Conflit à Gaza: les soutiens aux Palestiniens se rassemblent à Paris, Madrid, La Haye et Bruxelles

Les soutiens aux Palestiniens ont commencé à se rassembler à Paris, Madrid ou encore La Haye samedi en appui à la cause palestinienne, sur fond d'escalade militaire entre le Hamas et Israël.

"Parce que nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens, et que l'on ne nous empêchera pas de manifester, nous serons présents à 15h00" samedi, avait lancé l'Association des Palestiniens en Ile-de-France, ainsi qu'une petite trentaine d'autres organisations, malgré l'interdiction de manifester dans la capitale française prise jeudi soir à la demande du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin pour des "risques de troubles". Il a été mis en avant le précédent de 2014, lorsqu'une manifestation pro-palestinienne à Paris avait dégénéré en violences urbaines.

"Le seul pays démocratique à interdire ces manifestations"

Les organisateurs ont tenu une conférence de presse en tout début d'après-midi pour réaffirmer leur "solidarité" alors que, dans les territoires palestiniens, "le massacre continue".

L'un des organisateurs Walid Attalah a répété leur intention de manifester "pacifiquement", jusqu'à la place de la Bastille, et dénoncé l'attitude des autorités: "Ils veulent clairement laisser pourrir la situation et qu'il y ait des débordements", a-t-il affirmé.

Une autre association, qui avait aussi prévu une manifestation dans un autre quartier de Paris, dont l'interdiction a également été confirmée par le tribunal administratif, a déposé un recours devant le Conseil d'État, examiné à partir de 13h00.

Le tribunal administratif a justifié sa décision en avançant que le contexte "tant international qu'intérieur" ne permettait pas "d'estimer que les risques de troubles graves" ne "seraient pas aussi importants voire supérieurs à ceux avérés en 2014".

"La France est le seul pays démocratique à interdire ces manifestations", ont protesté Me Sefen Guez Guez, Me Dominique Cochain et Me Ouadie Elhamamouchi, avocats de l'Association des Palestiniens en Ile-de-France.

La manifestation était au départ prévue pour commémorer la Nakba, l'exode de centaines de milliers de Palestiniens à la création d'Israël en mai 1948.

Manifestations dans le calme

D'autres manifestations ont été interdites, comme à Nice, ou à Aubervilliers et Montreuil en Seine-Saint-Denis.

En revanche, des manifestations ou rassemblements ont été autorisés à Toulouse, Montpellier, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nantes, Rennes, Strasbourg, Lille, Metz ou encore Saint-Etienne.

En Espagne, environ 2500 personnes ont défilé samedi dans le calme dans le centre de Madrid. Les manifestants scandaient "Ce n'est pas une guerre, c'est un génocide!" et brandissaient des pancartes barrées de slogans tels que "Le silence des uns est la souffrance des autres" ou "Jérusalem capitale éternelle de Palestine".

"Nous demandons à l'Espagne et aux autorités européennes de ne pas collaborer avec Israël, car elles collaborent par leur silence" sur les violences en cours au Proche-Orient, a expliqué pour sa part Ikhlass Abousousiane, 25 ans, infirmière d'origine marocaine comme de nombreux participants à la manifestation.

À La Haye, aux Pays-Bas, 300 à 400 manifestants, certains enveloppés de drapeaux palestiniens, se sont rassemblés sur le Malieveld. D'autres se sont réunis sur la Hofplaats.

À Bruxelles aussi, quelque 3000 personnes manifestaient place de l'Albertine pour commémorer les 73 ans de la Nakba, la "catastrophe" en arabe, et dénoncer les exactions de l'armée israélienne.

Escalade

Ces manifestations interviennent sur fond d'une escalade militaire inédite ces derniers jours depuis 2014 entre Israël et le mouvement palestinien Hamas, dans et autour de la bande de Gaza, et de violences dans des villes israéliennes mixtes arabes et juives.

Ce conflit a fait depuis lundi plus de 130 morts palestiniens dont une quarantaine d'enfants, et des centaines de blessés dans la bande de Gaza, selon un dernier bilan palestinien. En Israël, neuf personnes ont été tuées dont un enfant et près de 600 blessées.

 

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