Contrer la campagne 40 jours anti-viande avec 40 menus locaux

Le ministre Collin qui lance la contre attaque est entouré, à droite, par le Top Chef Julien Lapraille qui concocte chaque jour un nouveau menu et, à gauche, par Eric Boschman qui suggère un accompagnement eau, bière ou vin local.
Le ministre Collin qui lance la contre attaque est entouré, à droite, par le Top Chef Julien Lapraille qui concocte chaque jour un nouveau menu et, à gauche, par Eric Boschman qui suggère un accompagnement eau, bière ou vin local. - © CARL DEFOY - RTBF

"40 jours, 40 menus locaux". Voilà la réplique de l’agriculture wallonne à l’opération 40 jours sans viande, une initiative qui reste en travers de la gorge des fermiers wallons et de leur ministre. René Collin lance ainsi une contre-offensive, une opération de séduction qui met l’accent sur la qualité des produits régionaux.

Rien à voir avec l’Amérique

1Kg de viande produit chez nous ne requiert pas 15 000 litres d’eau mais 50 litres. Nos élevages ne sont pas comparables aux productions outre-Atlantique. Ils sont bien plus économes, explique le ministre Collin, parce que les fermiers wallons ne pratiquent pas l’élevage intensif.

En laissant penser que les méthodes locales s’alignent sur les standards américains, cette campagne qui propose 40 jours sans consommer de viande ne réduira pas l'empreinte écologique et n'améliorera pas l'état de la planète ni la santé de la population, martèle le ministre. C'est, selon lui, une position sectaire appuyée sur des contre-vérités. "Il faut donc, dit René Collin, contrer ces messages mensongers, dangereux et qui, intellectuellement sont malhonnêtes."

Un secteur en souffrance

D’autant que le secteur craint l’impact de cette opération. Les éleveurs wallons soulignent qu’elle est sponsorisée par une industrie agro-alimentaire (comme on peut le voir au pied de cette page web) qu’ils soupçonnent de vouloir capter leur marché sans s’embarrasser de la manière.

Or, les fermes wallonnes vivotent. Le prix de la viande s’est écrasé et cette campagne que Hugues Falisse, de la Fugea, juge profondément injuste, pourrait encore enterrer quelques fermiers supplémentaires. "On se demande parfois si ça vaut encore la peine de travailler autant, dit-il. On continue par passion mais la rentabilité n’est pas bonne ; c’est très clair."

Contre-attaque

La réplique se met en place. C’est une promotion non pas de la viande – il faut en consommer raisonnablement, disent les producteurs – mais de tous les produits locaux. Eric Boschman, Gérald Watelet et le top chef Julien Lapraille en sont les ambassadeurs.

Ces produits ont du goût, sont bons pour la santé et ont une empreinte environnementale minime, dit Julien Lapraille. Petit-fils d’agriculteur, il connaît les produits régionaux que sa cuisine a pour vocation de mettre en valeur. "Il y a un travail énorme pour obtenir des produits d’une aussi bonne qualité, dit-il avec conviction, qu’ils nous permettent de créer un "40 jours intelligent."

Et donc pendant 40 jours, sur Facebook, Twitter et Instagram, le trio proposera quotidiennement des menus simples et variés à base de produits régionaux. Une façon, disent-ils, de prendre de la hauteur par rapport au simplisme de la campagne sans viande, tout en soutenant un patrimoine agricole de qualité.

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