Conner Rousseau (sp.a) : "Nous avons reçu une mission du Roi pour trouver un formateur d'ici à vendredi"

Conner Rousseau a été nommé vendredi par le roi Philippe, au même titre qu’Egbert Lachaert, préformateurs. Leur mission : mettre sur pied une coalition Vivaldi comprenant le MR, l’Open vld, le PS, le sp.a, Ecolo-Groen et le CD&V. Après 15 mois de discussions, "il n’y a plus de retour en arrière possible", a affirmé ce dimanche Conner Rousseau, président du sp.a, dans l’émission "De Zevende Dag" (VRT). Celui-ci a exprimé son "enthousiasme après autant de mois d’attente" à l’idée de pouvoir avancer dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral, qui se fera sans la N-VA.

En tout cas, il reste cinq jours aux deux préformateurs. D’ici au vendredi 11 septembre, moment où un premier rapport sera fait au Roi, "nous pouvons y arriver". Autre échéance ensuite, celle du 17 septembre, moment où la Première ministre Sophie Wilmès doit redemander la confiance du Parlement. "Si l’horizon n’est pas dégagé d’ici au 17 septembre, j’ai bien peur que nous devrions passer par les élections. Mais on ne peut plus prendre les citoyens pour des idiots. Les citoyens en ont assez."

Soins de santé, économie, climat

"Les citoyens expriment leur honte par rapport au fait que les politiques ont traîné, ne comprennent pas que nous soyons dans une zone grise… Les citoyens savent bien ce sur quoi nous devons travailler : les soins de santé, aider la Belgique à sortir de la crise du coronavirus, le climat, la sécurité notamment à Anvers…", ajoute le socialiste flamand.

"Il faut un projet que les différents partis pourront transcender et qui indique ce que nous allons pouvoir faire : santé, sécurité, emploi… On peut toujours discuter des noms, des chiffres, de la composition" de la probable future majorité fédérale, minoritaire côté flamand. "Mais les discussions les plus importantes que nous aurons avec M. Lachaert les prochaines semaines porteront sur ce que nous voulons faire dans ce gouvernement, comment nous allons sauver les emplois, redresser l’économie…"

Conner Rousseau rappelle que s’il y a eu échec des discussions avec la N-VA, cela s’explique notamment par la recherche de "stabilité, de collaborations". "Pour ce projet (avec la N-VA), il n’y avait pas de majorité", a insisté Conner Rousseau sur le plateau de la télévision publique flamande.

Il faut un bon Premier ministre mais d’abord un bon projet

Qui sera Premier ministre de ce futur gouvernement Vivaldi, violette-verte, avanti ? "Appelons celui-ci comme on veut", tranche déjà Conner Rousseau. "Le plus important c’est le contenu. A un moment, va se poser la question de savoir qui va gérer cette équipe. Aujourd’hui, c’est M. Lachaert et moi-même, peut-être parce qu’il n’y a pas d’ambition à devenir Premier ministre chez nous. Mais d’abord, nous avons cinq jours pour nous mettre d’accord sur le contenu avant de dire qui sera Premier ministre. Evidemment, nous en parlerons la semaine qui vient. On a reçu une mission du Roi pour trouver un formateur d’ici à vendredi. Mais d’abord le projet."

Dans "Jeudi en prime", cette semaine, Paul Magnette s’est déclaré candidat Premier ministre. "Je suis disponible s’il le fallait", a-t-il dit. Mais faut-il nécessairement un chef d’équipe issu de la plus grande famille politique de la Vivaldi ou un Premier ministre flamand en guise de contrepartie, compte-tenu de la plus faible représentation des partis du Nord du pays dans cette coalition ? "Il faut un bon Premier ministre mais d’abord un bon projet", botte Conner Rousseau. "La situation normale veut que le Premier ministre soit issu de la plus grande famille politique. Au sp.a, nous n’avons ni veto, ni préférence. Et cela peut être une femme." Sophie Wilmès (MR), Première ministre sortante ? "Cela fera aussi partie de la discussion."

Le ministre wallon, Jean-Luc Crucke (MR), invité de Zevende Dag également, a fait part de sa préférence ce dimanche : "Madame Wilmès et une femme jeune avec du talent, populaire en Flandre, à Bruxelles, en Wallonie. Sophie Wilmès est aujourd’hui un symbole."

Le MR veut maintenir Wilmès 

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a indiqué lui aussi vouloir maintenir Sophie Wilmès au poste de Première ministre, au cours de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" sur RTL-TVi. Son maintien au 16 rue de la Loi se justifie, à ses yeux, aussi bien pour des raisons d'équilibre au sein du gouvernement que pour sa popularité au sud du pays.

L'actuelle Première ministre est la personne la plus indiquée pour remplir cette fonction, estime-t-il. "Dans l'importe quel autre pays du monde, le fait de reconduire Sophie Wilmès ne serait même pas une question. Quand on voit les sondages d'opinion, elle est largement en tête du côté francophone. Ce serait bien de temps en temps de suivre ce que veut la population", a souligné M. Bouchez, en rappelant que c'est la première femme cheffe d'un gouvernement fédéral en Belgique. "Elle n'a pas mal géré la crise quand on voit le soutien populaire dont elle jouit. Si on veut un gouvernement moderne, elle a aussi une légitimité pour cette fonction."

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