"L'épidémie se renforce et cela n'est pas bon", déclare Sophie Wilmès pour qui le mot d'ordre reste la prudence

Ce mercredi 15 juillet, le Conseil national de sécurité s'est une nouvelle fois réuni. Lors de la conférence de presse qui a suivi cette réunion, la Première ministre Sophie Wilmès a annoncé que la Belgique ne disposait pas, pour le moment, du feu vert nécessaire pour passer en phase 5 de déconfinement. Une phase qui doit normalement débuter début août. La Conseil national de sécurité juge en effet que les chiffres de l'épidémie n'évoluent pas dans le bon sens. Une nouvelle analyse de la situation sanitaire et une nouvelle conférence de presse se tiendront la semaine prochaine.

Port du masque, contacts sociaux,... règles inchangées d'ici une nouvelle évaluation la semaine prochaine

La Première ministre est revenue sur le fait que le nombre de nouvelles contaminations est en hausse. Des foyers réapparaissent notamment en Flandre. La lassitude des contraintes et le relâchement des normes de sécurité préoccupent aussi les experts. "Entre le 5 et le 11 juillet, nous observons une hausse de 8% de cas par rapport à la semaine précédente. Le taux de reproduction est au-dessus de 1. L’épidémie se renforce et cela n’est pas bon", a ajouté Sophie Wilmès. Le port du masque reste donc obligatoire dans tous les lieux publics, cinémas compris. Un port du masque qui doit être complété par un suivi rigoureux des gestes barrières rappelle Sophie Wilmès. 

"La semaine prochaine, le jeudi 23 juillet, nous allons évaluer et voir si nous pouvons poursuivre avec la phase 5. Pour pouvoir le faire, la situation doit rester bonne. Nous continuerons cependant le travail ces prochains jours", ajoute la Première ministre. "C’est important pour les secteurs qui sont encore à l’arrêt et qui attendent des perspectives", a ajouté la Première ministre. "Cela concerne, par exemple, la reprise des activités de la vie nocturne qui reste très sensible sur le plan sanitaire".

Vu la situation sanitaire belge, les contacts personnels sont toujours limités à 15 par semaine. 

L'évaluation de jeudi prochain concernera donc également les contacts sociaux, tout comme les retours de vacances. 

Mais Sophie Wilmès a rappelé qu'il ne suffit pas de quelques jours pour en savoir beaucoup plus sur la tendance que prend l'épidémie en Belgique : "Nous sommes au début de cette tendance. Nous voulons voir comment elle évolue. Nous savons qu'en l'espace de quelques jours, nous ne pourrons pas dire si cette tendance va se poursuivre. Le groupe d'experts chargé de la stratégie de sortie de crise pense également qu'il vaut mieux attendre pour voir quelle sera la tendance. Nous essayons d'avoir davantage d'informations pour comprendre le pourquoi de cette hausse de contaminations. De quels cas s'agit-il? Quels profils? Là, on pourra réfléchir à une meilleure solution". Et de poursuivre : "La semaine prochaine, si cette tendance négative se poursuit, nous ne pourrons pas passer à la phase 5. Et si des mesures plus sévères s'imposent à l'avenir, nous serons prêts à les prendre s'il le faut". 

La Belgique se prépare à une possible nouvelle vague

Sophie Wilmès a également précisé que la Belgique se prépare à un potentielle nouvelle vague : "En l’espace de quelques mois, nous avons acquis une expertise impressionnante en matière de règles sanitaires et ce, en travaillant avec le monde médical et scientifique. Nous avons nos forces et nous avons découvert nos faiblesses. Nous essayons d’améliorer nos faiblesses".

Pour anticiper cette possible nouvelle vague, le gouvernement a renforcé la capacité de testing du pays : "Notre politique de testing nous vaut déjà d’être dans le top 10 mondial des pays qui ont testé le plus par million d’habitants ", a détaillé Sophie Wilmès. "Par million d'habitants, notre volonté est de maintenir notre capacité de testing entre 30.000 et 40.000 tests journaliers pour septembre et l'élargir encore au mois d'octobre". 

Et d’ajouter : "Nous avons constitué un stock de masques stratégique important. Et pour fin août, nous détiendrons 200 millions de masques chirurgicaux, 33 millions de masques type FFP2, 5 millions de masques supplémentaires en tissu, en plus de ceux déjà disponibles en pharmacie. Nous avons aussi affiné le plan d'urgence dans les hôpitaux et les régions continuent à parfaire leur stratégie d’intervention en cas de foyers épidémiologiques, notamment via des unités mobiles prêtes à intervernir très rapidement", précise Sophie Wilmès pour qui la prudence reste le mot d'ordre. 

Le reconfinement local est donc envisagé si, à l'avenir, la situation sanitaire se détériore : "Il n'y a pas de raison d'exclure des reconfinements locaux", explique Sophie Wilmès. "Avant même ce jour-ci, quand il y a eu des recrudescences dans certaines communautés, comme les écoles, elles ont été fermées. Mais nous n'en sommes par encore là."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK