Coronavirus en Belgique : dans les écoles, préparation à un déconfinement incertain

Ce lundi c’est la rentrée après les vacances de pâques. C’est aussi la dernière ligne droite avant la fin de l’année académique. Et alors que les chiffres du coronavirus sont de plus en plus encourageants, on se dirige progressivement vers un déconfinement. Mais quid des écoles ? Ce lundi, la ministre de l’Education de la Fédération-Wallonie Bruxelles tient une réunion à ce sujet.

Et pour l’heure, pas question de renvoyer à l’école les 900.000 élèves et 100.000 enseignants de la FWB ; Priorité est donnée aux élèves de dernières années. Pour avoir davantage d’éléments concrets, il faut attendre la prochaine réunion du Conseil national de sécurité qui aura lieu ce vendredi.

En attendant, dans les écoles on s’organise.

Priorités aux élèves de dernière année

En effet, ce sont les élèves de rhétos, de sixième secondaire ou encore de septième année professionnelle qui sont sur la "to-do list" de la réunion qui se tient ce mercredi. Ils pourraient être prioritaires en cas de réouverture progressive des écoles après le 3 mai. A raison, puisque pour la plupart d’entre eux, seront en septembre prochain dans l’Enseignement supérieur. Pour beaucoup, l’heure est à la préparation des examens de fin d’année ou encore d’entrée dans l’Enseignement supérieur. Objectif : les préparer au mieux.

Or, contrairement à la Flandre, pour le moment dans la FWB, il n’est pas question d’enseigner de nouvelles matières. Les élèves, à distance, travaillent à la consolidation de leurs acquis.

Néanmoins, si une réouverture progressive des écoles devait être décidée après le 3 mai, les élèves de dernière année pourraient être prioritaires.

Une opportunité de s’améliorer

En attendant que des mesures soient décidées, les écoles s’organisent et les cours à distance se développent. Et les élèves sont de plus en plus connectés. " On s’est dit que c’était l’opportunité de nous améliorer sur tout ce qui était numérique. Tous nos élèves ont reçu aujourd’hui un compte "Office 365" […] on a vu ça comme un accélérateur de changements", explique Isabelle Devos, directrice adjointe du centre d’enseignement secondaire de Jodoigne.

Il a donc fallu former le personnel enseignant mais également combler une certaine fracture numérique, et " penser aux élèves qui n’ont pas d’environnement numérique chez eux […] pour cela nous faisons des envois deux fois par semaine du suivi pédagogique".

Des inquiétudes qui subsistent

Pour le moment, il semble que ce soit l’incertitude de ce qui sera décidé ce vendredi, qui inquiète. Pas de réouverture ? Une réouverture partielle ? "Il y a encore beaucoup de points d’interrogation", souligne Isabelle Devos.


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Quoi qu’il en soit la réponse des autorités risque d’être le résultat d’une analyse "bénéfices-risques", explique Yves Coppieters, professeur de santé publique et épidémiologiste à l’ULB. L’idée est de pouvoir trouver le bon curseur entre les risques sanitaires d’un retour à l’école et les bénéfices en termes, économiques, sociaux, ou encore éducationnels.

Des mesures strictes en cas de reprise

Mais, cette éventuelle reprise ne pourra faire l’économie de mesures de prévention. C’est d’ailleurs, ce qu’a rappelé Emmanuel André, le porte-parole du centre de crise interfédéral de lutte contre le coronavirus lorsqu’il explique que nous devrons "vivre avec le virus" et trouver "une zone de confort, un périmètre où l’on peut continuer à vivre tout en se protégeant soi-même et en protégeant notre communauté de ce type d’augmentation fulgurante".


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Concernant les écoles, cela impliquera nécessairement des mesures "qu’on appelle des rentrées différenciées", c’est-à-dire, déterminer quels vont être les groupes prioritaires, l’organisation, de quels types de matériel nous aurons besoin pour permettre l’application des gestes barrières etc. Une série de mesures qu’il faudra établir scrupuleusement décrit Yves Coppieters. "Tout cela est un peu compliqué et il faut l’organiser opérationnellement. Car si ce n’est pas dans ce cadre là, cela sera compliqué en termes de transmission de la maladie", avertit l’épidémiologiste.

Le testing, nerf de la guerre

Pour Yves Coppieters, l’application de ces mesures devra obligatoirement être accompagnée de campagnes de testing beaucoup plus importantes. En effet, " les jeunes qui vont rentrer à l’école, ceux qui vont développer des signes et des symptômes mais aussi les enseignants, il faudra les isoler et les tester s’ils commencent à développer la maladie".