Coronavirus : 340.000 Belges seront vaccinés prioritairement, dès janvier

La Belgique finalise sa stratégie de vaccination. Un accord est sur la table des différents ministres de la santé. Reste à le faire valider par les différents niveaux de pouvoir. Un conseil restreint des ministres du gouvernement fédéral se réunissait ce mercredi soir pour analyser les derniers éléments. Nous avons pu consulter la note qui fixe le cadre de la campagne gigantesque de vaccination qui démarrera le 5 janvier prochain. Tout s'est accéléré dans la soirée. L’ensemble sera présenté ce jeudi, normalement lors d'une conférence de presse.

Qui sera vacciné en premier ?

Dans un premier temps, seul un nombre très limité de vaccins sera disponible, ce qui rendra nécessaire la hiérarchisation des groupes à risque. Les autorités ont donc fixé des critères très précis et identifié les groupes à vacciner en priorité, à savoir :

  1. Les résidents et le personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées (MR/MRS), suivis par les résidents et les professionnels de santé au sein des structures collectives de soins.
  2. Les professionnels de soins au sein des hôpitaux et les professionnels de soins œuvrant en 1re ligne. Cette catégorie regroupe toutes les personnes qui sont à risque élevé de contamination en raison de contacts rapprochés avec des patients Covid-19, dans le cadre de leur activité professionnelle.
  3. Les autres membres du personnel des hôpitaux et des services de santé incluant aussi les structures investies dans la prévention (p.ex. centres de vaccination et centres de dépistage du cancer, ONE et Kind en Gezin). Les personnels œuvrant sur base volontaire (ex. bénévoles, stagiaires, étudiants) sont aussi inclus dans cette catégorie. Cette catégorie regroupe toutes les personnes qui sont à risque moindre de contamination dans le cadre de leur activité professionnelle.
  4. Les personnes âgées de 65 ans et plus, soit indistinctement, soit par catégories d’âge descendantes selon la disponibilité des vaccins.
  5. Les personnes de 45-65 ans avec des comorbidités spécifiques : obésité (BMI ≥ 30), diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, pulmonaires, rénales et hépatiques chroniques et malignités hématologiques jusqu’à 5 ans après le diagnostic et tous les cancers solides récents (ou traitements anticancéreux récents). La liste des comorbidités n’est pas arrêtée définitivement. Il convient d’envisager de l’élargir si des preuves scientifiques mettent en évidence de nouveaux groupes à vacciner prioritairement (impact sur la transmission).
  6. Les personnes qui exercent une activité au sein des services publics essentiels (tels que la police, l’armée, les services d’incendie, la protection civile…).
  7. Les personnes qui exercent une fonction critique au sein d’entreprises privées.

Trois étapes dans la stratégie de vaccination

Le groupe de pilotage de cette stratégie de vaccination a élaboré différentes phases. La première phase (1a) hautement prioritaire sera extrêmement centralisée autour les hôpitaux et les structures de soins. Selon les estimations évoquées dans la note de travail, "340.000 pourront être vaccinées dès janvier, 210.000 à partir de février et 620.000 dès mars". 

La deuxième phase (1b) permettra d’élargir les groupes cibles via des centres de vaccinations de première ligne. Les stocks seront alors normalement suffisants pour commencer la vaccination des plus de 65 ans en ambulatoire et des patients à haut risque. Pour cette étape, les conditions de stockage des vaccins pourront être moins exigeantes.

L’accord prévoit que "la première ligne locale et les autorités locales se verront confier une grande responsabilité". Il est mentionné que l’expérience développée dans les centres de testing pourrait servir au déploiement de cette phase de la stratégie de vaccination. "Une partie importante de ces centres existants peut être utilisée sur le plan des infrastructures à condition que l’incidence locale des infections à Sars-Cov-2 soit et reste faible", évoque le document.

Les centres, mais aussi le système de rendez-vous, les prestataires de soins pourraient être activés. "Il sera certainement nécessaire, dans les grandes villes, de prendre des initiatives de vaccination de masse à plus grande échelle." concluent les autorités.

Ce n’est que lors de la dernière phase (Phase 2) que l’on pourra parler d’une vaccination généralisée, y compris pour les groupes à faible risque. "À ce moment-là, en plus des vaccins multidoses, des doses uniques commenceront également à apparaître sur le marché", précise la note de travail. "Cela implique que les canaux réguliers via la première ligne, Enfant & Famille et l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) et les autres centres de vaccination existants commenceront progressivement à administrer les vaccins."

Le début de chaque phase sera déterminé par la disponibilité et les caractéristiques du vaccin. On connaît le défi logistique qu’impliquent certains vaccins. 

Entre avril et juin, les autorités estiment que le nombre de personnes vaccinées va progressivement augmenter à trois millions. Pour une grande partie des Belges, il faudra donc attendre l'été.

20 millions de doses

Actuellement, la Belgique a conclu des accords pour l’achat des candidats d’AZ, Janssen, Pfizer/BioNTech, Curevac et Moderna. Ces contrats couvrent pour l’instant l’acquisition d’environ 20 millions de doses. Les premières doses de vaccins pourraient être livrées d’ici la fin de 2020, début 2021 à condition que les vaccins soient autorisés à être commercialisés dans l’Union européenne.

L’agence belge de contrôle belge des médicaments, l’AFMPS, a opté pour un seul hub central pour dispatcher ensuite l’ensemble des lots sur le territoire. "Les vaccins requièrent des conditions de conservation et de transport de 3 types : 2-8 °C, -20 °C, et -80 °C. C’est pourquoi les lieux où ils seront conservés dans les centres de vaccination devront être équipés en conséquence et manipulés par du personnel qualifié", précise le texte qui définit la stratégie. .

Une fois les vaccins livrés aux centres de vaccination et aux points de vaccination plus petits, les entités fédérées prendront le relais pour la mise en œuvre de la vaccination elle-même.

Vaccination en Belgique, quelles sont les priorités? : JT du 02/12/2020

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