Coronavirus en Belgique: Frank Vandenbroucke compte mettre de l’ordre dans la campagne de vaccination ce mercredi

C’est une réunion stratégique que Franck Vandenbroucke entend mener, mercredi, lors de la Conférence des ministres de la Santé, avec ses collègues des régions et communautés, compétents en matière de santé et en charge de la mise en œuvre de la campagne de vaccination.

Donner un coup d’accélérateur à la campagne de vaccination, c’est ce qu’espère le ministre de la Santé.

Va-t-on revoir la stratégie de vaccination ?

La phase de vaccination actuelle prévoit d’administrer le vaccin au personnel des soins de santé de 1re ligne (médecins, pharmaciens…), au personnel des institutions collectives de soins (soins aux personnes porteuses de handicap…) et au reste du personnel hospitalier. 

Sur le terrain, au niveau des centres de vaccination, des problèmes ont été observés. Des convocations ne sont pas parvenues à ceux qui devaient être invités à se faire vacciner. Des doses de vaccin sont restées dans les frigos alimentant une polémique sur l’existence de stocks dormants. 

Samedi, les responsables de la "taskforce" vaccination, la plateforme qui pilote la campagne de vaccination, ont cherché à rassurer. Selon eux, il n’y a pas de stocks dormants. "Ces stocks qui sont, à l’heure actuelle, disponibles, ne sont absolument pas des stocks dormants, mais ils sont déjà planifiés pour être vaccinés, utilisés, la semaine prochaine et la semaine suivante", rassurait Sabine Stordeur, la coresponsable de cette "taskforce". Celle-ci expliquait aussi que le tir avait été rectifié dans la procédure d’envoi des convocations.


►►► Coronavirus : malgré deux invitations, impossible de se faire vacciner pour ce médecin de 75 ans


Mercredi, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke devrait aborder ces aspects pratiques de la campagne de vaccination avec ses collègues des entités fédérées. "Il y a des couacs qui doivent absolument être résolus et qui ne sont pas acceptables. Il y a des retards dans le processus qui ne sont pas acceptables", déclare, ce dimanche, Frank Vandenbroucke.

De nouvelles données scientifiques pourraient permettre d’accélérer la vaccination

Ce dimanche, le ministre Vandenbroucke a été interrogé par les des différents médias audiovisuels à propos de cette campagne de vaccination. Il a rappelé qu’il était en attente de réponse à trois questions posées au Conseil Supérieur de la Santé. Ces réponses sont attendues lundi ou mardi et devraient servir à alimenter le débat, mercredi, entre les différents ministres de la Santé, du fédéral et des régions et communautés.

Le vaccin AstraZeneca pour les plus de 55 ans ?

La première question posée par Frank Vandenbroucke au Conseil supérieur de la Santé concerne le vaccin AstraZeneca. Ce vaccin peut-il, oui ou non, être administré aux personnes âgées de plus de 55 ans ? Pour le moment, le Conseil supérieur de la Santé recommande de n'administrer le vaccin AstraZeneca qu’aux 18-55 ans, par manque de données sur son efficacité et ses risques en cas d’injection chez les plus âgés. 

Cependant, une étude a été menée en Ecosse sur une large population. "Ce sont des données en vie réelle qui concernent des centaines de milliers de personnes qui ont été vaccinées au travers de toutes les catégories d’âge, comprenant beaucoup plus de personnes âgées de plus de 65 et de plus de 80 ans et qui tend à démontrer une efficacité de ce vaccin dans ces groupes d’âge", expliquait, samedi, la coresponsable de la "taskforce" vaccination, Sabine Stordeur.

Les résultats de cette étude vont donc alimenter la réflexion du Conseil supérieur de la Santé sur l’usage à faire du vaccin d’AstraZeneca. Le Conseil remettra un avis au ministre pour mardi. En cas d’avis positif pour l’administration de ce vaccin aux plus de 55 ans, cela changerait la donne. "Si nous pouvons administrer l’AstraZeneca à tout le monde, notre campagne de vaccination pourra être plus simple et plus directe", estime Frank Vandenbroucke.

Plus de temps entre deux doses du vaccin Pfizer ?

Le ministre de la Santé a posé une deuxième question au Conseil supérieur de la Santé. Là aussi, un avis positif serait susceptible d’accélérer la vaccination. Cela concerne, cette fois, le vaccin Pfizer. Les deux doses nécessaires sont injectées, pour le moment, à un intervalle de 21 jours, selon les prescriptions du fabricant. La question posée au Conseil supérieur de la Santé est de savoir s’il serait possible d’espacer les doses en passant à 42 jours entre les deux injections. Cela rendrait disponible plus rapidement une plus grande quantité de doses de vaccin, de quoi vacciner plus de gens une première fois. 

"Si le Conseil supérieur de la Santé dit que le vaccin AstraZeneca est aussi adéquat pour les plus âgés, cela va simplifier énormément la campagne. Cela peut donner un boost à cette campagne", estime le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Et il ajoute : "Si l’on peut espacer davantage la première dose de Pfizer et la deuxième dose, cela crée quand même un effet d’accélérateur important qui sera très bienvenu dans le contexte que l’on vit actuellement, où il y a peut-être le danger d’une troisième vague qui commence", déclare Frank Vandenbroucke.

Une seule injection ?

Une troisième question a été aussi posée au Conseil supérieur de la Santé : une injection peut-elle suffire au lieu de deux ? Mais cette question, de l’aveu même du ministre est probablement encore prématurée. Les données scientifiques semblent trop peu nombreuses pour le moment pour pouvoir prendre position sur cette question.

Le ministre de la Santé a aussi été interrogé sur un quatrième vaccin, celui mis au point par Johnson & Johnson. Ce vaccin vient d’être autorisé aux Etats-Unis par la Food and Drug Administration, l’agence américaine des médicaments. Il peut être injecté en une seule dose. "C’est une très bonne nouvelle", a commenté le ministre. 

Toutefois, on ne sait pas encore quand ce vaccin sera disponible en Europe. La Belgique a commandé 5 millions de doses à la société américaine. Comme pour les autres vaccins précédemment autorisés en Europe, l’Agence européenne des médicaments doit remettre un avis. Il est attendu pour la mi-mars.

Sujet du JT de 19h30 du samedi 27/02

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK