Coronavirus: "Demain, nous aurons dépassé le seuil symbolique du millier d'hospitalisations", annonce Yves Van Laethem

Selon Yves Van Laethem, les derniers chiffres sont préoccupants
Selon Yves Van Laethem, les derniers chiffres sont préoccupants - © RTBF

Les bars et restaurants bruxellois devront à nouveau fermer leurs portes pour une durée d’un mois cette fois. Mais cette mesure entendue dans la bouche du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, Fabien Hermans, administrateur de la Fédération Horeca Bruxelles, a bien du mal à la digérer. Selon lui, le secteur est en train de "crever". Il regrette de ne pas avoir pu imposer de créneaux horaires selon les tranches d’âge et ne comprend pas pourquoi d’autres secteurs tels que l’enseignement ou les transports publics ne subissent pas le même sort.

Selon Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, un choix devait être fait : "L’Horeca, les bars sont fréquentés par des adultes et l’on sait qu’au sein des adultes, non seulement la pathologie se transmet mais peut aussi frapper de manière sévère. Au niveau des écoles, la pathologie est dans les normes avec une transmission qui n’est pas le driver dans la société. Ce ne sont pas les enfants qui contaminent les parents la plupart du temps. Avec cet aspect des choses et la nécessité de garder un milieu pédagogique stable, le choix a dû être fait et le politique a choisi les enfants plutôt que l’économie ou une partie des choses qui peuvent nous permettre de nous évader dans certains plaisirs que l’on a tous envie de retrouver."

Une décision d’autant plus compréhensible, selon le porte-parole, que la situation n’est pas sur le point de s’améliorer : "Nous avons évoqué des seuils symboliques aujourd’hui (pour Liège et Bruxelles, ndlr). Demain, on les dépassera. On aura dépassé 1.000 hospitalisations et 200 personnes en soins intensifs. Et le taux de positivité des tests, que l’on sait être un bon reflet de la circulation du virus, montrera des chiffres relativement impressionnants : Bruxelles va approcher des 15 % et Liège sera à 12 %. On se trouve dans une situation où l’on peut mieux comprendre ce qui a été décidé à Bruxelles et ce qui sera peut-être décidé ailleurs."

Un reconfinement est-il envisageable ?

Il suppose également qu’un confinement local nous pende éventuellement au nez : "Le confinement est une réelle épée de Damoclès", estime-t-il. "Cette épée tient avec deux fils et si on les coupe, elle pourrait tomber. Sans doute pas comme on l’a connu en mars-avril puisque cela voudrait dire qu’une nouvelle vague gigantesque balayait le continent. Par contre, elle pourrait tomber localement (provinces, communes, villes). N’oublions pas que Madrid vit un certain lockdown et n’est pas beaucoup plus infecté que Bruxelles."

Les interventions chirurgicales déprogrammées

De son côté, Christelle Meuris, infectiologue au CHU de Liège, fait également état de chiffres préoccupants : l’hôpital liégeois aurait accueilli 9 patients supplémentaires en l’espace de 24 heures : "En 24 heures, nous sommes passés de 35 à 44 patients. La situation est extrêmement tendue dans les hôpitaux puisque nous essayons d’accueillir tous les patients, ceux qui n’ont peut-être pas toujours eu la chance de venir à l’hôpital lors de la "première" vague et les autres. Nous en sommes déjà à commencer à déprogrammer les interventions chirurgicales alors que nous n’avons pas spécialement rattrapé toute l’activité qui a été perdue. C’est la situation que nous voulions éviter, mais nous y sommes."

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