Coronalert : "Si on atteint 15% d’adhésion de la population, on sauve des vies" estime Axel Legay, concepteur de l’application de traçage

Coronalert, c’est l’application de traçage numérique. Après avoir été testée, elle est lancée officiellement ce mercredi en Belgique et vous serez libres de la télécharger sur votre GSM. Elle permettra de vous alerter si vous avez été en contact avec une personne positive au Covid-19.

Mais que faut-il penser de cette application ? Est-ce l’outil idéal pour enrayer l’épidémie ou au contraire une nouvelle attaque à nos libertés individuelles ? L’émission Questions en prime a fait le point avec Axel Legay, professeur en cybersécurité à UCLouvain et concepteur de l’application et Olivia Venet, avocat et présidente de la ligue des Droits humains.

Comment fonctionne Coronalert ?

Le Coronalert est un dispositif qui fonctionne via le système Bluetooth, explique Axel Legay. Une fois téléchargé sur votre téléphone portable, il dialogue avec les autres téléphones portables qui ont chargé l’application, dès qu’ils sont à moins d’un mètre cinquante l’un de l’autre, pendant plus de quinze minutes.

"Si une personne tombe malade, les identifiants de son téléphone serviront à prévenir anonymement via une base de données toutes les personnes entrées en contact avec elle. Mais c’est impossible de savoir quand ça s’est passé et qui est malade. C’est totalement anonyme" garantit Axel Legay, le concepteur de l’application.

Un avis que ne partage pas Olivia Venet. Même si la présidente de la ligue des Droist humains admet sans problème que le principe est extrêmement louable et que l’application en tant que tel ne lui pose pas de problème, elle décèle un problème avec la base légale qui n’est pas assez claire.


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"Il faut tracer mais on organise ce traçage à l’aide de nombreuses bases de données et ça, ce n’est pas nécessaire. En fait, pour ce traçage du covid, on crée une base de données et notre souhait, c’est que cette base de données collecte le moins d’informations possibles. Exemple, il n’est pas nécessaire d’indiquer le numéro de registre national dans toutes les bases de données parce que c’est un numéro qui permet ensuite de croiser les données. On collecte aussi le scan pulmonaire. Ce n’est pas nécessaire de collecter toutes ces données".

Mais pour Axel Legay, on se méprend sur le fonctionnement de l’application.

"La seule chose qui vient compléter la base de données de Sciensano, c’est Un numéro aléatoire de 17 chiffres qui va remplacer votre nom, prénom, adresse et numéro de téléphone. Un numéro qui n’a absolument rien à voir avec le registre national ou toute autre identification".

En plus ajoute Axel Legay, les "données codées" sont effacées après 14 jours.

Serais-je obligé de me mettre en quarantaine et de me faire tester si l’application m’informe d’un risque ?

Pour Olivia Venet, rien n’est clair à ce sujet dans les textes légaux. "On ne sait pas si on nous fera des recommandations ou on nous imposera quelque chose avec une éventuelle sanction à la clé".

"Y a des sanctions prévues si on ne respecte une quarantaine" précise Axel Legay. "Mais ça n’a rien à voir avec l’application puisque personne n’est en mesure de dire si vous l’avez téléchargée. Je rappelle que tout est anonyme".

Google ou Facebook en sait bien plus sur nous…

Ces grandes entreprises du numérique possèdent en effet beaucoup de données sur nous mais pour Olivia Venet, la finalité de ces données, qui pose néanmoins question, ont trait essentiellement à du marketing. C’est à l’entendre très différent de la collecte d’informations liées à un Etat qui lui a la capacité de nous infliger des amendes ou encore de nous priver de libertés.

L’application qui collecte des données centralisée et étatique, c’est Stopcovid, rétorque Axel Legay. Cette application est française et n’a d’ailleurs pas du tout fonctionné. Coronalert ne fonctionne pas du tout sur les mêmes principes selon lui.

Quid de la fracture numérique ?

Cette fracture numérique concerne toutes les personnes qui ne possèdent pas de smartphones ou qui ne sont pas à l’aise avec les technologies. Cette application les met donc complètement hors jeu estime Olivia Venet.

Axel Legay explique que le développement d’objets connectés qui protégeront les personnes âgées est en développement. Mais il faut travailler par étapes. Et cette première étape, ce sera d’atteindre 15% d’adhésion de la population

"Avec 15% d’adhésion de la population, nous pouvons déjà sauver des vies" conclut Axel Legay.

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