Conseil de l'Europe: "Certaines délégations préféraient un secrétaire général un peu moins fort que Didier Reynders"

Didier Reynders n’a pas été élu mercredi au secrétariat général du Conseil de l’Europe. Interrogée sur La Première, la sénatrice Groen Petra De Sutter, membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, évoque les coulisses de cette non-désignation de Didier Reynders : "On ne l'attendait quand même pas. Cette semaine l'atmosphère a un peu changé. L'autre candidate (la Croate Marija Pejcinovic Buric) s'est mieux présentée qu'elle l'avait fait au mois d'avril. On entendait dans les couloirs qu'elle avait plus de chances. Il était très présent et très visible cette semaine cette semaine: cela peut être une stratégie, mais des gens trouvaient qu'il était un peu trop sur de lui-même. Madame Buric est une femme et c'est sûr que l'effet homme-femme aura joué. Certaines délégations (dont la russe) préféraient peut-être un secrétaire général un peu moins fort et moins compétent que Didier Reynders".

Petra De Sutter ne pense pas que le candidat belge ait été sanctionné en raison de la façon dont la Belgique traite les droits humains (enfermement des mineurs, famille ouïghoure chassée de l'ambassade de Belgique en Chine).

La Cour européenne des droits de l'Homme, basée à Strasbourg, est "un des instruments les plus importants du Conseil de l'Europe", selon Petra De Sutter. "Le Conseil de l'Europe est constitué de 47 Etats membres, dont une vingtaine ne font pas partie de l'Union européenne (UE). L'UE s'occupe surtout (et à mon avis beaucoup trop) de sujets économiques. C'est le Conseil de l'Europe qui a toujours protégé les droits de l'Homme". Alors qu'une nouvelle secrétaire générale va entrer en fonction, Petra De Sutter estime qu'il "faut plus de moyens pour le Conseil de l'Europe. Je pense que Madame Buric aura un grand travail à faire pour augmenter la crédibilité et la puissance que le Conseil de l'Europe doit avoir".

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