Coronavirus : Catherine Fonck (cdH) regrette le "jeu de ping-pong entre les 9 ministres de la Santé"

La Chambre a approuvé la mise en place d’une commission spéciale qui sera chargée d’évaluer la gestion de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Si les faits le justifient, cette commission pourra éventuellement se muer en véritable commission d’enquête, disposant alors des mêmes compétences qu’un juge d’instruction. Le cdH s'est opposé à la création de cette commission spéciale. Interrogée sur La Première, la cheffe de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck explique pourquoi elle aurait préféré qu'il s'agisse d'une commission d'enquête : "Quand on est dans une situation aussi grave, avec près de 10.000 décès, avec une crise économique et sociale gravissime, je crois qu'on se doit de faire la clarté sans tabou, avec une transparence complète, et surtout de se donner tous les moyens d'une commission qui permet à la fois d'évaluer les choses, de tirer les leçons et, le cas échéant, de désigner des responsabilités sur le plan politique. Nous le devons à l'ensemble des citoyens et aussi aux soignants qui, à plusieurs reprises, ont dénoncé des manquements importants au niveau de la gestion de cette crise".

Jeu de ping-pong

Le fait que la présidence de cette future commission soit attribuée à l'Open Vld, le parti de la ministre de la Santé Maggie De Block, qui était au centre de la gestion de la crise est "interpellant", poursuit Catherine Fonck, "mais c'est la logique de la clé D'Hondt. Ce qui est important, c'est la manière avec laquelle le président ou la présidente de cette commission gérera les choses. Si on gère les choses comme ce que l'on vit depuis des mois en commission de la Santé de la Chambre, où on répète, semaine après semaine, les mêmes questions et malgré cela les ministres décident de ce qu'ils veulent bien répondre et ne donnent pas les documents que nous demandons pour faire la transparence, alors cela ne sert à rien. C'est pour cela que nous voulions une commission d'enquête : on ne peut pas refuser d'y venir, ni refuser de donner des documents. Parmi les nœuds qui posent question, il y a celui de la répartition des compétences. Il y a 9 ministres de la Santé, avec un jeu de ping-pong qui s'est accentué dans la gestion de cette crise. Deux tiers des citoyens belges appellent à ce qu'on supprime tous ces ministres de la Santé et qu'on refédéralise la Santé. On doit pouvoir clairement discuter de ce point de manière audacieuse et courageuse".


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Pour Catherine Fonck, "on aurait dû mettre en place le port d'un masque de manière plus rapide. Pas chez soi dans son jardin, mais dans les magasins qui sont des endroits clos et où il y a beaucoup de monde et beaucoup de mouvements".

"Nous devons réussir le déconfinement parce qu'avoir une deuxième vague serait catastrophique sur les plans sanitaire et économique. Mais nous sommes trop faible en ce qui concerne le testing, le tracing et le fait d'isoler les porteurs : par exemple aujourd'hui on ne peut toujours pas tester les personnes asymptomatiques et on n'a toujours pas les résultats des tests dans les 24 heures. Or la rapidité permet d'isoler les porteurs et de casser les chaînes de transmissions", dit-elle encore.

"Tourner en rond n'est pas une option"

Concernant la mise en place d'une future coalition fédérale après la fin des pouvoirs spéciaux, Catherine Fonck déclare : "Il faut arrêter de faire des exclusives. Cela fait un an qu'on tourne en rond. Continuer à tourner en rond n'est pas une option. Les politiques ne sont pas là pour bloquer le pays. Ils doivent trouver des solutions. Le trio MR, Open Vld et CD&V a la main, j'ose espérer qu'ils trouveront une solution pour former un gouvernement".

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