Coronavirus : à la veille d'un comité de concertation, le Premier répond aux députés mais ne se prononce pas sur d'éventuelles nouvelles mesures

Coronavirus : A la Chambre, à la veille d’un comité de concertation, des députés réclament des mesures nationales
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Coronavirus : A la Chambre, à la veille d’un comité de concertation, des députés réclament des mesures nationales - © THIERRY ROGE - BELGA

Le coronavirus s’est une nouvelle fois invité dans les débats à la Chambre à l’occasion des questions parlementaires. Chaque jeudi, les parlementaires interrogent les membres du gouvernement sur la politique menée. L’aggravation du contexte épidémique et sanitaire en Belgique inquiète et interpelle de nombreux députés qui réclament une meilleure coordination de la part du Premier ministre

A la veille d’un nouveau comité de concertation qui se penchera sur le suivi des mesures prises, le Premier ministre ne s’est pas avancé sur des pistes précises ni sur de nouvelles mesures à mettre en œuvre dans le cadre de la pandémie. "Si nous voulons sortir de la zone à risque, cela demandera un effort de longue haleine", a déclaré Alexander De Croo à la Chambre,

"Nous nous trouvons dans un confinement partiel à l'heure actuelle", a rappelé M. De Croo, en référence à son discours prononcé mercredi soir. "Plus vite les mesures entrent en vigueur, plus vite on peut protéger les gens", a-t-il ajouté. "Les gouvernements luttent côte à côte et c'est dans cette solidarité que nous devons combattre ce virus. Cette unité est absolument cruciale", a-t-il également soutenu.  

Alexander De Croo n'a pas levé le voile sur les mesures qui pourraient être prises. On parlera des mesures de première ligne, santé mentale, etc., a-t-il simplement énuméré, ajoutant faire le maximum pour renforcer la capacité en soins intensifs de 1900 à 2800 lits.  

Alexander De Croo est revenu sur les chiffres de contamination : "Si on regarde ces chiffres, nous voyons que le chiffre de reproduction s’est, aujourd’hui, stabilisé à 1,4. Cela veut dire que deux personnes malades rendent trois autres personnes malades.  C’est trop élevé", a estimé le Premier ministre pour qui il faut faire reculer ces chiffres, devenus plus élevés que ceux de la première vague. 

Il rappelle la nécessité de respecter les règles tout en avertissant que "si nous voulons sortir de la zone à risque, cela demandera un effort de longue échéance".  Les efforts demandés devront être maintenus, a estimé le Premier ministre, précisant que le comité de concertation de demain se penchera sur cela.

Des députés réclament des mesures fortes et nationales

Les multiples questions qui ont été posées au Premier ministre ont toutes eu en toile de fonds la situation difficile dans laquelle est plongé le pays. "Une situation hors de contrôle, et des jours qui viennent qui seront pires", pour la cdH Catherine Fonck. "L’heure est grave et nous occupons la première place européenne en termes de contamination", pour le député socialiste Hervé Rigot. 

Des députés qui épinglent aussi la cacophonie dans laquelle les décisions ont été prises ces derniers jours, tant par le niveau fédéral que par les entités fédérées et qui freinent la compréhension de la part des citoyens et leur adhésion aux mesures. "Vous devez reprendre les choses en main avec des mesures fortes", demande la députée Catherine Fonck (cdH) au Premier ministre, estimant qu’on va "droit dans le mur", "dans un pays de la taille d’un confetti pour le virus".

La député Sophie Rohonyi (Défi) attribue cette cacophonie au "refus d’un seul parti de voir des mesures prises pour tout le pays".  

Pour le député Ecolo-Groen Kristof Calvo, "la solution s’appelle la Belgique, s’appelle coopérer, s’appelle l’unité de la Belgique, avec les mêmes mesures d’Ostende à Arlon".  Son collègue Gilles Vanden Burre (Ecolo-Groen) demande, lui, "qu’une unité de commando forte et centralisée, émanant du fédéral soit mise en place", l’encourageant à poursuivre dans la logique des annonces faites hier par le gouvernement.

Pour Raoul Hedebouw (PTB), le gouvernement ne s’inquiète pas assez de la situation dans les entreprises. Outre les mesures prises pour limiter les contacts dans la sphère privée, dans la culture, les loisirs, etc, il faudrait, estime le député PTB se pencher sur les entreprises. Selon lui, le respect de la quarantaine n’y est pas toujours effectif : "Quand va-t-on avoir des inspections sociales renforcées pour vérifier le respect des quarantaines sur le terrain", se demande Raoul Hedebouw, regrettant que la remise en question du respect des règles sanitaires dans les entreprises soit un sujet tabou.

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