Conflit social dans les prisons: un protocole d'accord sur la table

Le ministre de la Justice Koen Geens
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Le ministre de la Justice Koen Geens - © DIRK WAEM - BELGA

Les négociations entre les syndicats de gardiens de prisons et le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) ont abouti à un protocole d'accord ce mercredi en fin de matinée.

Ce texte prévoit le recrutement de 480 agents statutaires afin d'aboutir au chiffre de 7075 équivalents temps plein pour la mi-2017. Ce chiffre est conforme aux normes de personnel en vigueur en 2014 (7192). Les agents en grève demandent que ce nombre soit pérennisé jusqu'à la fin de la législature.

Les représentants syndicaux ont négocié une clé de répartition dans laquelle le facteur vétusté des prisons est pris en compte, ce qui a pour conséquence de favoriser les francophones. En 2017, un état des lieux serait fait, institution par institution, pour coller à la réalité.

Ramener la surpopulation carcérale à 10 000 détenus

Le ministre Koen Geens, qui dit être au maximum de ses propositions, a déclaré: "Après de longues négociations, j'ai fait une proposition que les syndicats néerlandophones défendront et plus que vraisemblablement accepteront. Les syndicats francophones vont seulement la présenter à leur base", a-t-il dit.

Le ministre s'engage aussi à ramener la surpopulation carcérale à 10 000 détenus, grâce à de nouvelles mesures qui s'ajouteront à la politique existante, qui a déjà permis de faire baisser le nombre de détenus de 1000 unités en deux ans.

L'amélioration des infrastructures pénitentiaires, l'un des chevaux de bataille des syndicats francophones, sera accélérée. La Régie des bâtiments recevra 46 millions d'euros supplémentaires sur son programme annuel pour réaliser des investissements et travaux d'entretien. Le SPF Justice recevra également 10 millions d'euros supplémentaires pour améliorer la sécurisation des prisons.

Enfin, la mise en œuvre de la méthode "travailler autrement" se poursuivra sur une base volontaire. Le personnel qui appliquera cette nouvelle méthode se verra octroyer, pour certaines heures, une prime de flexibilité de 3 euros à indexer (4,8 euros bruts), "de manière à éviter toute perte de revenus". Contrairement à ce qui avait été proposé le 6 mai, cette prime sera également attribuée pour les heures prestées la nuit, même dans les lieux où la nouvelle méthode n'est pas appliquée.

Koen Geens s'est dit "confiant" dans la réaction des agents pénitentiaires et a qualifié sa proposition de constructive.

Assemblées dans toutes les prisons

"Ce sont les affiliés qui doivent se prononcer", ont insisté les permanents syndicaux à l'issue de leur rencontre avec le ministre. La grève se poursuivra d'ici là. Le protocole sera présenté jeudi et vendredi aux affiliés par les différents syndicats. Les affiliés devront ensuite se prononcer lundi à 13h lors d'assemblées générales dans toutes les prisons.

"Je ne suis ni optimiste, ni pessimiste. Je donne ma voix aux délégués pour décider", a affirmé Laurence Clamar, secrétaire permanente de la CSC Services publics, refusant de se prononcer sur le contenu du texte.

"Je suis prudent", a également souligné Michel Jacobs, secrétaire fédéral de la CGSP AMiO. "A-t-on trouvé l'équilibre? C'est aux affiliés de le dire."

"Nous ne voulons pas diffuser le protocole par peur d'incompréhensions. C'est un texte complexe. Nous voulons avant tout l'expliquer aux affiliés", a expliqué Pascal Verhelst, secrétaire permanent du SLFP.

Ces négociations font suite au mouvement entamé il y a maintenant un mois et qui touche les prisons wallonnes et bruxelloises.

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