Coronavirus en Belgique : Anvers victime d’un système de testing trop performant. "Absurde !", répond Alain Maron

La province d’Anvers est donc aujourd’hui sous surveillance au vu de la recrudescence de cas de Covid-19 détectés ces derniers jours. Aujourd’hui le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever a sa propre explication à cette explosion du nombre de cas dans sa ville. Il affirme que le système pour détecter les foyers de la maladie est très performant "Nous avons la chance à Anvers d’avoir des contacts étroits avec des gens en première ligne."

Bruxelles est visée

Et le bourgmestre d’Anvers ajoute, en pointant son regard vers Bruxelles : "Nous avons ainsi les données rapidement, plus rapidement qu’ailleurs dans le pays. Je me fais d’ailleurs beaucoup de soucis pour d’autres grandes villes et sur ce qu’elles savent vraiment de la situation."

Il poursuit : "le président de l’association des généralistes a déjà indiqué qu’on savait peu de choses sur les chiffres à Bruxelles. On marche un peu à l’aveugle, on ne voit les choses que lorsque les admissions augmentent à l’hôpital. À Anvers, nous avons des liens très étroits avec la première ligne. Nous avons un excellent réseau de généralistes et d’hôpitaux, des centres de triage. Nous savons très vite ce qu’il se passe".

En résumé, Anvers serait au centre de l’attention car victime d’un système trop performant alors que la situation serait tout aussi préoccupante à Bruxelles et dans d'autres grandes villes.

"Absurde"

Cette analyse du bourgmestre d’Anvers a fait sursauter le ministre régional Bruxellois en charge de la Santé, Alain Maron : " Je pense que monsieur De Wever doit apprendre quelque chose d’essentiel dans le cadre de la gestion de ce virus, c’est l’humilité. Nous mettons tout en œuvre partout en Belgique pour repérer le plus rapidement les cas, les tester et les isoler. L’ensemble de ces données sont remontées vers Sciensano. Que je sache, cette procédure n’est pas différente à Bruxelles ou à Anvers. Donc trouver des facteurs explicatifs de la situation anversoise à Bruxelles ou dans d’autres villes est tout simplement absurde".

Le ministre Maron insiste : "En aucune manière la différence du nombre de cas repérés à Anvers ne peut s’expliquer par une différence de procédure. La différence est beaucoup trop importante, les différentes statistiques sont beaucoup trop grandes pour pouvoir s’expliquer uniquement par des différences de procédures".

Des tests insuffisants à Bruxelles

Bart De Wever partage aussi l’inquiétude d’une association de médecins généralistes bruxellois néerlandophones selon laquelle il n’y aurait pas une vue complète sur la situation dans la capitale. Alain Maron se veut rassurant: "Nous allons nous organiser dès aujourd’hui avec les hôpitaux et les groupements de médecins généralistes pour augmenter la capacité de testing à Bruxelles. Il y a eu, c’est vrai, une saturation de demande de tests à cause d’un afflux de personnes qui veulent partir à l’étranger et qui doivent passer le test pour montrer qu’elles ne sont pas malades afin d'entrer dans ces pays. Cela a généré une saturation dans certains centres de test. Mais ce n’est pas dû à un afflux de malades ou de cas symptomatiques ou de personnes qui seraient en contact avec des malades".

Alain Maron conclut : "Actuellement, avec les informations dont je dispose de la part de Sciensano, il n’y a aucune raison de penser que la situation à Bruxelles est comparable à celle d’Anvers".


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Constat partagé du côté de la Fédération des Associations de Médecins Généralistes de Bruxelles. Pour son administrateur, le docteur Pierre Leemans, Il n’y a pas moins de tests réalisés en province d’Anvers que dans la région bruxelloise : " Il n’y a pas de raison, la politique de testing est la même dans tout le pays. Donc on en fait dans la même proportion".

Pas de données à Anvers pour l’instant

Du côté de Sciensano on nous affirme qu’il n’y a, pour l’instant, pas de chiffres sur le nombre de tests effectués chaque jour dans la province d’Anvers ou dans les autres provinces du pays.

Des données pourtant indispensables pour y voir plus clair sur les affirmations de Bart De Wever. Sciensano assure travailler à la récupération de ces données afin de pouvoir les fournir très rapidement.


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Du côté de Bruxelles, il y a actuellement quatre centres de tests opérationnels dans des hôpitaux, alors que "13 l’étaient il y a quelques semaines encore et ont été fermés faute de public", communique le cabinet du ministre Maron. Il y a aussi tous les centres et labos privés et communautaires qui effectuent des dépistages, au nombre de 13.

La capacité totale, par jour, tourne autour de 2000 tests, ajoute le cabinet.

Archives JT du 25/07/2020 - Rebond de l'épidémie et testing: Jean-Luc Gala spécialiste des maladies infectieuses

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