personnes ont pu être vaccinées en priorité, ajoute la porte-parole. 85% d’entre elles ont pu avoir une première dose." Selon elle, ces chiffres montrent notamment une forte adhésion de la population à la vaccination, qui "dépasse toutes les espérances." Au niveau régional, plus de 90% des personnes avec comorbidités ont pu être vaccinées en Flandre, près de 80% en Wallonie, et près de 70% en région de Bruxelles-Capitale.

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Concernant les livraisons, la task force a dévoilé un graphique qui montre que Pfizer reste en tête. Pour la semaine du 7 juin, 656.370 doses ont été fournies, ce qui fait de la firme américaine "un partenaire de choix dans le maintien du rythme de la campagne", se réjouit Sabine Stordeur. Dans le cas du vaccin Moderna, il y a eu "un petit problème de livraison cette semaine", note la porte-parole. "Mais la livraison va juste être décalée au début de la semaine prochaine", ajoute-t-elle. Si AstraZeneca va livrer de son côté 100.800 doses à la Belgique cette semaine, Johnson & Johnson a subi un problème de mélange de substances, qui a amené la Food & Drugs Administration (FDA) américaine à détruire un nombre important de doses.

Une "erreur humaine" à l’origine du retard de livraison de Johnson & Johnson

Cette stagnation des doses va entraîner un retard de trois semaines, à cause d’une "erreur humaine" dans la ligne de production du vaccin Johnson & Johnson au site de Baltimore, aux Etats-Unis, qui a entraîné un mélange de substances actives de ce vaccin avec celles du vaccin AstraZeneca. "Ce genre d’incidents est surveillé, ce qui fait que l’erreur a pu être constatée au cours du processus de production et avant la mise en flacon", remarque Sabine Stordeur.

Selon la porte-parole, il était important de le déclarer immédiatement à la presse pour plus de transparence. "C’est une garantie de qualité qu’un examen soit fait à chaque étape, note-t-elle. L’ensemble de ces messages, au lieu de devoir créer de la méfiance, devrait nous rassurer sur les contrôles qui sont faits à toutes les étapes de la production et l’administration."


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Malgré tout, ce retard perturbe en partie les projections de la campagne de vaccination. Impossible d’avoir plus de perspective pour le vaccin Johnson & Johnson au-delà de la semaine prochaine. En juillet, il y aura peu de livraisons de premières doses, car les livraisons des autres vaccins sont d’ores et déjà concentrées sur les deuxièmes doses. "Si nous avions eu le vaccin Johnson & Johnson, il aurait été principalement utilisé pour les premières doses", précise Sabine Stordeur, rappelant qu’une seule dose est suffisante pour ce vaccin.

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"A partir du mois de juillet, il n’y a plus d’anticipation, on revient dans les livraisons contractuelles", a affirmé la porte-parole. On ne connaîtra le volume hebdomadaire qu’une semaine avant. Toutefois, en plus des doses attendues, Pfizer fournira un supplément de 458.640 doses pour les trois prochaines semaines, et une petite augmentation de 4000 de doses d’AstraZeneca devrait arriver la semaine prochaine, pour atteindre 124.800 doses. 640.000 doses de ce vaccin sont attendues pour le 21 juin.

Anticiper une deuxième dose d’AstraZeneca pour les personnes âgées ?

Le scénario idéal, qui prévoyait d’atteindre 70% de Belges vaccinés au début du mois de juin ayant été abandonné, la task force vaccination étudie le scénario B : un taux de 70-75% de vaccinés au début du mois de juillet, et 80% à la fin du mois. Quant à imaginer une vaccination de 100% de la population, cela pourrait arriver à la mi-août, selon Sabine Stordeur. "Cela doit être réévalué en fonction de l’adhésion de la population et en fonction des livraisons", tempère la porte-parole.

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Enfin, la task force a étudié la question complexe des personnes qui ont reçu une première dose de vaccin AstraZeneca, au nombre d’1,4 million de personnes. Parmi elles, un million de Belges sont toujours en attente de la seconde dose, mais il est impossible de la replanifier si l’on veut respecter l’intervalle de neuf semaines. "Les régions restent ouvertes à la possibilité d’anticiper cette deuxième dose pour les personnes âgées et qui ont des comorbidités, précise Sabine Stordeur. Il faudra voir de manière logistique comment envisager cette planification."


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Sur un tout autre sujet, la task force a laissé la parole au professeur Jean-Michel Dogné, de l’Université de Namur, qui a évoqué la rumeur qui circule sur les réseaux sociaux : le vaccin donnerait au corps des effets magnétiques. Certaines personnes affirment en vidéo que leur bras était devenu aimanté et pouvait attirer des objets métalliques. Après étude, l’UNamur estime que cela serait plutôt dû à un phénomène d’adhérence de la peau, qui dépend des conditions hygrométriques et de la nature de peau. Les mesures de champ magnétique avec des appareils spécialisés se sont révélées négatives.

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