Coronavirus en Belgique : "C’est un reconfinement, puisqu’on va devoir prendre de nouvelles mesures", affirme Christie Morreale

Alors que le comité de concertation se réunit ce vendredi 16 octobre, la question est sur toutes les lèvres : va-t-on devoir se reconfiner ? La situation épidémiologique se dégrade de plus en plus à Bruxelles et en Wallonie. Pour la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale, il va sans dire qu’une forme de reconfinement est à prévoir. "C’est un reconfinement, puisqu’on va devoir prendre de nouvelles mesures, mais je pense qu’on va devoir préserver ce qui compte et qui est essentiel", affirmait-elle ce vendredi dans Matin Première.

Pour autant, la ministre ne veut pas croire que la Belgique a tardé à prendre des mesures. "La crise nous surprend systématiquement", admet-elle, tout en rappelant qu’après avoir stabilisé la situation cet été, le pays a vécu une période automnale un peu compliquée, avec "à la fois un retour de l’école supérieure, des écoles, du travail, à la normale", ce qui a créé un nouveau pic, attendu par les scientifiques.

Pourtant, le reconfinement devait pouvoir être évité grâce au tracing des contacts… Est-ce à dire que celui-ci n’a pas fonctionné ? "La Belgique est dans le top 5 européen du tracing, réplique Christie Morreale. Mais avec le pic qu’on vient de connaître, on est passés de 700 à 3000 appels par jour." Il a donc fallu passer par des moyens plus adaptés, comme des SMS plutôt que des appels. "Mais la contamination est tellement large qu’il faut de nouvelles mesures", regrette la ministre.


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Et cette fois, le virus n’est plus circonscrit à quelques zones : c’est le pays dans son ensemble qui est touché, puisqu’après Anvers et Bruxelles, c’est la Wallonie qui voit les contaminations grimper. De quoi faire dire à certains que le gouvernement wallon se cacherait derrière le fédéral pour ne pas avoir à annoncer les mauvaises nouvelles. "Notre rôle est de prendre des décisions, y compris difficiles", rétorque Christie Morreale. Simplement, les institutions doivent, selon elle, "se serrer ensemble les coudes" et "essayer d’agir ensemble au moins sur un socle de mesures". "On est tous derrière le ministre fédéral de la santé et le Premier ministre, on a des réunions très nombreuses, note-t-elle. Plus on sera harmonisés, mieux ce sera."

Les mesures doivent donc être homogènes, affirme la ministre. Y compris les plus dures, comme celles qui concernent les maisons de repos. Les visites vont-elles être restreintes comme au printemps ? "Je ne le souhaite pas, clame Christie Morreale. Ce que je vais défendre, c’est le maintien du lien social." Un lien social dont les résidents ont besoin, et qui est pour le moment possible, selon elle. Même si elle admet que "si on a un grand rebond, il faudra stabiliser la situation".


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"Stabiliser", un mot froid qui recouvre une réalité pourtant difficile. On connaît les conséquences psychologiques qu’ont eues les mesures du printemps, pour les résidents comme pour le personnel, peu équipé. Pourtant, cette fois, la situation est moins tendue, affirme la ministre : "la majorité des maisons de repos s’opérationnalisent", note-t-elle, rappelant que les homes ont prévu des stocks stratégiques, tout comme la région, qui a relocalisé la production de plusieurs milliers de masques et de matériel médical. "En termes de protection, nous sommes beaucoup mieux outillés qu’en mars", conclut-elle.

Reste que pour beaucoup de Belges, la perspective de restreindre un peu plus encore les contacts sociaux est "rude", comme l’admet Christie Morreale. "Mais il faut penser à toutes les personnes pour qui ça aura un impact social ou économique", rappelle-t-elle. La question n’est pas de s’isoler complètement cela dit. L’idée est de "maintenir un minimum de lien social mais supprimer tout ce qui n’est pas nécessaire". Christie Morreale cite par exemple le télétravail, qui devrait être, dans la mesure du possible, généralisé. "Mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas du tout avoir des contacts", rassure la ministre.

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