Coronavirus en Belgique ce 9 février : les indicateurs restent stables, les experts font le point sur les écoles et le covid de longue durée

Comme tous les mardis, le Centre de crise et l’institut Sciensano organisent une conférence de presse pour faire le point sur la situation épidémiologique du coronavirus.

"Le virus n’a pas changé sa contagiosité et nous tenons toujours bon. Le plateau se poursuit : il n’augmente pas, il ne diminue pas", a déclaré Yves Van Laethem en début de conférence.

En termes de nouveaux cas, on enregistre une diminution de 5% par rapport à la semaine précédente. Cette diminution ne coïncide pas avec une diminution du testing, a encore expliqué Yves Van Laethem : au contraire, le nombre moyen de tests effectués s’élève à 50.000 par jour.

Selon la tranche d’âge et la région

En chiffres absolus, ce sont les provinces d’Anvers, Flandre orientale et Flandre occidentale qui affichent l’augmentation la plus importante.


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En revanche, par rapport à la répartition en tranches d’âge, les indicateurs montrent que le nombre de cas diminue dans toutes les tranches d’âge, mais de manière plus marquée chez les seniors, âgés de plus de 80 ans (-18%) et de plus de 90 ans (-22%).

"L'âge moyen des nouveaux cas continue de diminuer" poursuit Yves Van Laethem. "La moitié des nouveaux cas concernent des personnes âgées de moins de 38 ans".

Hospitalisations en légère hausse et décès en baisse

En ce qui concerne les nouvelles hospitalisations, entre le 2 et le 8 février, en moyenne 121,3 personnes ont été hospitalisées à cause d’une contamination au coronavirus, ce qui représente une très légère progression de 2% par rapport à la période précédente.

Au total, ce sont 1698 patients qui se trouvent actuellement hospitalisés pour cause de coronavirus, dont 302 en soins intensifs. Par rapport à la période précédente, le nombre de patients hospitalisés a diminué de 8%. En termes d’occupation des soins intensifs, les indicateurs ont diminué de 7%.

Vous l’aurez remarqué, le nombre de personnes aux soins intensifs a légèrement remonté, et est repassé au-dessus de la barre des 300 personnes. Aucune raison de s’inquiéter toutefois : il s’agit d’un effet habituel en début de semaine, lié aux sorties et entrées à l’hôpital, a nuancé Yves Van Laethem.


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En termes de décès, ceux-ci continuent de diminuer. En moyenne, on déplore encore 39 décès par jour. Cela représente une diminution de 19% par rapport à la période précédente. "Cette descente sera moins spectaculaire à l’avenir", avertit toutefois Yves Van Laethem. Cela est dû à l’effet de la journée du 23 janvier, qui ne sera plus prise en compte dans le calcul du nombre de décès au fil du temps.

Quelles sont les règles pour les écoles ?

Lors de la conférence de presse, Steven Van Gucht et Yves Van Laetem ont également fait le point sur les contaminations au sein des écoles et notamment sur les règles à suivre lorsqu’un cas se déclare au sein d’une école.

"Comme vous les savez, la Belgique est l’un des rares pays occidentaux qui a réussi à garder vaille que vaille la plupart des écoles primaires ouvertes dans cette année difficile. Gardez les écoles ouvertes a été considérée comme une priorité sociale et psychologique", a déclaré Yves Van Laethem.

Selon Yves Van Laethem, la fermeture des écoles concerne uniquement une minorité de cas. L’infectiologue a également fait le point sur trois règles à garder à l’esprit.

1. La première règle est que si un enfant est malade et présente des symptômes, il doit rester à la maison. En ce qui concerne les enfants âgés de moins de 6 ans, le testing n’est pas forcément recommandé. Les experts ont rappelé que les enfants de cet âge font souvent l’objet de petites infections virales et que le test représente, malgré tout, un certain facteur de stress. En revanche, ils doivent bel et bien rester à la maison pendant dix jours.


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2. S’il existe une présomption d’infection au coronavirus au sein du foyer où vit l’enfant, celui-ci doit rester à la maison. Si le ou les membres de sa famille sont testés négatifs, l’enfant peut retourner à l’école. Au contraire, si un ou plusieurs membres de la famille sont testés comme positifs, les enfants sont considérés comme des contacts à haut risque. Ils doivent donc être placés en quarantaine. Cette quarantaine dure 10 jours. Elle se termine au bout de la dixième journée après le début des symptômes du membre de la famille testé positif. En revanche, même si c’est très rare, si la personne concernée peut s’isoler au sein du foyer, on peut compter le dernier jour de contact comme le dernier jour à risque.

Selon Yves Van Laethem, la quarantaine peut donc durer au total 20 jours, à moins qu’un test négatif fait à J18 ou J19 confirme la possibilité de terminer la quarantaine.

3. La troisième règle concerne les enfants de plus de 6 ans. Si l’enfant en question a eu un contact avec une personne contaminée, il est considéré comme un contact à haut risque : il est placé en quarantaine et testé. Si le risque est faible, il peut toutefois continuer à se rendre à l’école, à condition de s’abstenir des activités extrascolaires. Bref, il ne doit pas se mélanger avec les autres enfants.

Pour déterminer si le contact est à haut risque ou pas, les médecins, les structures psycho médico-sociales qui sont en charge de définir le risque. Lors de la conférence de presse, un tableau explicatif à ce propos a été montré.


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4. La quatrième règle concerne la manière de gérer les contaminations au sein du personnel de l’école. La médecine du travail reste en charge du suivi. La fermeture des écoles n’est toutefois pas toujours nécessaire. "Si on détecte une infection au niveau de l’école, on ne doit pas forcément fermer toute la classe ou toute l’école. Et cela ne dépend pas du type de variant" a expliqué Yves Van Laethem. En revanche, la fermeture d’une classe ou de l’école est nécessaire lorsque des infections multiples se manifestent au sein de l’école (et c’est à ce niveau que jouent les variants, qui sont plus contagieux), ou alors si les élèves d’une classe ont changé de places plusieurs fois au sein de la même classe ou que plusieurs classes ont été en contact.

C’est à ce moment-là qu’on peut décider de tester l’entièreté de la classe ou de l’école. Si une fermeture de l’école devient nécessaire, elle est décidée avec l’inspecteur sanitaire.

En revanche, en cas de testing d’une classe ou d’une école, il n’est pas indispensable de tout fermer avant le résultat. Cette décision est à prendre en revanche avec l’inspecteur d’hygiène et le PMS.

 
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© Capture d’écran – sciensano

Covid de longue durée : une surveillance accrue

L’infectiologue a également fait le point sur les "covid de longue durée", c’est-à-dire sur l’ensemble des cas de coronavirus où certains symptômes persistent, même après le pic aigu de l’épidémie. Le KCE, Centre d’expertise fédérale sur les soins de santé, a-t-il rappelé, poursuit son enquête lancée en décembre 2020 quant à ces cas assez particuliers.

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